C'est une opération spectaculaire qui a eu lieu ces jours-ci. L'un des départements de la sécurité intérieure américaine a réussi à mettre à terre pas mois de neuf sites accusés de pirater des contenus protégés par les droits d'auteur. Signe que l'administration Obama est déterminée à "défendre vigoureusement" la propriété intellectuelle.

Les autorités américaines avaient été très claires. L’administration Obama mettra tout en œuvre pour mettre un terme au piratage des contenus protégés par la propriété intellectuelle, quand bien même les serveurs en question sont hébergés à l’étranger. Hier, le premier coup a été porté avec succès puisque neuf sites web ont été démantelés.

Selon le communiqué de presse de l’U.S. Immigration and Customs Enforcement (ICE), une branche du Département de la Sécurité intérieure des États-Unis, « l’enquête a abouti à la mise en place de mandats de perquisition fédéraux pour des contenus et des noms de domaine situés aux États-Unis et aux Pays-Bas« .

Les noms de domaine visés étaient les suivants : tvshack.net, movies-links.tv, filespump.com, now-movies.com, planetmoviez.com, thepiratecity.org, zml.com, ninjavideo.net et ninjathis.net. Des noms de sites web qui, a priori, laissent peu de place au doute quant à la nature des fichiers proposés.

Curieusement, ces sites n’hébergeaient pas directement des fichiers piratés, mais se contentaient simplement de mettre à disposition des liens vers des services spécialisés dans l’hébergement et le téléchargement de fichiers. Même chose pour les contenus diffusés en streaming, puisque ces espaces s’appuyaient sur des lecteurs exportables pour afficher des vidéos stockées ailleurs.

Pour l’heure, l’opération est toujours en cours. Mais le travail de l’ICE a déjà permis de saisir de nombreux avoirs répartis dans une quinzaine de comptes bancaires, et de prendre la mesure du système, avec comptes Paypal et régies publicitaires à la clé.

« L’infraction à l’échelle du net des droits d’auteur entraine, selon nos rapports, des pertes de plusieurs milliards de dollars à l’économie américaine« , a expliqué Preet Bharara, le procureur général du district sud de New York. « Cela se traduit par des pertes d’emploi et occasionne de nouvelles difficultés pour la population. C’est pourquoi nous avons entamé ces actions. Si votre modèle économique repose sur le piratage, votre histoire ne connaitre pas une fin heureuse« .

Les propos du procureur sont à mettre en perspective avec le discours tenu il y a quelques jours par le vice-président Joe Biden, qui assurait que le « piratage fait des dégâts, il affecte notre économie« . Fervent partisan d’une lutte sans merci contre les pirates, il a largement soutenu la mission de Victoria Espinel, la coordinatrice chargée de veiller au respect de la propriété intellectuelle, qui a dévoilé un « Joint Strategic Plan » pour lutter contre le piratage.

Cependant, malgré toute la détermination de Preet Bharara, soulignant les « pertes de plusieurs milliards de dollars« , il faut aussi garder en mémoire le dernier rapport sur le sujet rédigé par la Cour des comptes américaines qui notait que les chiffres généralement avancés par les ayants droit sont curieusement embellis pour aller dans leur sens.

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