Le fondateur de Wikipedia demande au gouvernement britannique de renoncer à extrader son ressortissant Richard O'Dwyer vers les Etats-Unis. L'homme est simplement accusé d'avoir créé un site référençant des contenus TV disponibles sur différentes plateformes d'hébergement de fichiers, mais risque d'être envoyé aux Etats-Unis pour y être jugé.

Mise à jour : La ministre de l’intérieur britannique Theresa May a fait savoir mardi qu’en dépit de ses pouvoirs de véto, elle a décidé de ne pas s’opposer à l’ordre d’extradition de Richard O’Dwyer vers les Etats-Unis. Elle a confirmé avoir signé l’ordre le 9 mars. Le Britannique ne peut désormais que compter sur le recours judiciaire qu’il a déposé.

Article du 25 juin 2012 –

Au mois de mars dernier, le ministère de l’intérieur britannique a approuvé l’extradition de Richard O’Dwyer vers les Etats-Unis. L’homme âgé de 24 ans est né en Grande-Bretagne, habite toujours en Grande-Bretagne, mais il pourrait être expédié de l’autre côté de l’Atlantique pour y être jugé et emprisonné, pour avoir créé le site internet TVShack.net qui référençait des liens permettant de télécharger des séries TV sur différentes plateformes. TVShack lui-même n’hébergeait aucun fichier.

La demande d’extradition paraît totalement disproportionnée, mais elle suit son cours. Au point que Jimmy Wales, le fondateur de Wikipedia, a ouvert une pétition pour demander au premier ministre britannique de s’opposer à l’extradition de Richard O’Dwyer.

« O’Dwyer n’est pas américain, il a vécu toute sa vie en Grande-Bretagne, son site n’était pas hébergé (aux Etats-Unis), et la plupart de ses utilisateurs n’étaient pas des Etats-Unis. L’Amérique essaye de poursuivre un citoyen britannique pour un prétendu délit qui a eu lieu sur le sol britannique« , s’indigne Jimmy Wales, lui-même américain.

Mais le créateur de Wikipedia – qui a récemment prédit la mort d’Hollywood – va plus loin que s’opposer à l’extradition. Il défend le jeune homme sur le fond.

« L’internet dans son ensemble ne doit pas tolérer la censure en réponse à de simples allégations de violation de droits d’auteur. En tant que citoyens, nous devons nous dresser pour défendre nos droits en ligne« .

« En opérant son site, Richard O’Dwyer a toujours fait de son mieux pour respecter les règles : les quelques fois où il a reçu des demandes de supprimer des contenus de titulaires de droits, il a accepté. Son site hébergeait des liens, pas du contenu protégé par les droits d’auteur, et ceux-là étaient soumis par les utilisateurs.« 

« Le droit d’auteur est une institution importante, qui sert un objectif moral et économique bénéfique. Mais ça ne veut pas dire que le droit d’auteur peut être ou devrait être illimité. Ca ne veut pas dire que nous devrions abandonner des principes moraux et juridiques séculaires pour permettre un empiétement sans fin de nos libertés civiles dans l’intérêt des magnats d’Hollywood« .

« Richard O’Dwyer est le visage humain de la bataille entre l’industrie du droit d’auteur et les intérêts du grand public. Plus tôt cette année, dans la bataille contre les projets de loi anti-copyright (sic) SOPA et PIPA, le public a gagné sa première grande victoire. Ce pourrait être notre deuxième« .

A l’heure où nous publions ces lignes, la pétition a reçu 11 500 signatures sur l’objectif de 15 000.

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