Ca a le mérite de la clarté. Alors que François Hollande avait semblé vouloir maintenir l’Hadopi et prendre son temps pour la réformer, avant d’être plus catégorique sur son intention d’abroger la riposte graduée, la candidate aux primaires écologistes a été on ne peut tranchée ce mercredi. Interrogée lors d’un chat sur Rue89, Eva Joly a promis « solennellement » qu’elle abrogerait les lois Hadopi et Loppsi « dès la première semaine » de son entrée à l’Elysée, si elle était élue.

Si de son côté Nicolas Sarkozy s’obstine, ça n’est pas seulement pour préserver ses soutiens chez les vedettes du monde de la culture. C’est aussi qu’il voit l’Hadopi comme un symbole de sa politique de fermeté et de sécurité, rassurante pour l’électorat âgé qui formera une part importante des électeurs au deuxième tour des présidentielles. On ne renonce pas devant l’impopularité et la jeunesse.

Mais ses adversaires politiques prennent aussi l’Hadopi pour un symbole. Celui d’une institution dédiée à combattre les libertés et à sauvegarder des acquis passés plutôt que de faire confiance à l’avenir. Eux aussi exploiteront son image pour gagner des voix, dans leur électorat.

La campagne PUR de l’Hadopi est à cet égard très révélatrice du climat ambiant. Le message n’est pas « avec Hadopi, tout ira bien », ce qui aurait été effectivement une campagne de communication positive comme on nous l’avait annoncée. Mais « sans Hadopi, tout ira mal », ce qui démontre une grande méfiance de l’avenir, et un besoin de justifier sa légitimité par la peur plus que par l’adhésion.

En promettant l’abolition de l’Hadopi, les candidats opposés à Nicolas Sarkozy chercheront à rassurer sur la possibilité de construire un avenir qui ne passe pas par la surveillance et la sanction.

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