Google n'a jamais réussi à imposer ses solutions de réseaux sociaux au grand public. Donc il mise désormais sur la dépendance des sites web à son moteur de recherche pour imposer partout son bouton +1, qui permet aux internautes de signaler les pages qu'ils jugent les plus intéressantes, et de le faire savoir à leurs amis.

Il faut s’attendre à voir fleurir partout le bouton « +1 » que Google a imaginé pour concurrencer le fameux « j’aime » de Facebook. Pour le moment, ce bouton inauguré au mois de mars n’est présent que sur les résultats affichés aux utilisateurs anglophones de Google. Mais il sera possible d’ici quelques semaines de l’afficher directement sur les sites, pour que les visiteurs puissent manifester leur appréciation du contenu sans quitter la page qui leur est proposée. C’est une évolution logique du concept, mais qui met en évidence la capacité de Google à imposer ses solutions grâce à sa position dominante sur les moteurs de recherche. Car les sites qui ne veulent pas perdre de leur visibilité sur Google devront nécessairement implémenter ce bouton sur leurs pages.

Pour un éditeur, le bouton « J’aime » de Facebook n’a pas d’autre effet que de rendre les liens appréciés par ses visiteurs visibles sur le réseau social le plus fréquenté du monde. Le fait de ne pas l’implanter a pour seule conséquence de se priver d’une chance de gagner des visiteurs supplémentaires. Mais avec son « +1 », Google profite de l’extrême dépendance des sites web à l’affichage de ses résultats de recherche pour imposer la construction d’un réseau social qu’il n’a pas su bâtir avec le flop de Buzz.

« Si vous avez un site web, ajouter le bouton +1 pourrait conduire à davantage de trafic mieux qualifié, puisque vos visiteurs pourraient voir plus souvent des recommandations personnalisées sur vos résultats de recherche« , expliquait récemment Google dans une vidéo promotionnelle (ci-dessous). Or ce qui vaut en positif vaut aussi en négatif. Ceux qui n’implémentent pas le bouton +1 de Google subiront la comparaison avec ceux qui le font et bénéficient davantage de clics et de recommandations personnalisées. Même si Google ne parle pas encore de prendre en compte le nombre de +1 dans son algorithme de classement des résultats, la sanction se fera de toute façon mécaniquement. Les internautes iront naturellement vers les pages les plus « plussées », ignorant plus souvent les autres. Ce qui aura pour effet de bord de les faire monter dans les résultats de recherche.

Ca n’est peut-être pas de l’abus de position dominante au sens strict. Mais ça y ressemble énormément.

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