Selon Google, qui revendique 70 milliards de requêtes par jour, les serveurs de son service Google Public DNS seraient désormais les serveurs DNS publics les plus sollicités au monde.

Un peu plus de deux ans après son ouverture, le service Google Public DNS de la firme de Moutain View est désormais le premier fournisseur au monde de résolutions de noms de domaine. Selon un communiqué publié sur son blog, Google reçoit sur ses serveurs DNS publics plus de 70 milliards de requêtes chaque jour, qui renvoient au navigateur l’adresse IP de l’URL demandée par l’internaute.

Traditionnellement offerts par les opérateurs à leurs abonnés, qui n’ont le plus souvent pas conscience de les utiliser, les serveurs DNS sont de plus en plus placés au centre des tentatives de censure du web. Il suffit en effet de renvoyer une fausse adresse IP ou de refuser de répondre à une requête pour qu’un site web devienne inaccessible pour la plupart des utilisateurs. C’est le cas y compris en France, où le gouvernement a publié cet hiver un décret qui oblige les FAI à faire mentir leurs DNS lorsqu’ils reçoivent l’ordre de bloquer un site jugé illégal.

La solution pour les internautes victimes de la censure est alors de recourir à des serveurs DNS tiers, comme ceux offerts par Google (8.8.8.8 et 8.8.4.4, ou 2001:4860:4860 ::8888 et 2001:4860:4860 ::8844 en IPv6).

Mais Google y voit d’autres intérêts que la lutte contre la censure. Pour lui, ses serveurs DNS permettent surtout de « rendre le web plus rapide pour nos utilisateurs« , grâce à un temps de réponse plus court que la moyenne, obtenu grâce aux infrastructures décentralisées de Google. Il y a également des avantages moins avouables, comme la possibilité pour Google d’avoir une idée précise des sites les plus populaires, en observant les requêtes les plus fréquentes. En revanche, la firme affirme qu’elle ne stocke pas l’adresse IP des utilisateurs ni aucune information personnelle qui lui permettrait de connaître les sites visités par un utilisateur de Google Public DNS, et indique qu’elle ne croise pas les informations avec ses bases de données d’autres services.

Par ailleurs, les serveurs DNS de Google permettent de lutter contre le déploiement de DNS menteurs mis en place à des fins commerciale, comme l’avait fait SFR avec son DNS menteur à l’été 2009. Lorsque l’abonné tentait d’accéder à un site qui n’existait pas, les serveurs du FAI le renvoyaient vers un moteur de recherche AOL avec des liens sponsorisés. « Google Public DNS ne bloque, filtre ou ne redirige jamais les utilisateurs« , indique la firme, qui dit respecter les standars rappelés par l’ICANN, « contrairement à d’autres résolveurs publics ou FAIs« . Une pierre dans le jardin d’OpenDNS, qui est lui-même un DNS menteur.

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