Le ministre de la culture et de la communication Frédéric Mitterrand est en déplacement aux Etats-Unis. À cette occasion, il rencontrera différents acteurs de la Silicon Valley afin d'évoquer le problème du piratage, le respect des droits d'auteur en France et le principe de l'Internet civilisé, cher à Nicolas Sarkozy.

Depuis jeudi, Frédéric Mitterrand est en déplacement aux États-Unis dans le cadre de ses fonctions de ministre de la culture et de la communication. En conséquence, il ira à la rencontre des entreprises françaises installées sur place, participera à un débat avec les étudiants de l’université de Stanford et décorera plusieurs personnalités. Mais ce déplacement sera aussi l’occasion d’évoquer le principe de l’Internet civilisé avec les géants du web.

L’entourage de Frédéric Mitterrand a en effet indiqué à l’AFP que le ministre compte évoquer « la recherche d’un Internet civilisé, respectueux du droit des créateurs, permettant un financement de la création, mais également à même de saisir les opportunités qu’offre le numérique en matière de protection et de meilleure circulation des œuvres« .

Plusieurs rencontres sont programmées avec les ténors de l’industrie de la Silicon Valley afin de souligner les spécificités françaises en matière de droits d’auteur. Des entreprises comme Google, Apple et Amazon jouent un rôle de plus en plus important – pour ne pas dire incontournable – dans la distribution numérique des contenus culturels, en particulier aux États-Unis.

Le cas de Google est à ce sujet intéressant et sera pour le ministre l’un des gros morceaux du voyage. Frédéric Mitterrand s’est toujours montré très réticent face aux projets de la firme de Mountain View, même si dans les faits l’aide de Google est indispensable dans certains cas. Le ministre a ainsi plaidé pour une alternative à Google Livres après s’y être opposé, a rappelé que Google TV aura des devoirs à respecter en France.

Toujours selon l’entourage du ministre, la question du piratage sera également abordée au cours du voyage avec les dirigeants des studios Disney et Warner.

Le principe d’un Internet civilisé est une idée ancienne chez Nicolas Sarkozy. Quelques mois après son élection à la présidence de la République en 2007, il prononçait un discours suite à la signature d’un accord inter-professionnel sur la lutte contre le piratage sur « les nouveaux réseaux ». Dans celui-ci, le président de la République avait opposé l’Internet au monde civilisé.

Profitant du fait que la France préside le G20 cette année, Nicolas Sarkozy a demandé en début d’année à Frédéric Mitterrand d’organiser un sommet spécial dans lequel les problématiques du droits d’auteur et du piratage soient abordés avant le mois de novembre. « On ne peut pas d’un côté consommer comme jamais […] et ne pas assurer le respect du droit de propriété […] Le jour où on ne rémunère plus la création, on tue la création« .

Reste à savoir comment réagiront les différentes entreprises américaines au concept d’Internet civilisé. Rappelons néanmoins que Steve Ballmer, le directeur général de Microsoft, a trouvé « importante » l’idée d’évoquer ce principe lors des débats entre les principales puissances économiques du monde.

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