La riposte graduée n'est "pas la bonne route à suivre" pour la Grande-Bretagne
Guillaume Champeau -
publié le Mercredi 29 Avril 2009 à 13h34 -
posté dans Société 2.0
Le ministre britannique de la propriété intellectuelle David Lammy a confirmé cette semaine que selon lui, la riposte graduée n'est pas "la bonne route à suivre" en Grande-Bretagne. Il plaide pour une remise à plat de la propriété intellectuelle, de façon à ce qu'elle puisse être mieux comprise et acceptée par le public, dans l'intérêt de l'économie britannique.
"Un ministre plus faible aurait cédé sous le poids de l'intense lobbying des grosses multinationales titulaires de droits, mais Lammy a fait de son travail le fait d'écouter ceux qui n'ont pas des budgets de plusieurs millions de livres avec lesquels avancer leurs idées : les gens qui écoutent la musique ou regardent des films et la télévision", écrit ainsi le journaliste Richard Wray. Il a un avantage supplémentaire pour s'opposer : une certaine indépendance. En France, la régulation de la propriété intellectuelle est un domaine que se partagent le ministère de l'industrie, qui doit définir les règles relatives aux brevets ou aux marques commerciales en cotoyant tous les jours les grandes industries françaises qui en font usage, et le ministère de la culture, qui définit les règles du droit d'auteur en cotoyant tous les jours les créateurs et les producteurs qui en vivent. Le public, lui, a très peu de poids dans ces ministères et ne peut pas faire entendre son point de vue. A l'écoute du peuple, David Lammy estime au contraire qu'il est nécessaire de changer les habitudes dans la manière d'aborder la propriété intellectuelle et de la réguler. Il veut davantage de pédagogie et de consultation, pour faire que les droits d'auteur soient mieux compris et acceptés par la population. C'est en quelque sorte un retour à l'idée du contrat social, qui a disparu avec la prise en main de ces questions par les lobbys au cours du 20ème siècle. "Je ne suis pas sûr qu'il y ait jamais eu un consensus depuis 1709 (année où le Statute of Ann a créé le droit d'auteur en Europe, ndlr) dans la famille du droit d'auteur", dit-il, "mais il y a eu des moments critiques dans cette longue histoire : la naissance de l'imprimerie, la différence de perception entre l'Europe et nos collègues américains sur les droits des livres, même l'avènement de la télévision analogique a apporté son lot d'obstacles. Mais ce que nous voyons depuis trois ou quatre ans c'est une accélération massive du besoin de gérer cette nouvelle frontière. Ce que nous sommes prêts à faire en Grande-Bretagne c'est d'établir une vue mieux partagée de l'importance du droit d'auteur dans notre avenir créatif et économique". "Clairement la croissance d'internet a fourni les moyens de distribuer (les oeuvres) d'une manière complètement différente, et c'est ce qui change la base de la discussion sur le droit d'auteur", ajoute David Lammy. Pas de riposte graduée en Grande-Bretagne Selon le ministre britannique, qui a une vue très libérale de la propriété intellectuelle et estime que les solutions seront avant tout commerciales, il faut simplifier l'accès légal aux oeuvres avant de chercher à faire respecter par la force les droits d'auteur. "Par le passé le droit d'auteur a été largement un domaine réservé aux avocats et aux créateurs, ou aux professionnels comme les enseignants. Nous allons vers un environnement où beaucoup de gens doivent savoir s'ils sont du bon côté de la loi, mais pour le moment l'accès à ces droits n'est pas un processus simple pour le consommateur", constate-t-il. A propos de la riposte graduée, "c'est aux Français de définir ce qui est juste pour eux, mais pour nous ici, nous ne pensons pas que c'est la bonne route à suivre". David Lammy doit par ailleurs composer avec le secrétaire britannique à la Culture Andy Burnham, qui organise un "Davos des entreprises créatives" les 26 à 28 octobre 2009 à Hertfordshire, sous le patronnage d'Universal Music et du portail chinois Sina.com. Bunham espère y annoncer "un protocole d'accord international" pour lutter contre le piratage sur Internet de manière coordonnée entre tous les états. à lire aussi
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Commentaires à propos de «La riposte graduée n'est "pas la bonne route à suivre" pour la Grande-Bretagne»
Notre gouvernement est une honte à travers toute la planète, on le savait déjà.
Cette fois-ci, saura t-il entendre raison? It 'Melpheos', le 01/01/1970 - 01:00 et Albanul va bien sûr dire : Vous voyez en Angleterre, la riposte graduée ça fonctionne anéfé...Ça fonctionne même au fin fond de la brousse africaine... si si on a les politiques qu'on mérite...
Nous on a Albanel pour défendre notre culture. Heureusement que je parle aussi anglais. C'est fou ça, la Grande Bretagne qui maintenant va nous donner des cours de démocratie et d'équité !
Vous vous rendez compte du (mauvais) chemin parcouru ces derniers temps par notre pays ? un ministre de la propriété intellectuelle ... c'est hallucinant ...
le droit des marques, des brevets et, pour la GB, du copyright est devenu si lucratif qu'il mérite un ministère ... Il y a moyen de faire un troc?
vingt de nos ministres pour un des leurs, avec un président en prime. ça prouve que tous les politiciens ne sont pas forcément des cas désespérés, c'est déjà ça.
Par contre j'ai une question, Hadopi s'applique-t-elle uniquement sur les produits français ? Ai-je le droit par exemple de télécharger des films américains, de la musique anglaise...sans risquer de perdre mon temps avec hadopi ? Non. Du moins, l'amendement "Beattles" prévoyait de pouvoir télécharger légalement les oeuvres sans offre légale dans le pays.
Seulement, il a été viré en CMP. It Le ministre britannique de la propriété intellectuelle David Lammy a confirmé cette semaine que selon lui, la riposte graduée n'est pas "la bonne route à suivre" en Grande-Bretagne. Il plaide pour une remise à plat de la propriété intellectuelle, de façon à ce qu'elle puisse être mieux comprise et acceptée par le public, dans l'intérêt de l'économie britannique.
sarko et Albanul regarder un peu comment marche la riposte dans les autre pays. sarko oublie pas que tu est le président du pouvoir d achat Non. Du moins, l'amendement "Beattles" prévoyait de pouvoir télécharger légalement les oeuvres sans offre légale dans le pays.Seulement, il a été viré en CMP.It
Anéfé""Un ministre plus faible aurait cédé sous le poids de l'intense lobbying des grosses multinationales titulaires de droits"
Une ministre faible, un président capricieux... la messe est dite! bien ! mais nous en France on va l'avoir pour faire plaisir au président
le plus important est de sauver les grands groupes de majors qui ne savent pas innover.. alors que toi tu crève avec ton entreprise.. à l'instant un député ump (marlin) vient de dire sur rmc que s'il n'était pas présent lors du premier vote hadopi c'était parce qu'il était contre ! Il a dénoncé ensuite des abus de pouvoir de l'ump sur les députés.
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Heureusement, tous les gouvernements ne sont pas tous vendus aux Majors et autres lobbys...
Mais malheureusement, nous avons un gros faiblard (dans le sens où il aime l'argent) comme président, et ne parlons même pas de la pseudo ministre de la culture, dans le genre faible on fait pas mieux...