Twitter, Facebook et le constructeur des téléphones Blackberry se rendront jeudi à Londres pour rencontrer la ministre de l'intérieur. Le gouvernement britannique souhaite discuter des moyens d'éviter que leurs réseaux de communication respectifs puissent être utilisés par des émeutiers sans surveillance.

Que vont-ils se dire en se regardant dans le blanc des yeux ? The Next Web rapporte que la ministre de l’intérieur britannique, Theresa May, organise jeudi une réunion avec des acteurs des réseaux de communications pour faire le point après les récentes émeutes qui ont éclaté à Londres puis dans plusieurs grandes villes d’Angleterre. Twitter, Facebook et RIM (le constructeur du BlackBerry) ont tous été convoqués, et confirmé leur participation à la réunion.

Lorsque les émeutes ont éclaté, et commencé à dégénérer, le premier ministre David Cameron avait menacé de couper l’accès aux réseaux sociaux comme Twitter et Facebook, qui permettaient aux manifestants de se donner rendez-vous. Deux Britanniques ont d’ailleurs été condamnés à quatre ans de prison ferme pour avoir lancé un appel aux émeutes sur Facebook.

C’est surtout par Blackberry Messenger, cependant, que les émeutiers se sont organisés. Le service de messagerie instantanée de RIM est très populaire en Grande-Bretagne, et présentait pour les jeunes britanniques l’avantage d’offrir une sécurité accrue. Le système de messagerie est en effet chiffré, et les identifiants utilisés (sous forme de codes PIN) ne permettent pas de remonter immédiatement à l’identité de l’abonné. Face à cette situation, le gouvernement britannique avait demandé aux services secrets d’utiliser leurs technologies anti-terroristes pour déchiffrer les communications, et obtenu la collaboration de RIM pour identifier des émeutiers.

La réunion de jeudi sera l’occasion pour le gouvernement britannique de voir jusqu’où il peut aller dans sa volonté de contrôler les moyens de communication, sans recourir à des mesures extrêmes. Le parlementaire David Lammy (ancien ministre qui s’était opposé à la riposte graduée en Grande-Bretagne), avait été jusqu’à demander la suspension de BlackBerry Messenger. Une mesure qui, si l’on en croit une étude récente sur les effets de la censure, aurait au contraire amplifié les émeutes.

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