Alors qu'il circule depuis plus de 10 ans sur les réseaux P2P, Apple vend depuis mardi l'intégrale des Beatles sur iTunes sous forme dématérialisée, pour 150 euros. Une somme équivalente à 1 an d'abonnement sur Deezer ou Spotify, qui proposent des millions de chansons en écoute illimitée. Ou l'art de faire du vieux avec du vieux.

Lorsque la rumeur de l’arrivée du catalogue des Beatles sur iTunes a refait surface ce mardi matin, nous avions du mal à y croire. D’abord parce que cela fait quatre ans qu’à chaque fois qu’Apple annonce une nouveauté sur iTunes, la rumeur des Beatles est rejouée tel un disque rayé que l’on a de plus en plus de mal à écouter. Ensuite parce qu’Apple avait promis qu’aujourd’hui serait un jour « que vous n’oublierez jamais« , et qu’il y a franchement beaucoup plus marquant dans la vie d’un homme que l’arrivée des Beatles sur iTunes.

Et pourtant, alors que l’on s’attendait à l’annonce d’une version cloud d’iTunes et d’une formule d’abonnement, c’est bien l’arrivée du catalogue des Beatles sur iTunes qui a justifié tout ce teasing moisi comme une vieille pochette de John Lennon oubliée dans le garage humide de grand-mère. La firme de Cupertino s’émerveille d’avoir mis en vente pour 149 euros le Beatles Box Set, qui regroupe 13 albums du groupe légendaire et une compilation double album de tous les 45 tours.

Tout ça pour ça. Et pour qui ? On trouve déjà depuis plus d’un an le coffret 16 CD dans les boutiques, et surtout l’intégrale des Beatles existe depuis très longtemps sur Internet, en version pirate. La lenteur des ayants droit à se mettre d’accord avec une plateforme de musique en ligne avait même permis à un Brésilien de créer son marché noir, ce qui lui a valu de passer 18 mois en prison.

Le comble du ridicule a été atteint lorsqu’un distributeur a proposé un pack réunissant un iPod de 120 Go, vierge, accompagné d’un coffret de 15 albums CD. L’utilisateur devait alors les numériser lui-même pour les transférer sur son baladeur MP3.

L’arrivée du catalogue des Beatles sur iTunes n’est un évènement pour personne, si ce n’est pour Apple lui-même, qui met fin à un vieux feuilleton et gagne le droit d’exploiter les chansons des Fab Four dans ses publicités.

Mais qui souhaite aujourd’hui dépenser 150 euros dans 16 albums numériques sur iTunes, alors que la même somme permettrait de s’offrir un an d’abonnement illimité sur une plateforme comme Deezer ou Spotify ?

L’annonce n’a aucun intérêt, si ce n’est de mettre en évidence ce scandale. Faute de licence de gestion collective obligatoire, l’album des Beatles ne sera disponible que sur iTunes, et pas sur les autres plateformes de musique en ligne.

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