Lors d'un récent entretien, Eric Schmidt a déploré le laxisme du système actuel des brevets qui permet à n'importe qui de breveter n'importe quoi. Et si les grosses entreprises sont contrariées par cette situation, l'ancien PDG de Google estime que ceux qui en souffrent le plus sont les petites sociétés et les consommateurs.

Rarement Google se sera montré aussi critique, aussi impliqué sur la guerre des brevets. Encore récemment, lors d'une interview avec le site AllThingsD, Eric Schmidt a décoché de nouvelles flèches contre les entreprises qui participent à cette course aux armements et contre le système actuel, bien trop laxiste.

"La guerre des brevets est un désastre pour nous tous. N'importe qui peut atteindre l'état de l'art pour n'importe quoi. Donc la nouvelle astuce est d'amener les juges à bloquer des appareils pays par pays. C'est mauvais pour l'innovation, c'est mauvais pour le choix [du consommateur, ndlr]", a commenté Eric Schmidt, autrefois PDG de Google.

Mais au lieu de mobiliser ses ressources pour la recherche et le développement, Google doit aussi acheter des brevets pour se défendre et contre-attaquer lorsque cela est nécessaire. "Nous dépensons désormais des centaines de millions de dollars pour contrer les assauts lancés par les trolls des brevets, et nous sommes en train de prendre le dessus", a-t-il continué.

Interrogé sur la politique de Motorola en matière de brevets, Eric Schmidt s'est en revanche montré moins prolixe. Walt Mossberg voulait savoir si Motorola Mobility, né de la scission de Motorola et acheté en août 2011 par Google, jouait bien le jeu au niveau des brevets essentiels. Motorola en possède un certain nombre et est accusé de ne les proposer sous licence FRAND.

En Europe, la Commission européenne s'intéresse à ce sujet et compte déterminer si Motorola propose bien ces brevets particuliers à des conditions justes, raisonnables et non-discriminantes. De l'autre côté de l'Atlantique, la FTC est également engagé sur ce dossier pour savoir si Motorola Mobility, qui appartient désormais à Google, a une politique acceptable sur les brevets essentiels.

Sur ce terrain, Eric Schmidt ne s'est pas montré particulièrement bavard. "Je ne peux pas en parler car je ne connais pas les détails [de l'affaire] et parce que cela me met tout simplement hors de moi", a-t-il expliqué, en référence à la guerre des brevets qui fait rage dans le secteur des nouvelles technologies en général, et dans les télécommunications en particulier.

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