Le député Bernard Debré a supprimé de son blog le billet dans lequel il accusait DSK d'être un délinquant sexuel qui a "humilié la France" à New York. Mais cette suppression qui se voulait discrète a au contraire encouragé la diffusion de nombreuses copies.

Sa réaction avait marqué les esprits. Au lendemain de l’arrestation de Dominique Strauss-Khan à New York, le député de Paris Bernard Debré s’était fendu d’un billet d’une rare violence sur son blog, au mépris total de la présomption d’innocence. « Trop c’est trop, vous avez humilié la France ! Vous l’avez ridiculisée (…) Quand vous sortirez de prison, disparaissez dans votre ryad (…) Ce que je vous souhaite c’est maintenant de vous soigner, il existe des médicaments pour les délinquants sexuels« , avait écrit Bernard Debré.

Mais vendredi dernier, Bernard Debré a dû se sentir très bête en découvrant, comme le monde entier, que le procès de DSK pourrait prendre brutalement fin après la révélation des mensonges dont se serait rendue coupable l’accusatrice, Nafissatou Diallo. La crédibilité de la plaignante étant fortement mise à mal, convaincre des jurés à l’unanimité que la relation sexuelle entre les deux protagonistes n’était pas consentie devient extrêmement improbable. Au contraire, la défense de DSK qui clame son innocence depuis le premier jour en devient renforcée.

Le député de Paris a donc dû faire demi-tour, en s’expliquant à nouveau sur son blog. « Je suis allé trop vite, je le reconnais, je ne sais pas comment cette  » affaire  » va se terminer« , écrivait-il dimanche. « Je regrette donc mon excès en espérant simplement que la vérité soit établie. J’espère qu’elle le sera dans les jours qui viennent, je m’abstiendrai donc d’en parler jusqu’à ce que l’affaire se termine« .

Parallèlement, mais dans une grande discrétion, Bernard Debré a supprimé le billet originel de son blog. Espérant sans doute qu’il finirait par être oublié. Mais c’est ignorer l’effet Streisand, qui fait qu’il est plus risqué de chercher à supprimer un contenu que l’on veut voir disparaître que de laisser progressivement s’enfoncer dans les abîmes du net.

Voyant que le député avait supprimé le billet, un internaute a en effet compilé une liste de sites miroirs sur lesquels ont été enregistré une copie du blog, et l’a faite circuler sur Twitter. « En supprimant ce post de son blog, le député Bernard Debré a oublié quelque chose : la puissance des réseaux sociaux« , ont re-tweeté un grand nombre d’utilisateurs.

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