Aux États-Unis, le FBI a ouvert une enquête sur les nombreuses attaques DDOS qui ont frappé les sites des ayants droit et des organisations chargées de protéger les intérêts de l'industrie du divertissement. Depuis deux mois, de nombreuses attaques informatiques ont touché des sites en Amérique du Nord, en Europe et en Asie.

Ce n’est certainement pas Gene Simmons qui va s’en plaindre. Le bassiste de Kiss, qui promettait une lutte sans merci contre les membres de la communauté Anonymous, sera ravi d’apprendre que le FBI a décidé d’ouvrir une enquête sur les attaques DDOS qui ont frappé plusieurs sites web d’ayants droit et d’organisations chargées de défendre leurs intérêts.

Selon CNET, qui s’appuie sur une source proche de l’enquête, les autorités fédérales ont commencé à coopérer étroitement avec les différentes organisations concernées pour faire la lumière sur plus de deux mois d’attaques informatiques. Pour mémoire, les attaques DDOS permettent de surcharger un serveur en le sollicitant avec un maximum de requêtes. L’objectif étant de rendre un site web ou un service indisponible.

Les actions menées par certains membres de la communauté Anonymous auraient causé plus de 537 heures d’interruption, en date du 12 octobre 2010. Les sites attaqués n’étaient pas seulement américains, mais également anglais, espagnols ou encore français. D’autres sites web en Europe ont été visés, ainsi qu’un site web en Inde. Mais l’utilité réelle de ces attaques fait débat.

En effet, si les vitrines numériques des ayants droit et des organisations en charge de la défense de la propriété intellectuelle ont été indisponibles pendant un temps, cela ne les a jamais empêché d’avoir accès aux membres du Congrès américain pour inciter les élus à aller dans un sens plutôt que dans un autre. Par certains aspects, d’aucuns ont même estimé que les attaques DDOS étaient contre-productives.

Récemment, un étudiant américain a été condamné à 30 mois de prison et a des dommages et intérêts 50 200 dollars pour avoir lancé des attaques DDOS contre plusieurs sites web politiquement orientés. L’enquête menée par le FBI, si elle aboutit, pourrait potentiellement conduire à de nouvelles arrestations et à des sanctions similaires.

Ces récents cas de sabotage électronique ont donné du grain à moudre à la RIAA pour critiquer le silence l’Electronic Frontier Foundation. « Le silence est assourdissant. Où est l’indignation ? Apparemment, tous les droits de liberté d’expression du premier amendement [de la constitution américaine] ne sont pas égaux » a déclaré le porte-parole Jonathan Lamy.

« Il est troublant de voir que ces organisations semblent plus préoccupés par les droits de ceux qui volent et copie des films, de la musique et des livres que les droits des travailleurs américains qui produisent ces contenus » a-t-il ajouté. Des propos qui ont conduit à une réaction inévitable de l’EFF, expliquant que l’organisation « ne commente généralement les attaques DDOS« .

L’EFF explique ne pas vouloir offrir une tribune supplémentaire aux auteurs de ces attaques, qu’elle n’encourage évidemment pas. Quant aux appels de l’industrie du divertissement réclamant une condamnation des attaques DDOS, l’EFF rétorque plutôt qu’il serait plus productif de parler de la source du problème, la propriété intellectuelle. Selon elle, les attaques DDOS sont une malheureuse conséquence de l’inadaptation des droits d’auteur à l’heure du numérique.

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