Selon Xavier Niel, qui s'est confié au Canard Enchaîné, c'est en profitant du malaise vagal de Nicolas Sarkozy à l'été 2009 que François Fillon aurait réussi à faire adopter en conseil des ministres le texte qui a permis à Free d'obtenir sa licence 3G.

Amusant récit livré par Xavier Niel au Canard Enchaîné, et rapporté par le site Arrêt Sur Images. Le patron du groupe Iliad, la maison mère de Free, revient sur le combat mené contre Nicolas Sarkozy pour obtenir enfin la précieuse licence 3G qui lui permet d’investir le marché de la téléphonie mobile. Rappelons que les relations sont très tendues entre l’industriel et le chef de l’Etat, qui selon Paris-Match prend Xavier Niel « pour un gaucho ». Il lui reproche notamment d’avoir investi dans Backchich et Mediapart, deux médias qui ne brillent pas par un sarkozisme débordant. Plus récemment, Sarkozy a tout fait pour empêcher la reprise du Monde par le trio Niel-Bergé-Pigasse, sans succès.

Après un long feuilleton interminable, Free a finalement obtenu la licence 3G qu’il lui fallait, en décembre 2009. Au grand dam de Martin Bouygues – l’ami intime de Nicolas Sarkozy, qui avait déclaré à propos de Free Mobile qu’il n’était pas question de « laisser les romanichels venir sur les pelouses » de son château Bouygues Telecom (c’était un an avant que les roms ne fassent l’actualité…).

Mais voilà comment Xavier Niel aurait obtenu le précieux sésame, grâce au soutien osé de François Fillon :

Au moment de l’attribution de la quatrième licence d’opérateur de téléphonie mobile, Sarkozy militait contre Free, sans doute pour défendre les intérêts de son ami intime Martin Bouygues. Pour parvenir à ses fins, Niel aurait donc contourné le chef de l’Etat avec l’appui de François Pérol, l’ex-secrétaire général adjoint de l’Elysée, et du Premier ministre lui-même : « Fillon a fait adopter le texte en Conseil des ministres en vitesse pendant que Sarko était sorti répondre à un appel ! Et il a signé le décret en profitant de son malaise vagal », assure Niel.

Le scénario est surréaliste, mais plausible. En novembre 2008, La Tribune avait publié une note de Matignon qui qui montrait que le cabinet du premier ministre souhaitait favoriser l’entrée d’un quatrième opérateur sur le marché de la téléphonie mobile, contrairement aux souhaits du Président. Le décret et l’arrêté permettant l’appel d’offres sont datés du 29 juillet 2009, or c’est le 26 juillet 2009 que Nicolas Sarkozy avait été hospitalisé pour son malaise vagal.

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