Fin de l'aventure pour Boxopus ? Dropbox a décidé de révoquer les accès accordés auparavant à l'utilitaire de téléchargement, au motif que celui-ci peut être utilisé pour enfreindre la propriété intellectuelle. Une justification spécieuse, car si Boxopus peut servir à pirater, il peut également faciliter le transfert de contenus légaux. Ce n'est finalement qu'une technologie.

Mauvaise nouvelle pour tous ceux qui avaient l’intention de se servir de Boxopus pour rapatrier des fichiers échangés sur BitTorrent directement vers leur compte Dropbox. L’utilitaire de téléchargement s’est vu interdire l’accès à l’API du service de stockage en ligne. La raison ? Ce dernier considère que Boxopus et certaines de ses fonctionnalités peuvent encourager les internautes à violer la propriété intellectuelle.

Torrentfreak reproduit un mail qu’a reçu l’équipe derrière le service. « Nous avons été informés que les derniers ajouts de Boxopus pourraient être perçus comme un encouragement adressé aux utilisateurs pour enfreindre la propriété intellectuelle en utilisant Dropbox« , écrivent les responsables de la plate-forme de stockage, qui ajoutent qu’une telle infraction est contraire à leurs conditions d’utilisation.

« En conséquence, nous avons mis un terme à l’accès de votre application à l’API (interface de programmation applicative). Maintenant que votre accès est révoqué, n’importe quel appel que votre application fera échouera« , poursuit la missive. Résultat, tout l’intérêt de Boxopus s’effondre puisqu’il ne peut plus s’appuyer sur Dropbox. Mais surtout, c’est la justification de l’hébergeur spécialisé qui interloque Boxopus.

C’est en effet au nom d’éventuelles infractions au droit d’auteur que Dropbox a décidé unilatéralement d’empêcher Boxopus de fonctionner. Or, s’il y a effectivement des fichiers protégés par le droit d’auteur qui sont effectivement échangés illégalement sur BitTorrent, ce ne sont pas les seuls. Des fichiers partagés licitement circulent aussi sur le réseau P2P, sans causer le moindre tort aux ayants droit.

« De nombreuses personnes voient BitTorrent comme un synonyme de piratage, cependant, une pléthore de contenus légaux et intéressants peut être déniché sur le réseau BitTorrent et c’est pour cette raison que Boxopus existe« , a commenté l’équipe qui va très certainement devoir se tourner vers d’autres services pour faire en sorte que Boxopus ait un avenir.

Avec le rejet de Boxopus, la question de l’image du P2P est de nouveau posée. Tout comme il existe des biens et technologies à double usage, à l’image du nucléaire qui peut répondre à la fois à des besoins civils et militaires, il existe aussi des logiciels et des services dans ce cas de figure, à commencer par le P2P. C’est inévitable. Mais est-ce parce qu’un comportement illicite qu’il faut empêcher l’usage licite d’exister ?

D’autant qu’à première vue, Boxopus n’avait pas l’intention d’autoriser le partage sur BitTorrent des fichiers téléchargés. Si la start-up n’a pas caché ses réflexions sur le sujet, évoquant par exemple une fonctionnalité disponible via une version payante de service, elle a aussi indiqué que cela ne faisait pas partie de ses priorités.

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