Les labels indépendants réclament encore une taxe illégitime sur les FAI

Guillaume Champeau - publié le Mercredi 15 Septembre 2010 à 12h56 - posté dans Musique Numérique

Maintenant que l'Hadopi est mise en place et prête à fonctionner, l'Union des Producteurs phonographiques Français Indépendants (UPFI) insiste pour que le gouvernement taxe les FAI au bénéfice d'un fonds de soutien à la création musicale. Mais sa demande se fonde sur un égocentrisme illégitime.

C'est dire l'espoir qu'ils fondent dans le succès de la riposte graduée. Sans même attendre l'envoi des premiers e-mails et les premiers rapports sur l'impact de la campagne de l'Hadopi sur la "consommation légale" d'oeuvres musicales en ligne, l'Union des Producteurs Français Indépendants (UPFI) demande la création d'une taxe sur le chiffre d'affaires des FAI, au bénéfice de la musique.

"Le plan " Musique " du Gouvernement est un échec", constate sévèrement l'organisation des labels indépendants, qui regrette "son manque d'ambition initiale ainsi que la mise en place partielle par le Gouvernement des préconisations issues du rapport " Création et Internet "". Il avait été question notamment dans ce rapport salué par Nicolas Sarkozy de la Carte Musique Jeune, plusieurs fois reportée, ou de la taxation des revenus publicitaires des moteurs de recherche, Google en tête. Le rapport Zelnik préconisait aussi la mise en place d'une licence de gestion collective, cependant unanimement rejetée par les producteurs qui veulent garder leur droit d'interdire aux plateformes légales d'exister.

L'UPFI, qui perd patience après avoir déjà formulé des doléances similaires au mois de juin, demande au gouvernement de transposer à la musique le modèle de contribution des FAI au financement du cinéma, via la fameuse taxe COSIP. "Le cinéma français, en particulier le cinéma d'auteur, peut envisager l'avenir avec sérénité", écrit l'UPFI qui ne craint pas les foudres du monde du cinéma qui ne cesse lui aussi d'en demander toujours plus. "En ce qui concerne la musique, les chantiers prioritaires sont la mise en place d'une contribution des FAI au financement de la production française sur le modèle du cinéma, via la création d'un compte de soutien à la production musicale, ainsi que l'aménagement tant attendu de l'incitation fiscale à la production musicale dont les modalités d'accès, le taux et les plafonds actuels ne permettent pas d'accompagner une prise de risque qui est devenue insupportable".

"Les réseaux servent à accéder aux contenus"

Sans que l'on sache très bien ce qu'elle a en tête, l'UPFI demande aussi au gouvernement "d'adapter la régulation de la diffusion de la musique" à l'ère du numérique de manière à favoriser la production francophone, à l'image des quotas sur les radios. Mais l'on voit mal comment une telle régulation peut s'opérer sur les services de consommation de musique à la demande, qui par définition ne font pas l'objet de programmation musicale. C'est encore plus difficile avec les services basés sur les réseaux sociaux, où la musique suggérée est celle écoutée par les amis des amis.

L'UPFI a-t-elle vraiment compris ce qu'Internet changeait ? Dans son communiqué, l'Union des labels indépendants écrit dès la première phrase que "les réseaux servent à accéder aux contenus", que "les citoyens/consommateurs s'abonnent à ces réseaux pour accéder à tous ces contenus", et donc que "les réseaux doivent alors financer en partie la production de ces contenus". A aucun moment elle ne réalise qu'en 2010, l'essentiel des contenus disponibles sur Internet sont produits par les citoyens/consommateurs eux-mêmes. Faudrait-il qu'ils payent une taxe reversée à eux-mêmes ?

On pourrait aussi renverser le syllogisme : les réseaux permettent d'accéder aux contenus, les artistes/producteurs utilisent les réseaux pour diffuser leurs contenus, donc les contenus doivent financer en partie le développement des réseaux. Ca ne serait pas plus idiot, ni moins légitime. Et c'est d'ailleurs en pratique ce qu'il se passe, lorsque chaque éditeur de site, blogueur ou simple internaute qui envoie une vidéo sur Youtube paye sa facture ADSL ou sa facture d'hébergement.

Publié par Guillaume Champeau, le 15 Septembre 2010 à 12h56
 
 
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Commentaires à propos de «Les labels indépendants réclament encore une taxe illégitime sur les FAI»
 

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UPFI avec son "Les réseaux servent à accéder aux contenus" montre qu'ils ne connait pas du tout le fonctionnement d'internet et entre dans ma liste noire (c'est a dire les gens a boycotter et faire chier jusqu'au bout)
C'est bien un internet a sens unique auquel ils pensent (tous, gouvernements, medias etc) et il faut y mettre un frein immediatement par n'importe quel moyen.
Dîtes-moi vous tâclez sévère en ce moment.
J'aurais jamais vue un secteur aussi subventionner comme des porcs que celui de la musique ou du cinéma.

Par contre,réduire les effectifs dans les services a la personne,no problem,c'est pas vitale...
Bref : Appât du gain = taxe Internet...
A quand la taxe des FAIs pour les voitures, la pâté pour chat et les tampons?
UPFI merci d'arrêter de vous tourner les pouces et faîtes un vrai travail, merci.
Surtout que le niveau musical a tellement baissé ces derniers années qu'on est en droit de se demander ce qu'ils veulent financer... (ceci dit, si on veut entendre des choses intéressantes, c'est probablement vers les indépendants qu'ils faut se tourner).

C'est bien qu'il y ait des labels indépendants, mais s'ils se mettent en travers d'Internet, bye bye. Entre Musique et Internet, c'est Internet le plus important.

S'ils pouvaient éviter de nous demander de faire un tel choix. Des gens qui bossent dans la Musique et qui pestent contre Internet, non vraiment, je ne comprends pas.
Aaah Internet ! Ce repère de nazis, de négationnistes, la poubelle sociale, le tout à l'égout.
Mais quand il s'agit d'en profiter pour pomper de l'argent aux FAI, là, ça ne gène personne.
Ce dicton prend ici toute sa valeur : "L'argent n'a pas d'odeur".
Quelle bande de rapaces !
Je ne comprends pas non plus mais bon vu les propos tenu on voit bien qu'ils veulent juste gagner de l'argent facile en plus ...
Dix ans après, leur créativité et imagination se limitent à "taxons ceux qui innovent". Ils sont pas sortis de l'auberge, eux.

Au fait, pour la taxe, c'est NON !
C'est la curée !!!

Les charognards sont lâchés. Comme des mouches sur une grosse mer...
Ahhh... Mais ce ne sont que les indep français !

Mouais. A croire que c'est devenu un reflexe français de vouloir taxer internet.
"[...]de manière à favoriser la production francophone[...]"

Tiens, une idée : si au lieu d'exiger un protectionnisme pathétique, ils produisaient de la musique digne de ce nom et pas des machins comme BB Brunes, le groupe de gourdes qui s'habillent en Jennifer, ou du rap à 2 balles... Ah non, c'est vrai, trop compliqué.
-"Si on taxe tous les FAI du monde riche de 1 euro/dollar par mois et par ménage, on recoltera quelques milliards par an pour lutter contre la malnutrition et la mortalité infantile dans le tiers monde".
- "Mais vous n'etes pas sérieux, voyons! Trop d'impot tue l'impot! Taxer freine la croissance, entrave l'économie, détruit des emplois, pénalise les pays emergeants, et cela encourage l'assistanat. Vous le savez bien, depuis qu'on vous le répète jour apres jour".
-"Oui, vous avez raison. Mais alors peut être que nous pourrions taxer les internautes francais de disons, 5 euros par mois, comme ca, sans contrepartie, juste pour qeu Johnny Halliday et Doc Gynéco profitent au mieux de leur bouclier fiscal?"
-"Ah, voila une bonne idée. je suis content que vous soyez devenu raisonnable".
Question conne mais Magnatune est bien indépendant, son catalogue est sous licence Creative Commons By-Nc-Sa, et ils gagnent de l'argent (et leurs artistes aussi), pour de vrai, depuis des années, sans vouloir taxer qui que ce soit. Pourquoi l'UPFI ne prend pas exemple sur Magnatune ?
ddelenda, le 15/09/2010 - 14:11
-"Si on taxe tous les FAI du monde riche de 1 euro/dollar par mois et par ménage, on recoltera quelques milliards par an pour lutter contre la malnutrition et la mortalité infantile dans le tiers monde".
- "Mais vous n'etes pas sérieux, voyons! Trop d'impot tue l'impot! Taxer freine la croissance, entrave l'économie, détruit des emplois, pénalise les pays emergeants, et cela encourage l'assistanat. Vous le savez bien, depuis qu'on vous le répète jour apres jour".
-"Oui, vous avez raison. Mais alors peut être que nous pourrions taxer les internautes francais de disons, 5 euros par mois, comme ca, sans contrepartie, juste pour qeu Johnny Halliday et Doc Gynéco profitent au mieux de leur bouclier fiscal?"
-"Ah, voila une bonne idée. je suis content que vous soyez devenu raisonnable".

+1 c'est exactement ça ^^
filière agricole, filière du divertissement, même combat: subventions , taxe, protectionnisme...
Comment favoriser l'innovation à l'air du web 2.0 (1.0 ? on regresse nan ?), vite vite vite une taxe + une taxe + une taxe...

C'est beau. Honnetement j'aimerais bien dire on va sortir le pop corn et les regarder se bouffer le nez entre eux. Parce que quand ils ont un intérêt commun tous, là, pas de soucis. Le jour où la situation se renverse, on rigole bien à voir les retournements de vestes. Mais malheureusemnt vous savez qui payera l'addition au final ?? je vous fais pas un dessin si ?

Je trouve ça très cool de me dire que dans quelques années, mois...je vais payer mon abo internet plus cher, avec moins de contenu et que en plus je serais fliqué "pour ma propre sécurité" bien entendu...

Merci pour votre dernier paragraphe.
- Assez du cortège des pleureuses, qui crient famine assis sur 1 tas de blé et qui prennent les internautes pour des vaches à lait ! Ils se croient encore aux temps des privilèges & des fermiers généraux qui grevaient de taxes le royaume de France avant 1789 .

Pour aplanir ces demandes de nouveaux privilèges du Copyright, qui fleurissent de + en + ; rien de tel qu'une licence globale mutualisée + une réduction drastique des droits d'auteurs à 20 ans ( & la suppression des droits voisins ) ! ...ça leur rabattra leurs caquets ....
àa leur foulerait le *** d'innover pour une fois ?
De faire un pas en avant, et pas de venir chialer aux bottes de ce gouvernement comme des gosses capricieux et en réclamant des taxes à tout va ?

"Fonds de soutien"...s'ils veulent du fric, ils n'ont qu'à lancer un appel aux dons comme les associations ou se magner les fesses...est-ce qu'on taxe les gens pour soutenir la lutte contre le cancer ?

Plus généralement, est-ce qu'une PME se plaint au gouvernement quand ses revenus diminuent de moitié, ou coule carrément, notamment à cause de la crise ?

àa fait partie de la vie d'une entreprise de mourir, des boîtes ont connu une véritable apogée avant de s'effondrer lamentablement.
àa n'a pas à se dérouler autrement pour l'industrie culturelle, tant qu'ils resteront dans leurs bureaux à attendre que le fric rentre sagement dans leurs caisses.
" A aucun moment elle ne réalise qu'en 2010, l'essentiel des contenus disponibles sur Internet sont produits par les citoyens/consommateurs eux-mêmes. Faudrait-il qu'ils payent une taxe reversée à eux-mêmes ? "

Foutaises que cela.
Si vous avez une collection d'enregistrements, ou une bibliothèque, tous deux constitués d'après des contenus collectés sur Internet, Cher Guillaume Champeau, pourrez-vous me dire vos albums préférés qui ne sont pas l'eouvre d'un producteur professionnels, ou vos livres préférés, qui n'ont pas été publiés par un éditeur professionnel ?

Merci de renseigner...
Cordialement
Yves
Surtout que le niveau musical a tellement baissé ces derniers années qu'on est en droit de se demander ce qu'ils veulent financer...
Il ne tient qu'à toi, qu'à moi et à nous tous de faire en sorte qu'il monte. Il suffit d'arrêter d'acheter, de regarder, de télécharger, de pomper, d'écouter tout ce qui est médiocre.

Dis-toi bien que les maisons de disques (surtout les plus grosses) produisent ce que NOUS leur demandons de produire.

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