Licencié par Apple pour l'avoir critiqué sur Facebook

Julien L. - publié le Samedi 05 Novembre 2011 à 12h09 - posté dans Société 2.0

Un tribunal britannique a accepté le licenciement d'un ancien employé d'Apple pour des propos désobligeants tenus en privé sur son profil Facebook. Les juges ont estimé que le caractère privé du compte ne pouvait pas être pris en compte au regard de la nature du réseau social.

Tout ne peut pas être dit sur Internet, en particulier sur les réseaux sociaux. C'est ce qu'a certainement dû réaliser un ancien employé d'Apple au Royaume-Uni, licencié pour avoir tenu sur Facebook des propos désobligeants vis-à-vis de l'entreprise et des produits qu'elle commercialise. Le tribunal a estimé que le caractère privé du profil de l'utilisateur ne pouvait pas être retenu au regard de la nature du site sur lequel les messages ont été postés.

Un profil privé n'est pas suffisant

Bien qu'ayant opté pour des réglages Facebook lui permettant de rendre son profil uniquement accessible à ses contacts, l'ancien employé n'a pas pu s'appuyer sur l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'Homme relative au droit au respect de la vie privée et familiale et reprise dans l'Human Rights Act britannique de 1998, explique le site People Management.

Le tribunal a en effet considéré qu'il n'y avait rien dans les faits pour empêcher l'un de ses contacts de copier les messages hostiles à Apple et à ses produits, et cela malgré le paramétrage du compte. Sur le terrain de la liberté d'expression, abordé dans l'article 10 de la Convention, Apple a réussi à convaincre le tribunal qu'il était tout à fait justifié et proportionné de limiter ce droit afin de protéger sa réputation commerciale contre les messages potentiellement dommageables.

Les juges ont en effet relevé que la firme de Cupertino a mis en place une politique très claire en matière de réseaux sociaux et de sites communautaires à l'égard de ses employés. Dans ce cadre, ces derniers sont soumis à certaines règles et les critiques sur la marque ou sur les produits sont strictement interdites, sous peine de lourdes sanctions. En effet, de pareils commentaires sont particulièrement dommageables pour Apple, dans la mesure où son image de marque est au cœur de son succès commercial.

Une affaire similaire en France

Le jugement rendu par le tribunal britannique nous renvoie à une autre affaire qui s'est déroulée en France. L'an dernier, les Prud'hommes ont estimé qu'il était légal de licencier des employés pour les propos qu'ils tenaient contre leur entreprise sur Facebook, même lorsque les propos ne sont lisibles que par un cercle d'amis suite au paramétrage du compte en privé.

"Les salariés ne peuvent pas impunément critiquer ou avoir des propos injurieux ou diffamatoires à l'égard de leurs employeurs", même dans un espace réservé. "Le tribunal des Prud'hommes a estimé que même si une page est personnelle dès le moment où l'on a plusieurs amis susceptibles de lire le message, celui-ci prend un caractère public". Dans cette affaire, les trois salariés français licenciés avaient en amis Facebook d'autres collègues de l'entreprise.

C'est cette "amitié" qui a conduit l'ancien employé d'Apple au tribunal. Un de ses collègues avec qui il était ami sur Facebook a vu les critiques virulentes et a décidé de les imprimer pour les communiquer au gérant de la boutique Apple. Il a ensuite été licencié pour faute grave.

Tout ne peut pas être dit sur Internet

Comme nous l'expliquions alors, il est quelque peu difficile de prendre parti dans cette affaire. Si le licenciement pour des messages visibles uniquement par un cercle d'amis restreint semble complètement disproportionné, il faut aussi remarquer que Facebook est loin d'être la machine à café autour de laquelle les employés peuvent décompresser et critiquer avec plus ou moins d'humeur leurs employeurs.

Avec Facebook en particulier et Internet en général, les écrits restent. Pas autour de la machine à café. Et c'est parce que les écrits restent que des commentaires désobligeants peuvent ensuite être lus par d'autres personnes qu'un cercle restreint ou être transmis à la hiérarchie. Ce nouveau verdict, en défaveur de l'employé, doit donc être une piqûre de rappel pour les internautes.

Tout ne peut pas être dit sur les réseaux sociaux, même dans un espace qu'ils croient privé.

Publié par Julien L., le 5 Novembre 2011 à 12h09
 
 
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Commentaires à propos de «Licencié par Apple pour l'avoir critiqué sur Facebook»
 

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en même temps des "amis" et un "espace privé" sur fessebouc, pour y croire faut être sacrément naïf....
Il n'a plus qu'à publier sur tous les blogs, forums et sites, ses 4 vérités à propos d'Apple. Qu'au moins ça serve à quelque chose.
zig, le 05/11/2011 - 12:21
Image IPB
Tu es au courant que c'est un Fake ?
zig, le 05/11/2011 - 12:21
Image IPB
Excellent ! Je ne sais pas si c'est vrai, mais atteindre ce niveau de connerie, ça laisse rêveur.
Tu es au courant que c'est un Fake ?
Tu es au courant qu'on ne peut pas savoir si c'est un fake ou pas ?
Et j'aurais envie de dire : quelle importance ?
Centaurien, le 05/11/2011 - 12:23
Il n'a plus qu'à publier sur tous les blogs, forums et sites, ses 4 vérités à propos d'Apple. Qu'au moins ça serve à quelque chose.

Je ne sais pas comment cela se passe aux USA, mais en France tu as une obligation de loyauté envers ton employeur (en plus de l'obligation de discrétion) et qui notamment t'interdit de tenir des propos désobligeants pour l'entreprise devant une tierce personne (Cour de cassation 1998)
Le tribunal a en effet considéré qu'il n'y avait rien dans les faits pour empêcher l'un de ses contacts de copier les messages hostiles à Apple et à ses produits, et cela malgré le paramétrage du compte.

Je suis le seul a y voir une grave atteinte a la liberté d'expression ? O_O
Comment puis je empêcher quelqu'un de répéter, de réécrire, de distribuer ce que j'ai pu dire a voix haute, écrit dans une lettre, ou sur un statut numérique ?
morale de l'histoire: utiliser des pseudos!

et le principe du pseudo ne date pas d'hier: faut croire que le net est rempli de "bleubites".
"piqûre de rappel pour les internautes: tout ne peut pas être dit sur les réseaux sociaux, même dans un espace qu'ils CROIENT privé".
Et dire qu'ils n'avaient qu'à poster sur Numérama... ;)

Aaah! C'est pour ça que certains ne veulent plus de l'anonymat sur le Net, demandent qu'un identifiant numérique soit dans le CNI ( avec pour résultat que certains sites demanderont une identification ) ...

@ flob

Un fake, mais qui tombe si juste.
zig, le 05/11/2011 - 12:38
Centaurien, le 05/11/2011 - 12:23
Il n'a plus qu'à publier sur tous les blogs, forums et sites, ses 4 vérités à propos d'Apple. Qu'au moins ça serve à quelque chose.

Je ne sais pas comment cela se passe aux USA, mais en France tu as une obligation de loyauté envers ton employeur (en plus de l'obligation de discrétion) et qui notamment t'interdit de tenir des propos désobligeants pour l'entreprise devant une tierce personne (Cour de cassation 1998)
Je comprend bien mais puisqu'il a certainement déjà été foutu à la porte pour avoir publié des commentaires dans un espace semi-privé, ça ne peut que défouler de faire un peu de TOR dans un espace hautement public.
Si l'affaire a été jusque devant les tribunaux, c'est que les propos de ce bon monsieur ont été portés jusqu'à sa hiérarchie d'une manière ou d'une autre.
De fait, son argument "C'était privé et entre ami", me laisse à penser qu'il devrait alors mieux considérer qui sont ses "amis"...

Après, la firme a pu considérer que les personnes qui ont lu ce message pouvaient être considérés comme des clients potentiels, avec un pouvoir de communication qui est le coeur même de la puissance de la marque.
De là, l'employé qui profère de tels propos à l'égard de sa propre entreprise va dans le sens contraire de son développement et sa notoriété.

C'est comme ça qu'a certainement du statuer la cour.
Bon, voila au moins quelqu'un qui aura compris que facebook est à éviter.
zig, le 05/11/2011 - 12:38
Je ne sais pas comment cela se passe aux USA, mais en France tu as une obligation de loyauté envers ton employeur (en plus de l'obligation de discrétion) et qui notamment t'interdit de tenir des propos désobligeants pour l'entreprise devant une tierce personne (Cour de cassation 1998)
Et puis quoi encore ? Si j'ai envie de tenir oralement des propos désobligeants vis-à-vis de mon employeur devant des amis ou des membres de ma famille, il est hors de question que je m'en prive ! Cela s'appelle la liberté d'expression. Je ne suis pas marié avec mon employeur ! Et c'est de toute façon ma parole contre celle d'une tierce personne...

Oralement, je fais ce que je veux : les paroles s'envolent, les écrits restent...

C'est cette "amitié" qui a conduit l'ancien employé d'Apple au tribunal. Un de ses collègues avec qui il était ami sur Facebook a vu les critiques virulentes et a décidé de les imprimer pour les communiquer au gérant de la boutique Apple. Il a ensuite été licencié pour faute grave.
Il a peut être mal choisi ses amis, mais qui ici n'a pas un jour fait de même ???
Toute l'histoire est partie de cet ami, ce qui m'étonne peu venant d'un fanboy de l'Élitisme ...

Dans le même ordre d'idée, si quelqu'un envoie un mail à plusieurs "amis", critiquant au passage son employeur, et que l'un d'entre eux fasse suivre le mail en question à sa hiérarchie, comment l'affaire serait jugée ?
P.Olisbo, le 05/11/2011 - 15:15

C'est cette "amitié" qui a conduit l'ancien employé d'Apple au tribunal. Un de ses collègues avec qui il était ami sur Facebook a vu les critiques virulentes et a décidé de les imprimer pour les communiquer au gérant de la boutique Apple. Il a ensuite été licencié pour faute grave.
Il a peut être mal choisi ses amis, mais qui ici n'a pas un jour fait de même ???
Toute l'histoire est partie de cet ami, ce qui m'étonne peu venant d'un fanboy de l'Élitisme ...

Dans le même ordre d'idée, si quelqu'un envoie un mail à plusieurs "amis", critiquant au passage son employeur, et que l'un d'entre eux fasse suivre le mail en question à sa hiérarchie, comment l'affaire serait jugée ?
De la même façon, au niveau légal si tu envoies un mail à une seule personne, il s'agit de conversation privé et on ne peut te reprocher ce que tu y écrit, par contre si tu envoies un mail à plusieurs destinataires, c'est du ressort d'une conversation publique et tu peux être attaqué. Il vaut donc mieux envoyer 10 fois le même mail à 10 personnes différentes que 1 fois le mail à ces 10 personnes.
Moralité de l'histoire, éviter d'utiliser Facebook, et Apple...
aubasmots, le 05/11/2011 - 16:08
Moralité de l'histoire, éviter d'utiliser Facebook, et Apple...
Autre moralité: réfléchir avant d'écrire... que ce soit sur Facebook ou ailleurs.
WickedFaith, le 05/11/2011 - 16:09
Autre moralité: réfléchir avant d'écrire... que ce soit sur Facebook ou ailleurs.

Ou alors écrire sur Wikileaks, qui au moins protège ses sources.
Centaurien, le 05/11/2011 - 15:40
De la même façon, au niveau légal si tu envoies un mail à une seule personne, il s'agit de conversation privé et on ne peut te reprocher ce que tu y écrit, par contre si tu envoies un mail à plusieurs destinataires, c'est du ressort d'une conversation publique et tu peux être attaqué. Il vaut donc mieux envoyer 10 fois le même mail à 10 personnes différentes que 1 fois le mail à ces 10 personnes.

Et si le mail est envoyé en 1x à 10 destinataires en copie cachée ?

Chaque personne ne peut voir que lui en destinataire, donc privé
mais l'envoi initial étant en destinataire multiple, c'est a dire public ...

C'est du pinaillage mais bon ...

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