La loi copie privée pourrait changer la définition de la copie privée
Guillaume Champeau -
publié le Mercredi 23 Novembre 2011 à 16h06 -
posté dans Société 2.0
![]() Le projet de loi copie privée, dont l'examen parlementaire commence ce mercredi en séance plénière, prévoit de modifier la définition juridique de la copie privée, pour en limiter le bénéfice aux seules copies réalisées à partir d'une "source licite". Ce qui est beaucoup moins évident qu'il n'y paraît...
Si le projet de loi est adopté en l'état, l'article L122-5 2° du code de la propriété intellectuelle disposera désormais que "l'auteur ne peut interdire (...) les copies ou reproduction réalisées à partir d'une source licite et strictement réservées à l'usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective". La copie pour usage privé ne serait donc légale que si l'oeuvre copiée avait elle-même été diffusée ou reproduite avec l'autorisation des ayants droit. Or cette question fait l'objet depuis de nombreuses années d'un débat acharné dans la glose des juristes, sans qu'elle n'ait jamais été tranchée par la jurisprudence. Le projet de loi pourrait donc profiter d'une mise à jour essentiellement technique sur la "taxe copie privée" pour trancher dans un sens qui oblige le consommateur à faire une analyse juridique de sa copie pour savoir si elle risque d'être qualifiée de contrefaçon. Peut-on être sûr que la source de la copie est légale ? "En introduisant la notion de « licéité de la source », les députés imposent que chacun, pour faire une copie en vue d'un usage privé, se livre à une analyse juridique basée sur des éléments la plupart du temps impossibles à déterminer. La source utilisée pour réaliser l'acte de copie privée était-elle licite ? S'il s'agit d'une diffusion sur Internet, qui l'a mise en ligne ? Cette personne avait-elle une autorisation de l'auteur ? etc. Autant de questions qui n'auront jamais de réponse en pratique, et qui rendront par défaut la copie illicite", critique à juste titre la Quadrature du Net. Jusqu'à présent, seul le propre comportement du copiste était pris en compte, il pouvait donc lui-même le déterminer. Désormais, il devra connaître le comportement de ceux qui l'ont précédé dans la chaîne de reproduction de l'oeuvre, ce qui se relève impossible. Même le label PUR de l'Hadopi ne tranche pas la question, puisqu'il se contente de dire si personne n'a contesté la légalité de l'offre, sans affirmer que celles qui sont labellisées sont bien légales. Or même les offres qui paraissent parfaitement légales ne le sont pas toujours, comme l'a montré la procédure engagée par la Sacem contre des labels PUR demandés par des plateformes de VOD. Inscrire dans la loi ce que la jurisprudence n'a pas voulu trancher Officiellement, l'amendement voté vise à prendre en compte la jurisprudence du Conseil d'Etat, qui a établi depuis 2008 que la rémunération pour copie privée ne devait prendre en compte que "la perte de revenus engendrée par l'usage qui est fait licitement et sans leur autorisation de copies d'oeuvres". Mais jamais le Conseil d'Etat n'a dit que la "source illicite" était elle-même génératrice d'une copie illicite. Il avait voulu viser ici l'utilisation illicite des copies, constituée par leur mise à disposition sur les réseaux P2P. Véritable patate chaude, la question de la source licite ou illicite de la copie privée aurait pu être tranchée dans l'affaire de Rodez. Un homme avait été poursuivi pour avoir copié 488 films sur CD-Rom. Dans son arrêt du 30 mai 2006, la Cour de cassation avait reproché à la première cour d'appel d'avoir ignoré les arguments des parties civiles, qui demandaient que la licéité de la source soit examinée avant de dire s'il s'agissait de copies privées. Mais en renvoi, la cour d'appel d'Aix-en-Provence avait botté en touche dans un arrêt du 5 setptembre 2007, condamnant le prévenu sur la base de la mise à disposition des copies à ses amis, sans s'intéresser non plus à la source. Une jurisprudence "en queue de poisson", comme l'avait écrit le juriste Lionel Thoumyre, et qui finit par une queue de poisson législative. à lire aussi
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Commentaires à propos de «La loi copie privée pourrait changer la définition de la copie privée»
Meme si c'était le cas, ca ne ferait pas pour autant baisser la taxe sur la copie privée, le mécanisme permettant de fixer son montant étant ce qu'il est ...
Tout cela ne répond de toute façon pas à LA question: peut-on taxer des supports pour des copies NON licites?
Légalement, il est évident que non, car on tomberait dans le recel. Or, à vouloir instaurer une légalité de la source, ils veulent que la taxe sur la copie privée devienne de facto une taxe sur un acte illégal. Puisque la majorité des copies seront déclarées ilicites selon leurs nouveaux critères. Et ça, un petit malin hargneux pourrait un jour le contester devant le conseil constitutionnel. Bref, un beau casse-tête juridique en perspective... Hogx, le 23/11/2011 - 16:21
Je ne vois pas ce qui gène... Si on ne peut pas déterminer la "licéité de la source", cela signifie qu'il n'est plus possible de faire des copies privées licites. Auquel cas toutes les copies sont illicites. La taxe de compensation d'après le conseil d'état ne reposant que sur les copies licites et non sur les illicites, est donc nulle puisqu'elle ne compense aucune copie licite. Les copies privées de DVD ou autres BR, sont toutes déjà illicites compte tenu des DRM qui protègent l'original que tu achètes... Vivent la DADVSI et le jugement de la Cour d’appel de Paris 4ème chambre, section A Arrêt du 4 avril 2007 , qui fait jurisprudence aujourd'hui. Les ayant droits se rendent donc coupables du délit de recel de contrefaçon depuis ce jugement. Ce qui à priori ne semble pas trop les déranger.... Supprimer le droit à la copie privée, équivaut à supprimer la taxe autorisant cette copie privée, qui rapporte beaucoup à ceux que l'on appelle les ayants-droit !. Même dans les pays de droit Anglo-Saxon, ou c'est le copyright qui s'applique, le "fair use" est légalement autorisé, sans que cette taxe ne soit appliquée sur les supports vierges enregistrables... Où est l'erreur ? J'ai le droit de demander le remboursement de la taxe copie privée si je prouve que je stocke uniquement des copies illicites ?
Hogx, le 23/11/2011 - 16:21 Je ne vois pas ce qui gène... Si on ne peut pas déterminer la "licéité de la source", cela signifie qu'il n'est plus possible de faire des copies privées licites. Auquel cas toutes les copies sont illicites. La taxe de compensation d'après le conseil d'état ne reposant que sur les copies licites et non sur les illicites, est donc nulle puisqu'elle ne compense aucune copie licite. A mon avis, ça rendra surtout toutes les copies illicites, mais tout de même taxées Elisheva, le 23/11/2011 - 16:32 Et ça, un petit malin hargneux pourrait un jour le contester devant le conseil constitutionnel.C'est ce qu'on a dit d'Hadopi : un petit malin hargneux ira devant le tribunal et fera s'écrouler le fragile édifice qui ne tient pas de toute façon. Bon, on l'attend toujours, le héro qui fera s'écrouler Hadopi, mais bon à part ça... softangel, le 23/11/2011 - 16:55 Elisheva, le 23/11/2011 - 16:32 Et ça, un petit malin hargneux pourrait un jour le contester devant le conseil constitutionnel.C'est ce qu'on a dit d'Hadopi : un petit malin hargneux ira devant le tribunal et fera s'écrouler le fragile édifice qui ne tient pas de toute façon. Bon, on l'attend toujours, le héro qui fera s'écrouler Hadopi, mais bon à part ça... Concernant l'HADOPI, je crois pas que quelqu'un soit encore passé en étape 3 (suspension de ligne...) ou devant le juge Nycom, le 23/11/2011 - 16:59
Concernant l'HADOPI, je crois pas que quelqu'un soit encore passé en étape 3 (suspension de ligne...) ou devant le juge Et pourtant, soutenus par notre cher Président, les industriels de la culture en rêvent nuit et jour ... Il faudra bien expliquer ce texte au français, car même en achetant très cher un contenu audio à la FNAC, rien ne permet de savoir si la source est licite: http://www.numerama....e-piratage.html softangel, le 23/11/2011 - 16:55 Elisheva, le 23/11/2011 - 16:32 Et ça, un petit malin hargneux pourrait un jour le contester devant le conseil constitutionnel.C'est ce qu'on a dit d'Hadopi : un petit malin hargneux ira devant le tribunal et fera s'écrouler le fragile édifice qui ne tient pas de toute façon. Bon, on l'attend toujours, le héro qui fera s'écrouler Hadopi, mais bon à part ça... Hum... parce que la Hadopi n'a encore jamais coupé l'accès de qui que ce soit peut être ? Bof... La copie privée était déjà un droit que pouvait limiter les industriels (autoriser un nombre de copies privées égal à 0, ce n'était pas l'interdire, hypocrisie de la DADVSI), donc là ils vont la supprimer définitivement tout en continuant à nous faire payer pour, c'est gros comme une maison.
Je suis curieux de voir la diarrhée qu'ils vont nous chier pour justifier une telle hypocrisie... Ah, pourriture et corruption française, quand tu te mets en branle, la démocratie s'enfuie... En effet, la HADOPI n'a pas encore commencé son travail...
nombre d'enquêtes: 0 nombre de perquisitions: 0 nombre de preuves: 0 dossiers envoyés au parquet: 0 nombre de spécifications fonctionnelles pertinentes publiées: 0 etc... On voit bien que la HADOPI n'est pas appliquée. Et se focaliser sur le nombre de spams envoyés ne permet pas de la voir de manière réaliste. Je crois que ce sera pareil avec cette loi copie privée. Ils modifient quelques mots dans un texte, mais en pratique pour le citoyen français, ça ne changera strictement rien. Il va continuer de télécharger tout ce qu'il veut, et il continuera d'acheter ses supports à l'étranger, sans taxe copie privée. http://www.mmd.lu/ Mais bon, toutes ces stupidités législatives n'ont aucune importance.
Ce qui est important, c'est qu'entre les accords de Shengen et le piratage, ON L'ENCULE, la taxe copie privée. La copie privée n'est plus qu'une vieille flaque de semence législative stérile, toute droit issue du cloaque de la France, qui discrédite nos politiciens, tout comme les débats de ces dernières années sur le numérique, et qui les montre sous leur vrai jour : une sinistre bande de vieux cons largués, à la botte de leur hiérarchie, elle même à la botte de majors tout aussi vieux cons largués. Qui gardent ses factures de CD pour apporter la preuve de ce qu 'il détient ?
Aux anniversaires ou autres , on ne te donnes pas la facture en plus du cadeau LOL Pour les originaux ça serais coton d'apporter les preuves d ' achat ,alors les copies je vous dis pas . Et puis les films sur DVD que tu enregistres à la TV , tu n'as pas de preuves d'achat de quoi que soit Tous les jeunes avec leur MP3 plein jusqu'à la gueule , ils vont avoir du mal à présenter les originaux ou les factures On est tous bon pour la taule je vous dis si les gens arrêtent de copier de peur de se prendre une amende ou la taule car la preuve sera difficile à apporter;
le marché des supports de stockage risque de dégringoler et si il y a moins de copies , il y aura moins de taxes bref , une balle dans le pied des dingues , je vous dis A lire en ligne :
Une nouvelle erreur dans les calculs de la copie privée La rémunération pour copie-privée, présente dans un nombre croissant de produit, peut être calculée appareil par appareil grâce au site Chere-copie-privee.org (voir notre actualité). Ce dernier, créé par l’UFC-Que Choisir et des représentants d’industriels, se voit cependant critiqué par Copie France, l’organisme de collecte de la rémunération pour copie privée. Selon eux, la calculette est tout sauf fiable. .../... D'autres erreurs dans le passé, au bonus des ayants droit Il reste un détail piquant dans ces histoires d'erreur et d'indignation très sélective. Ces mêmes ayants droit ont dû attendre deux arrêts du Conseil d’Etat en 2008 et 2011 pour s’aperçevoir que mélanger copie privée et copie illicite était une erreur juridique. Tout comme l'est le fait de faire peser ces prélèvements sur le dos des industriels. Dans un cas comme dans l’autre, la calculatrice s'est emballée en leur faveur. Et pas qu’un peu. Pour les seuls supports pro, selon des estimations effectuées à l’aide des chiffres de Sorecop/Copie France et du ministère de la Culture, sur les 1,461 milliard d’euros prélevés depuis 2001, entre 292 et 438 millions d’euros l'ont été indument. Des sommes payées par des hôpitaux, cabinets de radiologie, sociétés informatiques, etc. qui pourront rester pour la plupart dans les caisses des ayants droit. Sans commentaire ! Ne sera-t-il pas plutôt du devoir desdits ayants-droits en cas de plainte de prouver que la source de la copie réalisée est illégale (en exhibant par exemple leur contrat avec la FNAC en vigueur au moment de l'achat du support)?
Ben moi je voudrais une boîte de 50 dvd non soumis à la taxe parce que c'est pas pour faire des copies licites m'sieur l'marchand!
J'avais dans quelques articles, il y a 2 ans, évoqué et parlé de l'impossibilité pour quiconque de connaitre le caractère licite ou non de la source...
Que cela soit pour un particulier sur le site de la FNAC,un site torrent ou autre... Par ailleurs, je disais que le DPI serait (sera) une chance formidable d'embauche pour les admin rez et sys comme moi ! http://monblog.syste...ation-etatique/ http://monblog.syste...dministrateurs/ http://monblog.syste...laire-francaise http://monblog.syste...ur-piratage-si/ J'aurai aimé avoir tort !
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Si on ne peut pas déterminer la "licéité de la source", cela signifie qu'il n'est plus possible de faire des copies privées licites.
Auquel cas toutes les copies sont illicites.
La taxe de compensation d'après le conseil d'état ne reposant que sur les copies licites et non sur les illicites, est donc nulle puisqu'elle ne compense aucune copie licite.