La Haute Autorité va devoir composer avec un nouvel adversaire. SOS-Hadopi se présente un service payant visant à fournir une aide légale aux internautes victimes des dérives de la Hadopi. L'objectif sera de permettre aux internautes de prouver leur innocence sans avoir besoin d'utiliser un quelconque logiciel espion.

La semaine dernière, le secrétaire général de la Haute Autorité rappelait lors d'un chat avec les internautes que les premiers courriers d'avertissements allaient être envoyés très prochainement. À l'époque, Eric Walter ne s'était pas inquiété outre mesure du recours en référé déposé par FDN. "Nous attendons les résultats de la procédure en confiance et ne modifions pas notre calendrier dans cette attente" avait-il alors déclaré.

Il ne s'est pas non plus attardé sur la défiance de Free, qui refuse d'identifier les adresses IP des internautes suspectés d'enfreindre le droit d'auteur, tant que la question de l'indemnisation n'est pas résolue. Et la perspective d'une solution semble s'éloigner, puisque un porte-parole du ministère de la culture avait expliqué cet été que le gouvernement ne comptait pas prendre en charge ces frais d'identification.

À ces deux épines va venir s'ajouter une troisième dans quelques jours. En effet, le site SOS-Hadopi sera mis en ligne le 15 septembre prochain. Se présentant comme "un service d'assistance technique et juridique qui propose d'aider les internautes face au délit de négligence caractérisée instauré par la loi Hadopi", le service, qui sera payant, sera présenté le 13 septembre prochain à La Cantine.

Les instigateurs de ce projet ne sont pas totalement étrangers à cette loi. En effet, deux des trois fondateurs se sont illustrés par le passé avec ce texte. Renaud Veeckman avait déposé la marque Hadopi à l'Institut National de la Propriété Intellectuelle (INPI), six mois avant le ministère de la culture et de la communication. Le particulier est également à l'origine d'une plate-forme légale, Apiadopi.

Renaud Veeckman s'est associé à Christophe Berhault et Jérôme Bourreau-Guggenheim pour fonder SOS-Hadopi. Ce dernier s'est fait connaitre suite à son licenciement de TF1 pour avoir exprimé des opinions privées contre la loi Hadopi auprès de sa député UMP Françoise de Panafieu. L'affaire fut classée sans suite par le Tribunal de Grande Instance de Nanterre. Depuis, il avait monté sa propre association.

"Du fait de la complexité et du cynisme du dispositif imposé par la Hadopi, l'internaute se retrouve dans une situation d'insécurité permanente, où il sera obligé d'installer un logiciel dit de " sécurisation ", véritable spyware censé consigner l'ensemble de ses activités numériques" est-il expliqué sur la page de La Cantine.

"Par analogie, dans le monde réel, cela reviendrait à installer une caméra de surveillance dans son appartement afin de surveiller ses moindres faits et gestes. Chacun comprendra qu'il s'agit d'une atteinte violente à la vie privée, ainsi qu'au principe de la présomption d'innocence". L'objectif est donc de permettre "aux internautes de prouver leur innocence sans avoir recours à l'installation de ce logiciel espion".

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