Trois élèves scolarisées en classe de terminale ont été exclues définitivement pour avoir injurié un professeur sur Twitter, qui était suspecté de préparer un contrôle. Une sanction lourde, qui révèle une fois de plus l'imprudence de certains jeunes sur les réseaux sociaux.

La sanction est très sévère. Trois lycéennes ont été définitivement renvoyées de leur établissement. Les jeunes filles, scolarisées en classe de terminale littéraire dans un lycée des Yvelines, avaient insulté leur enseignante d'histoire-géographie après avoir appris la veille qu'un "gros contrôle" était prévu le lendemain. Sauf qu'en réalité, il ne s'agissait que d'une blague maladroite faite par une camarade.

Agacées de ne pas avoir été prévenues, elles n'ont effectivement pas mâché leurs mots sur Twitter : "cette prof, elle peut aller se faire m… cordialement", "je ne réviserai pas pour sa vieille gueule, elle peut crever", "Ma prof d’histoire est une s…". Un langage décidément peu soutenu pour pour des élèves en littérature. Mais, note Le Parisien, à aucun moment la prof d'histoire-géo n'est désignée nommément.

L'affaire aurait pu rester circonscrite à Twitter. Manque de chance, les enseignants ont fini par avoir vent du comportement de leurs élèves, pourtant considérées par leurs camarades comme "sérieuses" et ayant de "bonnes notes". Sentant peut-être la situation leur échapper et sans doute mal à l'aise après-coup, les trois lycéennes ont présenté finalement leurs excuses et exprimé des regrets.

La prof aurait en outre passé l'éponge, indique le journal. La directrice de l'établissement, en revanche, n'a pas été aussi magnanime. Bien décidée à ne pas laisser ce dérapage impuni, elle a convoqué un conseil de discipline qui a prononcé à l'unanimité la sanction que l'on sait. "Twitter n’est pas un espace privé et ne peut alors échapper à des mesures disciplinaires", a justifié un représentant du ministère de l'éducation.

Résultat, les trois élèves sont désormais chacune scolarisées dans un nouveau lycée. D'aucuns diront qu'elles s'en sortent bien : elles ont retrouvé le chemin des cours et évité toute répercussion judiciaire. Mais elles se retrouvent face à de nouveaux élèves et de nouveaux profs. À trois mois du bac, donc dans un contexte de forte pression, ce changement de cadre pourrait s'avérer déstabilisant.

Des jeunes pas toujours très prudents

Le fait divers rapporté par Le Parisien fait suite à une autre affaire, survenue le mois dernier et assez similaire. Cette fois, il s'agissait de cinq lycéens qui avaient alimenté deux faux profils Facebook pour injurier quatre professeurs. Tous ont été renvoyés. Un sixième élève, également impliqué, a eu plus de chance : il n'a pas été exclu, même à titre provisoire.

Les adolescents n'ont manifestement pas bien intégré le fait qu'ils sont responsables de ce qu'ils disent sur la toile. Ni Facebook, ni Twitter ne sont des espaces privés. En tout cas, certainement pas avec les paramètres de confidentialité par défaut. Or, leur attitude envers des personnes chargées d'une mission de service public ou de personnes dépositaires de l'autorité publique peut leur causer des ennuis.

On se souvient par exemple des messages, parfois très agressifs, adressés par des adolescents au préfet de la Moselle. Via Twitter, plusieurs jeunes réclamaient arrêté préfectoral pour suspendre les transports scolaires à cause des fortes chutes de neige enregistrées en janvier. Les adolescents n'hésitaient pas à affirmer craindre pour leur vie, alors que beaucoup souhaitaient surtout sécher les cours légalement.

Une sélection des messages les plus étonnants a été effectuée sur le Tumblr "Vas-y le préfé !" et certaines réactions peuvent être lues directement depuis le fil Twitter de la préfecture de la Moselle.

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