L'Arjel a épinglé trois nouveaux sites web dédiés aux jeux d'argent et de hasard. Si deux d'entre eux sont destinés à des internautes étrangers, le troisième vise plus spécifiquement un public francophone. Son hébergeur, OVH, a refusé de "prendre des mesures" ou de "se rapprocher de l'Arjel". En conséquence, l'Autorité a lancé des assignations auprès du TGI de Paris.

Nouveau face-à-face entre l’Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel) et les fournisseurs d’accès à Internet français. Alors que ces derniers se montrent rétifs à suivre l’activisme de l’autorité administrative, celle-ci a ciblé trois nouveaux sites web spécialisés dans les jeux d’argent et de hasard. L’Arjel les a assigné devant le tribunal de grande instance de Paris, rapporte La Tribune.

Sur les trois services en ligne visés, un seul est installé en France. Bet4Fight, actuellement hébergé par OVH, ne figure pas sur la liste des opérateurs agréés par l’Autorité de régulation, pas plus qu’Oddsmaker (dont les fournisseurs Protected et Netelligent sont basés au Canada) ou Digibet (dont Manx-Telecom-MNT est situé sur l’Île de Man, en mer d’Irlande). Si les deux derniers sont des casinos, le premier se revendique de la catégorie des « jeux-concours ».

Malgré les réclamations de l’Arjel, ni Bet4Fight ni les deux autres sites web n’ont réagi favorablement. L’Autorité de régulation n’a pas non plus obtenu la coopération d’OVH, puisque celui-ci a indiqué à La Tribune ne pas souhaiter « ni prendre des mesures ni se rapprocher de l’Arjel« . Un refus courtois, mais qui pourrait coûter cher à OVH. En cas de condamnation, OVH s’expose à une astreinte de 100 000 euros par jour de retard.

Le jugement du tribunal de grande instance de Paris doit survenir dans les prochaines semaines. L’Arjel avait déjà remporté une bataille judiciaire l’an dernier, en obligeant les fournisseurs d’accès à Internet à bloquer le site StanJames.com. L’émergence de sites miroirs avait toutefois remis en cause l’efficacité de la mesure. Ce n’est parce que StanJames a abdiqué de lui-même que cela a fonctionné.

C’est le site étranger non-francophone, 5Dimes, qui a dernièrement attiré l’attention de l’Arjel. Basé au Costa-Rica, le service ne s’adresse pourtant pas aux internautes français. Mais l’Arjel est bien décidé à utiliser ses prérogatives de façon extensive. À la fin du mois, la justice française indiquera si les sept opérateurs assignés en justice devront bloquer 5Dimes en amont.

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