Aux États-Unis comme en Europe, l'annonce du nouveau système d'abonnement et d'achat de contenus sur iPad a conduit les autorités de la concurrence à se pencher sur les conditions imposées aux éditeurs de presse. Aucune enquête formelle n'a été lancée, mais la FTC, le département de la justice et la Commission européenne se réservent le droit de poursuivre plus en avant leurs investigations.

La présentation mardi du système d’abonnement et d’achat de contenus sur iPad a mis en lumière la stratégie d’Apple pour piéger les éditeurs de presse et les garder dans son escarcelle. Les conditions imposées ont néanmoins attiré l’attention des autorités de la concurrence des deux côtés de l’Atlantique, indique aujourd’hui le Wall Street Journal.

Pour l’instant, il n’est pas question de lancer une enquête formelle contre Apple pour un comportement anti-concurrentiel. Cependant, le quotidien économique indique que la Federal Trade Commission, le département de la justice aux États-Unis et la Commission européenne scrutent avec attention le système d’abonnement proposé par Apple.

En particulier, les autorités américaines s’intéressent à l’adaptation par Apple du principe de « la nation la plus favorisée ». Grâce à cette condition, la firme de Cupertino fait en sorte d’avoir en permanence un prix d’abonnement égal ou inférieur à celui de la concurrence. Les éditeurs seront contraints de rogner sur leur marge dans le cas où la concurrence réclamerait une commission moins élevée (Apple demande 30 %). Au risque de fausser les prix.

Du côté européen, une porte-parole de la Commission européenne a indiqué ce jeudi être au courant des conditions imposées par Apple aux éditeurs de presse et a fait savoir qu’elle suivait la situation avec attention. L’entreprise américaine a déjà été confrontée à l’exécutif par le passé, notamment lors de l’enquête sur les prix pratiqués par iTunes en Europe et sur les conditions d’utilisation de l’App Store.

Les conditions du système d’abonnement, véritable entonnoir pour les éditeurs de presse, font partie d’une stratégie plus large. En dévoilant l’iPad l’an dernier, la firme américaine a voulu apparaître aux yeux des journaux – en difficulté – comme un point de passage indispensable pour conquérir le secteur mobile. Et depuis, Apple s’est échiné à plaire. Avec succès.

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