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La Carte Musique amputée d'une partie de son budget à l'Assemblée
Guillaume Champeau -
publié le Mercredi 16 Novembre 2011 à 09h20 -
posté dans Musique Numérique
Le député UMP Gilles Carrez, rapporteur général du projet de loi de finances à l'Assemblée Nationale, propose de supprimer le report des crédits inutilisés de la Carte Musique destinée à financer pour moitié les dépenses de musique en ligne des jeunes de 12 à 25 ans. Il estime que cette aide aux industries musicales n'est pas justifiée, qu'elle est octroyée "au détriment du redressement des comptes publics", et qu'elle ne répond pas à l'objectif d'aide à la création. Mise à jour : les députés ont adopté mardi soir l'amendement du rapporteur général Gilles Carrez. Les crédits non utilisés ne seront donc pas intégralement reversés sur le budget 2012 dédié à la Carte Musique, mais remis dans les caisses de l'Etat. Ce qui représente une économie de près de 11 millions d'euros selon les estimations, soit presque autant que le budget annuel de l'Hadopi.
Article du 15 novembre 2011 - Il y a bientôt deux ans, nous avions utilisé un vocabulaire rarement aussi fleuri pour dénoncer ce qui n'était alors qu'un projet de Carte Musique Jeune. "La moitié du montant de la "carte musique" sera financé par l'Etat, donc par le contribuable, donc par les impôts", écrivions-nous. Or il nous apparaissait qu'il y avait là un problème de cohérence dans les valeurs républicaines défendues par le président Nicolas Sarkozy. "C'est vraiment se foutre de la gueule des Français, après le bouclier fiscal et les honneurs faits à Johnny Hallyday qui a chanté au 14 juillet sous la Tour Eiffel pendant qu'il organisait la fuite de ses capitaux. (...) Faire payer aux contribuables en temps de crise et de déficit alarmant des ressources publiques une aide supplémentaire qui ira notamment dans les poches de Johnny Hallyday, c'est insulter la République et ses valeurs", jugions-nous. Quelques mois plus tard, nous apprenions que la carte serait dotée d'un budget de 75 millions euros répartis sur trois ans. Deux ans plus tard, force est de constater que la crise budgétaire est encore plus pregnante, ce qui rend la Carte Musique plus indécente encore. Heureusement, son échec est patent. Il aurait pu être évité en écoutant les réactions des jeunes que le gouvernement avait sondés, mais il s'est confirmé de mois en mois, ajoutant le ridicule au grotesque. Au point que le budget réservé à la Carte Musique est majoritairement resté dans les caisses, et qu'il s'apprête à être dépensé dans une grande campagne médiatique. Le gâchis continue. C'est ce que dénonce le rapporteur général de la commission des finances à l'Assemblée Nationale, Gilles Carrez, qui a déposé un amendement au projet de loi de finances pour 2012 qui prévoit de supprimer le report des crédits inutilisés. "En pratique, il s'agit de supprimer, sur les 20 millions d'euros de report au bénéfice du financement de la " carte musique ", un montant estimé à 10,9 millions d'euros", explique-t-il. Le député estime que le report des crédits de la Carte Musique n'est pas justifié. "D'une part, il semble que cette mesure n'a pas produit les effets escomptés puisque, sur 25 millions d'euros de dépenses prévues pour 2011, les deux tiers n'ont pas été consommés faute d'attirer suffisamment les jeunes internautes. D'autre part, même si l'objectif initial paraît louable, il peut aujourd'hui paraître incongru de subventionner l'achat de musique en ligne qui se traduit, en pratique, par un effet d'aubaine au détriment du redressement des comptes publics. Enfin, le dispositif actuel n'est pas ciblé sur la création artistique française, ni même sur les nouveaux talents, de sorte qu'il ne répond pas à un éventuel objectif de soutien à la création". On n'aurait pas dit mieux. à lire aussi
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Commentaires à propos de «La Carte Musique amputée d'une partie de son budget à l'Assemblée»
![]() Elisheva, le 15/11/2011 - 10:43 C'est à dire combien ? Je ne considère pas la création artistique comme étant une activité professionnelle. Voilà pourquoi je suis d'avis que le droit d'auteur ne fait pas vivre l'auteur, mais lui permet de faciliter ses fins de mois pour l'encourager à créer davantage. Un artiste ne doit pas être une machine à pondre du produit commercial. L'industrie culturelle est donc loin, très loin de ma conception de la culture. Ah oui: on est tous des artistes. [message édité par Arkados le 15/11/2011 à 10:55
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![]() Arkados, le 15/11/2011 - 10:53 C'est vrai que la tournure de l'"industrie" culturelle (le nom est en dit long!) est très loin de ma conception de l'art. Idem pour le cinéma. Le livre et la peinture y échappent encore, heureusement. Je connais d'ailleurs un peintre professionnel: il en vit, mais sans gagner des millions comme ces chèvres qui chantent du R&B pour Universal. Et bien sûr, il subit les aléas des professions libérales. Mais ça ne me gêne pas qu'il en vive, il contribue à mes yeux à la société, comme n'importe quel travailleur. C'est juste un choix de vie.
Oui, moi aussi, en amateur. [message édité par Elisheva le 15/11/2011 à 11:00
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![]() Arkados, le 15/11/2011 - 10:20 ------------------------------------ NB : je comprends très bien Majo ... En temps que breton, je connais aussi des chanteurs celtes qui ne vivent que par les concerts ( en France, 60% des inscrits à la Sacem ne touchent aucun droit d'auteur ) parce que l'industrie musicale & le showbiz parisien a entièrement acheté télés & beaucoup de radios ! ------------------------------------- - Le rapporteur Carrez a raison pour la carte-jeune . je ne pense pas que les jeunes se précipitent sur les stocks de cartes-jeune largement disponibles, sous prétexte qu'ils vont cesser de les subventionner ?! ...lol ! ![]() Suppression pure et simple de ce gaspillage éhonté, ce serait pas un luxe.
Je l'avais déja dit à l'époque d'ailleurs. Le démontage du dispositif par M. Carrez est assez savoureux. ![]() On peut aussi gagner un peu en supprimant la Hadopi qui, comme la carte jeune, ne sert à rien.
![]() Que cette carte disparaisse au plus vite!
En ces temps de crise, il serait insensé de dilapider l'argent public pour "renflouer" les caisses de sociétés privées, qui par ailleurs engrangent déjà de plantureux bénéfices. [message édité par untel le 16/11/2011 à 09:52
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![]() Arkados, le 15/11/2011 - 10:53 tout à fait d 'accord autrement trop facile , exemple : ça fait un an ou plus que " l ' artiste " n ' a pas d ' inspiration mais ce n 'est pas grave , l'état ( enfin nous ) est là . Pas belle la vie !!!! ou alors faire comme " Pagny "ou " les marins " qui se sont pas trop casser le cul pour sortir un album avec les chansons des autres . Bon , moi j' achète pas ce pompage , s 'il le fallait VRAIMENT , j ' achèterais l ' original . Ou alors ,tu fais comme Lenormand , tu reprends tes propres chansons , une petite différence dans la batterie ou la guitare , tu mélanges le tout dans un nouvel ordre et HOP , je te vends ça comme du neuf . Y a plus qu' a trouver le pigeon . [message édité par dannyel le 16/11/2011 à 11:52
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![]() Guillaume, le 15/11/2011 - 10:10 Bonne nouvelle : Les députés divisent par deux le budget de la Carte Musique Jeune
Comme quoi, certains députés savent quelquefois se montrer raisonnables ... [message édité par Natasha le 16/11/2011 à 11:57
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![]() Tout artiste a droit à son salaire.
Etre artiste est un travail, n'en déplaisent à beaucoup. Cependant, aucun travail ne doit placer un homme (ou une femme) au dessus des lois. Tout travail mérite salaire, et celui d'un artiste en mérite tout autant que n'importe quel autre. Mais ce salaire ne doit pas être versé par l'Etat, qui vole le contribuable. Artiste n'est pas un métier de fonctionnaire, ce n'est pas l'Etat qui doit le payer, c'est son public. Mais cette carte Musique Jeunes, déjà, manque complètement de cohérence, et dévoile un peu plus l'incohérence des choix du gouvernement, et son illégitimité. Il y a déjà l'HADOPI, qui n'a aucun réel droit d'exister, puis cette Carte Musique Jeunes, et les exactions commises par ce gouvernement, leurs folles dépenses alors que l'on est tout de même dans une crise économique majeure, qui se transformera d'ici quelques mois en très violente récession. N'est-il pas primordial d'investir dans des structures permettant d'éviter que se passe le pire, notamment en créant des emplois à long terme, en relançant une dynamique d'embauche et en mettant en place un circuit complet de fonctionnement interne économique/industriel/commercial? Non, le gouvernement préfère donner quelques places très bien rémunérés à ses ami(e)s à des postes n'exigeant aucune compétence, pas même dans le domaine concerné par la structure mise en place, à savoir l'HADOPI. Ce même gouvernement met sous une perfusion de cocaïne des industries déjà riches à ne plus savoir qu'en faire, tout ça pour leur accorder plus de privilèges qu'ils n'ont déjà (et trop qu'ils n'en méritent), tout cela bien sur au détriment complet du peuple, qui peut crever la gueule ouverte, peu importe, tant qu'il continue à dépenser le moindre denier. ![]()
zig et puce
(Banni) le 16/11/2011 à 23:45
Ben... tu as plusieurs siècles de retard.
Et un agriculteur ? Il ne doit pas vendre ses 50 tonnes de patate pour pouvoir payer ses charges et tenir jusqu'au mois suivants ? Et un toubib, il ne doit pas se faire ses 35 malades par jour ? Un artiste, comme tout professionnel, a le droit de vivre de son travail. Après, comme un agriculteur ou un médecin, il y a des artistes appréciés par le public parce que leurs produits sont considérés comme bons et d'autres qui sont mauvais.
J'ai toujours dit que Natasha était un adepte de l'UMP. La preuve... ![]() zig, le 16/11/2011 - 23:45En dessous du prix de revient, sans vacances et avec une retraite de misère ? Vive les nouveaux fonctionnaires libéraux payés par la sécu. 1 heure pour composer sa musique et 6 mois au soleil sur un yacht. Franchement, sur les 3, seul le premier mérite qu'on s'occupe de lui un peu plus. Il faut manger pour vivre et non vivre pour manger - Molière [message édité par Centaurien le 17/11/2011 à 02:23
]
Les artistes doivent servir la création et non la fructification des majors. Donc non c'est pas un métier à proprement parlé car tes rentes dépendent de ton public (donc de ton chiffre) et non de ton patron. Le simple fait de rien branler sur une chaise et de récolter autant de pognon me donne envie de
Qu'ils en vivent d'accord, mais pas en étant payés par l'état. Tous les champs doivent être remplis. Tous les champs doivent être remplis. Tous les champs doivent être remplis. |
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Maintenant, que quelqu'un m'explique pourquoi les artistes DOIVENT vivre de leur création.
Je dirais qu'ils doivent pouvoir vivres de leurS créationS.
A savoir gagner de quoi vivre entre deux œuvres, comme c'est fort bien expliqué dans un article de Numérama d'hier:
http://www.numerama....ine-public.html
Pour revenir à cette carte, c'est bien évidemment du bidon: on essaie d'aider un secteur alors qu'il est soumis à l'éternelle concurrence entre la musique et les autres factures que le client moyen doit payer. Tout augmente? On achète moins de musique. CQFD.
Et au passage, j'ai toujours trouvé grotesque que l'état aide les majors de cette façon: au lieu de dire que leurs tarifs ne sont pas attractifs (surtout pour la musique numérique, qui ne coûte rien à dupliquer), il leur accorde une subvention déguisée. Donc on payerait ces entreprises privées avec NOS impôts alors qu'ils ne font pas l'effort d'adaptation auquel toute entreprise doit se soumettre pour survivre.