Une internaute de Brest a reçu la visite de la police, après avoir servi d'intermédiaire entre des vendeurs sur Le Bon Coin et une société prétendument établie en Grande-Bretagne, qui lui demandait de ré-expédier les colis reçus vers le Ghana.

Avez-vous déjà vu ces publicités suspectes, où l'on vous propose de gagner de l'argent en travaillant de chez vous, presque sans rien faire, sans même avoir à subir un entretien d'embauche ? L'affaire rapportée par Le Télégramme de Brest montre à quel point il faut se méfier de ce type de propositions beaucoup trop séduisantes pour être honnêtes.

Le journal rapporte que la police est intervenue pour opérer une perquisition chez une Brestoise, qui avait été recrutée malgré elle pour servir d'écran de fumée entre arnaqueurs et arnaqués. Suite à la plainte d'une vendeuse qui s'était vue délivrer un faux reçu PayPal en garantie de paiement, les enquêteurs ont mis au jour un réseau d'escroquerie mis en oeuvre sur Le Bon Coin, avec la complicité de la très naïve ou imprudente internaute bretonne.

Le mécanisme est simple. Les escrocs, basés au Ghana, se font passer pour des acheteurs sur le site de petites annonces. Pour se faire expédier les biens de valeur (matériel informatique, photo, tablettes tactiles, baladeurs MP3…), ils fournissent à leurs victimes des reçus PayPal contrefaits. Mais pas question de se faire livrer directement au Ghana, ce qui soulèverait la suspicion des vendeurs ; il leur faut une adresse en France, et du personnel pour renvoyer les colis vers l'Afrique, où le matériel ainsi volé sera revendu sur le marché noir.

Des colis interceptés avant livraison

Pour obtenir ces adresses et personnels, les escrocs se font passer pour une entreprise britannique, et recrutent des internautes dont le travail consiste à recueillir les colis et à les ré-expédier au Ghana. L'internaute brestoise arrêtée était ainsi payée 1400 euros bruts mensuels, et croyait faire un travail déclaré en bonne et due forme.

Les policiers "se sont vite aperçus qu'une trentaine de colis, arrivant de toute la France, devaient être réceptionnés", raconte le journal, qui précise que la plupart des colis ont pu être bloqués à temps, et renvoyés à leurs vendeurs. Il semble donc que les policiers ont pu mener l'enquête directement avec les services de la poste.

On sait qu'en matière de contrefaçon, plusieurs chartes existent qui prévoient une collaboration entre les sites de petites annonces, la Douane et les transporteurs. Par ailleurs, la loi autorise les douanes à se faire passer pour des clients pour piéger des contrefacteurs. Mais en matière d'escroquerie, ce sont les moyens de l'enquête pénale classique qui sont mis en oeuvre. 

Rappelons aussi que le fisc dispose de pouvoirs qui lui permettent d'identifier les gros vendeurs sur les sites de petites annonces ou d'enchères, pour appliquer un redressement fiscal aux commerçants non déclarés. Mais le gouvernement a toujours été très flou sur les moyens mis en oeuvre pour détecter ces commerçants.

 

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