Renaud Veeckman, propriétaire de la marque Hadopi qu'il a déposée six mois avant le gouvernement, prévoit le lancement en septembre 2010 d'une plateforme de contenus culturels faisant la part belle aux créateurs.

La blague n’a pas dû être du goût du ministère de la Culture, mais Renaud Veeckman va au bout de ses idées. Le 16 mai 2009, six mois avant que la Rue de Valois n’entreprenne elle-même la démarche, ce particulier avait déposé la marque Hadopi auprès de l’Institut National de la Propriété Intellectuelle (INPI) pour en revendiquer la propriété exclusive. Il avait alors annoncé son intention de monter une plateforme de téléchargement sous ce nom, reconnaissant un caractère « impertinent » et « second degré » à sa démarche.

Finalement, sans doute par crainte de voir le gouvernement activer l’article L721-6 du code de la propriété intellectuelle, c’est sous le nom de Apiadopi que devrait s’ouvrir le service de M. Veeckman. Le site Apiadopi.fr informe ainsi de l’ouverture prochaine à cette adresser d’une « plateforme mutualiste de diffusion et de téléchargements de contenus légaux et rémunérés« .

La plateforme qui proposera à la fois musique, films, vidéo, textes et photographies « reposera sur le principe de juste rétribution des créateurs. La clef de répartition qui sera mise en œuvre sera de 70 % pour les déposants et de 30 % pour la plateforme« . Le créateur qui déposera son œuvre sur Apiadopi fixera lui-même le prix de vente de son œuvre, et toutes seront rémunérées selon la même règle de répartition.

Selon Renaud Veeckman, qui fustige la gourmandise des intermédiaires responsables des difficultés de Deezer, « les modèles qui régissent – aujourd’hui – l’économie culturelle ne sont plus satisfaisants ni pour les créateurs ni pour les consommateurs« . « Seuls quelques acteurs (majors, sociétés de production télévisuelles, grands médias) monopolisent l’espace culturel en s’arcboutant sur des schémas dépassés. Ils empêchent, par là-même, l’émergence et le développement de projets viables et alternatifs« , critique-t-il.

Apiadopi doit ouvrir ses portes en septembre 2010. Pas sûr que d’ici là les premiers avertissements aient été envoyés, quand bien-même le gouvernement et les majors tentent de faire croire qu’ils partiront avant l’été.

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