SCPP : la disparition de Jiwa ne doit pas servir à l'expropriation des droits
Julien L. -
publié le Samedi 07 Août 2010 à 09h29 -
posté dans Société 2.0
Quelques mois après ce coup d'éclat, force est de constater que la situation n'a pas changé. Ou plutôt si : Jiwa a fermé ses portes, restreignant un peu plus la diversité de l'offre légale. Pour le gouvernement, la fermeture de cette plate-forme ne pouvait pas plus mal à tomber, à l'heure où la Hadopi se met en marche. Car en plus du volet répressif, la loi devait également offrir une alternative crédible pour inciter les internautes à revenir sur le chemin de la légalité. En charge des questions du numérique au gouvernement, Nathalie Kosciusko-Morizet a été en première ligne sur ce sujet. Dès qu'elle a su pour Jiwa, elle s'est empressée de rappeler que le rapport Zelnik "contenait les bonnes réponses", comme la licence de gestion collective. Une position qu'elle a eu l'occasion de réaffirmer et de développer lors d'un entretien téléphonique avec BFM Radio. Mais cet activisme du gouvernement autour d'une entreprise faisant faillite n'est pas du goût de tout le monde. Dans un communiqué de presse, la Société Civile des Producteurs Phonographiques (SCPP) a manifesté son "étonnement" après les déclarations tenues par NKM. Pour la société en charge de la gestion des droits des producteurs, "il n'existe [...] aucun motif d'ordre juridique, économique ou culturel pour justifier l'expropriation des droits des artistes interprètes et des producteurs de phonogrammes" à travers l'idée d'une telle licence étendue aux webradios. Pour la SCPP, la disparition de Jiwa est certes malheureuse, mais cela ne constitue pas une fin en soi. "La SCPP rappelle qu'il existe chaque jour des défaillances d'entreprises dans notre pays, notamment parmi les startups Internet, et que ceci ne conduit pas heureusement les responsables politiques à réclamer l'expropriation de leurs droits de leurs malheureux créanciers" poursuit le communiqué. Et la SCPP de rappeler "le succès des entreprises comme Deezer ou Spotify, qui sont aussi sous contrat avec la SCPP ou ses sociétés soeurs". Un succès qui prouverait que "la négociation contractuelle, dans un cadre collectif ou individuel, n'est pas un obstacle au développement de l'économie numérique". Jiwa serait-il donc le propre artisan de sa défaite ? La SCPP ne va pas jusque-là. Néanmoins, la société de gestion note que "Jiwa, titulaire de plusieurs contrats avec la SCPP notamment pour ses activités de webradios, n'a jamais acquitté les modestes sommes qu'elle lui devait depuis 2008 et que c'est n'est donc pas ces paiements aux producteurs de phonogrammes qui sont à l'origine de ses difficultés actuelles". La SCPP rappelle d'ailleurs dans son communiqué qu'elle ne demande que 600 euros par an pour les petites webradios et que 130 contrats différents sont actuellement en vigueur avec des webradios commerciales ou associatives. Du côté de l'ADAMI, les propos sont plus nuancés. Citée par PC INpact, la société civile pour l'administration des droits des artistes et musiciens interprètes estime que la disparition d'une solution légale comme Jiwa est une "très mauvaise nouvelle pour la diversité musicale sur Internet". En effet, alors que des acteurs français cherchent à se faire une place, l'ADAMI rappelle que la boutique iTunes domine le marché. "Le secteur de la musique sur internet (téléchargement et streaming) est dominé à 70% par un seul opérateur (iTunes). L'Adami estime donc vital que tout soit mis en oeuvre pour garantir la pluralité des offres et tout particulièrement des offres françaises" explique la société de perception des droits. Pour remédier à cela, seule la licence de gestion collective ferait l'affaire. "L'accès aux catalogues musicaux doit être facilité par des mesures de régulation que seul l'État peut impulser. Le rapport de la mission Création et Internet dirigée par Patrick Zelnik et sa principale recommandation de mise en oeuvre d'une gestion collective des droits musicaux sur internet interviendra-t-il trop tard ? En effet de nombreuses autres plateformes françaises ou européennes connaissent également de sérieuses difficultés" explique l'ADAMI, toujours cité par nos confrères. Sans surprise, les intérêts des différents acteurs continuent donc de diverger fortement. On imagine mal qu'un consensus puisse être trouvé d'ici la fin de l'année pour assouplir le marché de l'accès aux catalogues. Cependant, la situation pourrait néanmoins se débloquer en décembre. Le rapport Zelnik avait indiqué que si les différentes parties ne parvenaient pas à un accord, le législateur pourrait alors intervenir et régler la question à travers une loi. Mais les parlementaires en auront-ils la volonté politique ? à lire aussi
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Commentaires à propos de «SCPP : la disparition de Jiwa ne doit pas servir à l'expropriation des droits»
Roooh les vilains menteurs.
"La SCPP rappelle qu'il existe chaque jour des défaillances d'entreprises dans notre pays, notamment parmi les startups Internet, et que ceci ne conduit pas heureusement les responsables politiques à réclamer l'expropriation de leurs droits de leurs malheureux créanciers" En même temps, quand on fait dans la musique, on doit forcément négocier avec ceux qui détiennent le monopole des droits d'exploitations de certains artistes. Et donc se plier à leur dictature financière. Il ne s'agit ni de contrat ni d'accord, il s'agit d'une mafia : si tu veux vendre sur mon terrain, tu dois me payer tant. Si tu n'y arrive pas, on te casse les jambes. Et Jiwa, cul-de-jatte, s'est cassé la gueule. De même, "le succès des entreprises comme Deezer ou Spotify" est très relatif. Deezer a quand même failli fermer avant de trouver chez Orange une source financière providentielle, et Spotify n'est pas français, ce n'est donc pas dans l'alternative française au partage de fichiers par P2P. Et si on ne peut pas construire de solution en France, alors on continuera avec le problème (qui n'en est pas un pour tout le monde). C'est aussi simple que ça. Si les producteurs sont des ayants droits tous les ayants droits ne sont pas producteurs. La Sacem n'impose pas un droit d'accès aux oeuvres à tarif exorbitant, elle perçoit simplement des redevances en proportion des bénéfices de la plateforme. Quant aux artistes interprètes ils n'ont pas leur mot à dire et ils ne sont pas rémunérés pour l'utilisation de leurs oeuvres. Il eût été intéressant, instructif, informatif, profitable au lecteur d'évoquer le détail d'un tel fonctionnement des webradios, les prétentions des producteurs de la SCPP, c'est à dire les majors. On aurait pu aussi considérer la position de la SPPF, c'est à dire des producteurs indépendants, qui ont tout à gagner du recours à la gestion collective. En effet, à mon avis, une webradio saignée à blanc par les majors n'a plus d'argent pour acheter leur catalogue. On a raté l'occasion de faire un article intelligent.
Mais il faut distiller la propagande. Il faut forger l'image de l'ayant droit, incarnation du mal absolu aux yeux du téléchargeur compulsif. On mélange, on amalgame sans nuance, tout comme Sarkozy qui fusionne français depuis des siècles, gens du voyage, Roms, étrangers et délinquants en une seule entité, boucs émissaires qu'il montre pour exorciser les problèmes du pays et masquer les affaires gênantes. C'est le même procédé et ça se voit. Sûr qu'en demandant une rente de plusieurs centaines de milliers d'euros avant même d'avoir laissé se consolider un modèle financier et sans même se soucier du chiffre d'affaire, on laisse autant de chance à Jiwa ou tout autre start-up du genre de défaillir que dans n'importe quel autre secteur de l'économie - oui, "autant". Le piratage est loin, très loin, d'être le seul fautif dans cette histoire.
Monopole de iThune pour la distribution, oligopole de la Bande des 4 pour la détention des droits, pour les artistes maqués c'est mal barré...
Il est amusant de constater que lorsque certaines entreprises sont mal gérées et ne s'adaptent pas au marché, on les subventionne, et que ces dernières pointent du doigt la mauvaise gestion de ceux qui essaient d'intégré le nouveau modèle...
Désolés mais pour les indépendants, ils se sont déjà manifestés contre une gestion collective des droits voisins. Après l'article parle de la SCPP qui ne concerne que les producteurs alors pourquoi vouloir ramener la sacem dans le champs de la discutions sinon pour faire l'amalgame.
Reste enfin que lors des discutions de dadvsi et plus récemment lors d'hadopi, la sacem a pris position contre l'extension des licences radios aux webradios. Hogx, j'allais le dire.
Tout ces gros hypocrites sont bien content de toucher des revenus de substitution grace à la taxe pour copie privée (au passage taxe qui sers juste à les engraisser un peu plus, car les bénfice des industries du disque et du cinéma ne cessent d'augmenter) ou encore de faire voter des lois pour tenter de préserver leur business basé sur un modèle complétement éculer. Donc pour une fois qu'on les rappelle à l'ordre, messieurs ne sont pas content. Enfin comme dirais l'autre... "selon que vous serez puissant ou misérable..." "La SCPP rappelle qu'il existe chaque jour des défaillances d'entreprises dans notre pays, notamment parmi les startups Internet, et que ceci ne conduit pas heureusement les responsables politiques à réclamer l'expropriation de leurs droits de leurs malheureux créanciers"
excellent !! Nous obtenons des lois sur mesure car notre système est très lucratif (non les artistes ce n'est pas à vous que je parle) mais les autres sociétés, vous n'avez pas à vous défiler. Adaptez-vous à votre marché ! bourgpat, le 07/08/2010 - 12:02 Désolés mais pour les indépendants, ils se sont déjà manifestés contre une gestion collective des droits voisins. Après l'article parle de la SCPP qui ne concerne que les producteurs alors pourquoi vouloir ramener la sacem dans le champs de la discutions sinon pour faire l'amalgame. Reste enfin que lors des discutions de dadvsi et plus récemment lors d'hadopi, la sacem a pris position contre l'extension des licences radios aux webradios. Makhno, le 07/08/2010 - 10:54 Mais il faut distiller la propagande. Il faut forger l'image de l'ayant droit, incarnation du mal absolu aux yeux du téléchargeur compulsif. On mélange, on amalgame sans nuance...Lecteur de Numerama = téléchargeur compulsif ? Dans le genre mélange et amalgame sans nuance, c'est du solide. |
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en ce qui concerne le fait de creer une gestion collective pour les producteurs sur le modele de ce qui se fait pour les auteurs et bien je dis pourquoi pas , mais cela ne doit pas aboutir à des candidatures farfelues pour la distribution de musique sur le net!