Le Kremlin ne compte pas filtrer les principaux services de communication, quand bien même ils sont américains. Le gouvernement russe a ainsi désavoué ce week-end les propos d'un officier supérieur du FSB, les services secrets locaux, qui suggérait de prendre des mesures contre les logiciels permettant de chiffrer les échanges. Le gradé visait nommément Skype, Gmail et Hotmail.

Pas question de bannir les principaux moyens de communication en ligne. Tel est le message qu’a voulu faire passer le Kremlin suite à la proposition d’un officier supérieur du FSB, la principale agence de renseignement russe. Celui-ci avait suggéré de bloquer Skype, Gmail et Hotmail suite à des attaques informatiques qui ont ciblé LiveJournal, une plate-forme de blog assez appréciée en Russie.

« Ces derniers temps, l’utilisation généralisée sur Internet de moyens de communication chiffrés et cryptographiés, en premier lieu des produits étrangers, suscite une grande inquiétude au FSB. Cela concerne notamment Gmail, Hotmail et Skype » a expliqué Alexandre Andreetchkine, responsable du centre de sécurité des communications du FSB. « L’utilisation incontrôlée de ces services peut conduire à une menace d’ampleur pour la sécurité de la Russie« .

Les craintes de ce responsable n’ont cependant pas été reprises par la présidence russe. « Le fait que les services Gmail et Skype représentent une menace pour la sécurité nationale n’est qu’une opinion personnelle et ne correspond pas à la politique de l’État en matière de développement de l’Internet » a commenté un responsable du Kremlin sous couvert d’anonymat.

Les trois services proposent actuellement des fonctionnalités permettant de renforcer la confidentialité des communications. Gmail et Hotmail permettent par exemple de passer par une connexion sécurisée (HTTPS) afin que les données ne puissent pas être facilement accessibles depuis l’extérieur. Skype dispose également d’une solution de chiffrement visant à protéger les conversations.

Malgré l’intervention du Kremlin sur ce dossier, d’aucuns supposent qu’il s’agit d’une tentative de resserrer le contrôle sur les communications. En effet, l’an prochain aura lieu la prochaine élection présidentielle en Russie. Celle-ci pourrait voir s’affronter Dmitri Medvedev, l’actuel président et présenté comme un féru des nouvelles technologies, à Vladimir Poutine, premier ministre et ancien lieutenant-colonel du KGB.

Selon le classement 2011 de Reporters Sans Frontières, la Russie est actuellement listée dans la catégorie des pays sous surveillance, aux côtés de la Biélorussie, de la Libye, de la Thaïlande… et de la France. Pour l’ONG, « le gouvernement cherche à modeler le net russe à sa guise » alors qu’Internet est apparu comme une « force vive de la société russe« , ayant un « impact sur la politique et l’actualité« .

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