Alors que plusieurs éditeurs français se méfient de Google, Hachette a décidé de signer un accord sur la numérisation d'ouvrages épuisés. L'accord portera sur près de 50 000 ouvrages. Néanmoins, le groupe continue de soutenir solidairement l'action en justice menée par le Syndicat National de l'Edition contre Google.

L’édition française ne présentera donc pas un front commun et uni face à Google. Alors que plusieurs éditeurs ont décidé d’attaquer en justice le géant du web, Hachette a annoncé a signature d’un accord sur la numérisation avec la firme américaine. Ce partenariat portera sur des livres épuisés issus du catalogue du groupe Hachette. Le Figaro, qui rapporte l’information, indique que cela concernera entre 40 000 et 50 000 ouvrages.

« Nous avons décidé de distinguer le passé de l’avenir. Les agissements passés de Google ont déclenché une plainte et le procès ira jusqu’au bout. Mais nous avons décidé d’aller de l’avant et de passer un accord pour trouver enfin un accord légal à la numérisation des livres épuisés par Google » a expliqué Arnaud Nourry, le directeur général de Hachette Livre.

En décembre 2009, l’éditeur La Martinière et le Syndicat National de l’Edition, dont Hachette est membre, ont obtenu une victoire judiciaire devant le tribunal de grande instance de Paris. Le géant américain, qui a fait appel, a été condamné à verser 300 000 euros de dommages et intérêts et devra s’acquitter d’une astreinte de 10 000 euros par jour tant que les documents concernés figureront sur Google Livres.

Fin mars, plusieurs éditeurs français (Albin Michel, Flammarion, Eyrolles et Gallimard) ont entamé des actions en justice contre Google. Ils reprochent à la firme américaine de violer leur propriété intellectuelle en numérisant les ouvrages français disponibles dans les bibliothèques américaines, pour ensuite en diffuser des extraits sur la bibliothèque numérique de Google.

La défiance des éditeurs français intervient à l’heure où le livre numérique se développe rapidement, notamment outre-Atlantique. L’an dernier, Amazon avait annoncé que les ventes d’ouvrages numérisés avaient été supérieures à celles des livres physiques pendant la période de Noël. Une étude de Forrester publiée au début du mois a enfoncé le clou, en affirmant que ce marché pèse désormais près d’un milliard de dollars.

« Non seulement les éditeurs doivent considérer le numérique sérieusement, mais en plus ils doivent en faire le nouveau mode de diffusion par défaut pour l’édition, afin de se préparer au jour où la publication de livres physiques sera une activité secondaire qui soutiendra l’économie de l’édition numérique. Et cet énorme retournement se produira plus rapidement dans l’édition que dans les autres secteurs de médias » avait prévenu un analyste de Forrester.

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