Rendons hommage à nos confrères. Chez Numerama, nous avons un énorme défaut : nous sommes vaniteux. Nous avons l’audace et l’indécence de croire que vous, nos très chers lecteurs, venez sur Numerama pour lire ce que nous écrivons et pour la manière dont nous tentons de décrypter l’actualité des loisirs numériques. Nous estimons que notre métier n’est pas de fournir l’information, mais d’y porter un éclairage unique. C’est notre truc. Mais nos confrères – certains d’entre eux, sont beaucoup moins prétentieux que nous. Ils pensent que leurs lecteurs viennent sur leur site uniquement pour y lire les titres et un bout de phrase. Ils pensent que tout le reste, le travail du journaliste ou de l’éditorialiste, n’a aucune valeur. C’est très noble.

Et c’est l’étrange message qu’ils envoient implicitement lorsque le Groupement des éditeurs en ligne (GESTE) explique dans Les Echos que Google devra reverser à la presse une part des revenus publicitaires générés sur le portail Google News, le jour où la firme de Mountain View décidera, comme sur la version américaine, d’y mettre ses publicités Google Adsense. Le service, pourtant, se contente de regrouper les articles par thématiques et d’afficher des liens vers les articles des différents sites sources. L’utilisateur, pour qui Google News est un moyen d’accéder facilement à l’essentiel de l’actualité, ne se contente pas a priori de rester sur le portail, où aucun article n’est affiché en intégralité.

Mais il faut « une répartition du chiffre d’affaires généré avec les journaux car ce service n’existerait pas si nos articles n’y étaient pas présents« , explique très sérieusement Philippe Jannet, le président du Geste.

Nous, à Numerama, sommes au contraire très heureux que Google gagne de l’argent en affichant nos titres sur son service Google News. Ca veut dire que des utilisateurs cliquent dessus et lisent ce que nous écrivons. Nous pestons même, parfois, de voir que les articles de certains adhérents du GESTE y sont beaucoup plus souvent exposés que les nôtres et gagnent donc davantage de visibilité que nous. C’est pourtant le jeu.

Mais si les éditeurs du GESTE ont l’impression d’être exploités par Google, nous suggérons à Google de supprimer toutes les sources du GESTE et de laisser Numerama sur son service.

Gratuitement.

Notre petit doigt nous dit toutefois que le GESTE ne serait pas très content si Google nous prenait au mot. Mais peut-être devraient-ils y réfléchir avant de penser systématiquement que toute exploitation de leur contenu mérite rétribution. Ca n’est pas le cas.

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