Nouvelle président du Groupement des éditeurs de services en ligne, Corinne Denis suit de près les derniers débats sur le partage de la valeur générée par Google Actualités. Rappelant que le service s'est construit sur les contenus de la presse française, elle plaide pour une meilleure répartition des revenus dégagés par le géant américain.

Depuis trois ans, le Groupement des éditeurs de services en ligne (GESTE) se mobilise pour obtenir de Google un partage des revenus publicitaires générés par son service d'actualités avec les titres de presse indexés. L'ancien président du GESTE expliquait alors ne pas être opposé à l'intégration de la publicité sur Google Actualités, "mais à condition qu'il y ait une répartition du chiffre d'affaires généré avec les journaux".

Philippe Jannet estimait en effet que Google devait bien ça à la presse française, car le service "n'existerait pas si nos articles n'y étaient pas présents". Trois ans plus tard, le sujet est de nouveau sur la table et le GESTE juge "intéressante" la piste de réflexion visant à créer une forme de taxe sur le référencement, afin de mieux partager la valeur dégagée par Google lorsqu'il référence et exploite les contenus de tiers.

La nouvelle présidente du GESTE, Corinne Denis, est en tout cas sensible à cette proposition. "Google s'est construit avec nos contenus. […] Depuis des années, nous échangeons avec eux sur ce sujet. Et s'ils ont tenu leur promesse de ne jamais vendre de publicité sur Google Actualités, en incluant les news dans le moteur, ils ont habilement contourné l'obstacle", a-t-elle expliqué à Édition Multimédi@.

Le temps est néanmoins venu de passer à la caisse. "On estime qu'aujourd'hui en France, le chiffre d'affaires de la presse en ligne serait de l'ordre de 300 millions d'euros pour 1,3 à 1,5 milliard de dollars pour les moteurs de recherche. Or Google ne déclare que 40 millions d'euros de recettes sur notre territoire", a poursuivi Corinne Denis, soulignant au passage que Google "participe peu à la création d'emplois".

"Franchement, avant que Google ne devienne une vache à lait pour les éditeurs français il y a de la marge !", s'est-elle exclamé. Mais c'est oublier que la proposition soutenue par le GESTE n'est pas la seule mesure sur les rails. Il y a également un projet visant à créer une taxe sur les liens hypertextes et un nouveau droit voisin du droit d'auteur.

Cette proposition confie aux éditeurs de presse un droit exclusif de mise à disposition de "tout ou partie" de leurs contenus pendant 5 ans, sous condition de ne pas entamer la neutralité du net. Entre la taxe Google 2.0 et la Lex Google, au moment où des réflexions sur la fiscalité du numérique sont menées, la vache à lait Google pourrait bien se faire fortement traire dans les prochaines années.

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