BlackBerry est au plus mal. Accusant une perte d'exploitation provisoire d'un milliard de dollars, le groupe va se séparer de 40 % de son effectif (4500 salariés). Le groupe va délaisser le marché grand public pour revenir à ses fondamentaux : les professionnels. Enfin, sa gamme de smartphones va être réduite.

Le rebond espéré ne se sera pas produit. Malgré la commercialisation en début de deux nouveaux smartphones (le Z10 et le Q10) et le déploiement du nouveau système d'exploitation mobile (BlackBerry 10), l'entreprise canadienne BlackBerry continue de sombrer. Le bilan financier du deuxième trimestre 2013 révèle des pertes massives, obligeant le groupe à prendre des décisions radicales.

Ainsi, BlackBerry a encaissé une perte d'exploitation d'environ un milliard de dollars. Cependant, la perte nette devrait être ramenée entre 250 et 265 millions de dollars. Signe de la crise que traverse le groupe nord-américain, l'annonce est survenue après la suspension de l'action sur les places de Toronto et de New York. Ce qui n'a pas empêché une lourde chute, de 17 %, à la reprise.

L'urgence commande désormais de prendre des décisions significatives. En tout cas, c'est dans cette direction que veut s'engager l'état-major du constructeur. La restructuration de l'entreprise va passer par une coupe sévère dans les effectifs : 4500 personnes vont être remerciées. Autrement dit, BlackBerry sabre dans ses effectifs (40 % concernés) pour ne garder que 7000 salariés.

La gamme des smartphones proposés par BlackBerry va être réduite de 6 à 4 : deux occuperont le segment haut de gamme, les deux autres se concentreront sur l'entrée de gamme. Le marché grand public va être délaissé, partiellement : BlackBerry veut recentrer ses activités sur un marché qu'il connait bien : celui des entreprises et des professionnels (incluant matériels, services, logiciels pour une offre complète).

Si la partie n'est pas encore totalement finie par l'entreprise canadienne, sa posture est plus périlleuse que jamais. Le groupe n'a pas réussi à contrer l'arrivée d'Apple sur le marché des smartphones ni l'entrée en lice de Google, avec son système d'exploitation Android. Le virage mal négocié de la transition vers des terminaux tactiles a aussi pesé dans la balance.

D'autres mesures seront prises afin de réduire les dépenses d'environ 50 % d'ici le premier trimestre 2015. Reste à voir quel sera le destin de BlackBerry d'ici là. Divers scénarios sont en effet envisagés, incluant une coentreprise, des alliances ou des partenariats stratégiques, la vente à un tiers ou d'autres types de transaction.

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