Un post viral invite les internautes à supprimer les codes ajoutés aux liens de partage sur X. Le suivi par les URL existe depuis longtemps sur la plateforme, mais un paramètre attire désormais l’attention : « a ». Nous avons fait quelques essais.

Vous n’y faites probablement pas attention lorsque vous envoyez un tweet à vos proches. Pourtant, le lien copié depuis X ne contient pas seulement l’adresse de la publication. Il est aussi accompagné d’une série de caractères, ajoutée après un point d’interrogation. Et celle-ci n’est pas nécessaire pour consulter le post.

Le 28 octobre 2026, un internaute s’en est étonné dans une publication qui cumulait plus de 3 millions de vues lors de notre consultation. « Les liens Twitter ont des traceurs maintenant », écrit-il, avant de conseiller de supprimer tout ce qui suit le « ? ».

Il suffit de regarder le lien partagé pour comprendre de quoi il parle : après le numéro de la publication apparaissent un « a= », une série de lettres et de chiffres, puis un « &s=20 ». Mais contrairement à ce que laisse entendre le tweet, l’ajout de paramètres de suivi aux liens X/Twitter n’a rien de nouveau.

Cet internaute s'étonne de la présence du a= // Source : @Ihyvd014
Cet internaute s'étonne de la présence du a= // Source : @Ihyvd014

Ce que l’on sait de ces codes ajoutés aux liens X

Certains sont documentés depuis plusieurs années. C’est le cas de « s= », qui renseigne la provenance du partage. En novembre 2022, le développeur Ryan Benson répertoriait, pour son outil d’analyse Unfurl, 71 codes retrouvés dans le JavaScript de Twitter. Ils correspondaient à différentes combinaisons d’appareils et de méthodes de partage : copier un lien depuis un navigateur, l’envoyer par SMS depuis un iPhone, le partager sur WhatsApp… À l’époque, « s=20 » correspondait à une copie depuis la version web.

Un autre paramètre, « t= », avait également attiré l’attention. Ryan Benson avait constaté que sa valeur pouvait rester la même pour plusieurs liens partagés depuis un appareil pendant un certain temps. Les développeurs du navigateur Brave estimaient, eux, que ce code semblait lié au compte Twitter et pouvait permettre un suivi lorsque le lien était partagé en dehors de la plateforme.

Le principe est assez simple : en ajoutant un identifiant à un lien, une plateforme peut retrouver cette référence lorsque quelqu’un clique dessus. Elle peut ainsi, selon le fonctionnement du dispositif, rapprocher les visites d’un partage initial. Le code reste dans l’adresse, même si le lien passe par une messagerie privée. Cela ne signifie pas que X peut lire vos conversations. L’information lui revient lorsque le destinataire ouvre le lien.

Un paramètre « a » qui change entre les copies

Le post viral montre toutefois un autre paramètre : « a= ». Pour mieux comprendre son comportement, nous avons copié plusieurs fois le lien d’une même publication depuis le même compte et le même navigateur.

À chaque copie de notre série d’essais, la valeur changeait. Le numéro du post restait identique, tout comme « s=20 », mais les caractères après « a= » étaient différents. La valeur associée à « a= » n’est donc pas un identifiant fixe de la publication

Ce fonctionnement pourrait servir à distinguer plusieurs partages d’un même contenu, puis les visites associées à chacun. Cela reste une hypothèse : nous n’avons pas trouvé de documentation fiable expliquant précisément le rôle de ce paramètre, ni permettant d’établir s’il remplace l’ancien « t= ». Sa présence ne suffit donc pas à annoncer un nouveau système de traçage. En revanche, nous avons pu vérifier une chose, qui paraîtra sans doute évidente à certains : le lien fonctionne toujours lorsqu’on retire ces ajouts.

Comment retirer ces paramètres avant de partager un tweet ?

Pour les publications testées, il suffit de supprimer le point d’interrogation et tout ce qui suit. Une adresse peut ainsi être raccourcie de la sorte :

Vous pouvez retirer les caractères après "?" // Source : Numerama
Vous pouvez retirer les caractères après "?" // Source : Numerama

Vous accédez au même post, sans transmettre les codes supplémentaires contenus dans le lien. Cela ne rend pas pour autant la visite anonyme : X indique notamment recueillir des adresses IP, des informations sur le navigateur et des identifiants de cookies lors de l’utilisation de ses services.

Le conseil a aussi une limite : il ne faut pas supprimer systématiquement la fin de toutes les adresses web. Sur d’autres sites, les paramètres peuvent servir à identifier une vidéo ou à conserver les termes d’une recherche. Pour partager les posts X de nos essais, en revanche, ils ne sont pas nécessaires.

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