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Quels obstacles restent attendus sur la route de l'Hadopi ?
Guillaume Champeau -
publié le Mardi 04 Mai 2010 à 11h43 -
posté dans Société 2.0
![]() Avant d'envoyer ses premiers e-mails, l'Hadopi devra attendre la publication du décret définissant l'infraction de négligence caractérisée, et l'autorisation par la CNIL de la collecte des adresses IP des abonnés. Deux étapes semées d'embûches. L'information la plus attendue délivrée par l'Hadopi lundi soir est qu'il sera "techniquement possible" d'envoyer les premiers e-mails d'avertissement à la fin du mois de juin, mais que dans les faits la procédure sera suspendue à la réunion d'au moins deux conditions :
Il y a aurait dû y avoir une troisième condition, mais passons sur la publication des fonctionnalités pertinentes des moyens de sécurisation, puisque comme nous l'avions révélé, l'Hadopi est décidée à passer outre. Elle avertira les internautes de leur obligation de protéger leur accès à Internet sans leur dire comment. Reste donc ces deux conditions : 1. La publication du décret sur la négligence caractérisée de l'abonné Il s'agit de la clé de voute de tout le dispositif. Il faut bien comprendre que ça n'est pas le téléchargement illégal qui est officiellement sanctionné par l'Hadopi, mais le fait d'avoir fait preuve de "négligence caractérisée" à l'égard des ayants droit dont les œuvres ont pu être piratées grâce à l'accès à Internet mal protégé de l'abonné. Mais encore faut-il savoir ce qu'est la négligence caractérisée pour la condamner. On se souvient que le député UMP François Loos a demandé au gouvernement l'an dernier de préciser ce qu'était la négligence caractérisée, dont l'absence de définition "embarrasse tout le monde". Contacté la semaine dernière par Numerama, le député nous a indiqué son intention de relancer le ministère de la Culture, qui n'avait pas répondu. Si l'on en croit le point d'étape de l'Hadopi, le décret pourrait cependant être publié d'ici la fin juin. Mais sa rédaction, sans cesse repoussée, sera périlleuse. Rappelons en effet que si le Conseil constitutionnel n'a pas censuré l'infraction pour "négligence caractérisée" introduite dans la loi Hadopi 2, ça n'est pas et bien au contraire par manque d'envie. Mais c'est uniquement parce qu'il n'était pas compétent pour le faire. Les éléments constitutifs de l'infraction seront en effet précisés par décret, et en matière réglementaire c'est le Conseil d'Etat qui est compétent. Le Conseil constitutionnel a cependant envoyé un signal fort à son homologue administratif pour qu'il se montre intransigeant à l'égard du gouvernement. L'appel du pied était on ne peut plus clair. Le commentaire officiel (.pdf) de la décision, réalisé par les propres services du Conseil constitutionnel, disait en effet que l'on "pouvait comprendre que les requérants aient cherché à ce que le Conseil constitutionnel examinât ce nouveau dispositif", puisque "la question de l'éventuelle inversion de la charge de la preuve à l'encontre du titulaire de l'accès à Internet (...) avait fondé un des motifs de la censure de la décision" contre Hadopi 1. Sur Hadopi 2, "le Conseil a néanmoins écarté ces griefs non pour des motifs de fond, mais pour des motifs de compétence". "C'est notamment sur la question de la définition du lien entre, d'une part, le constat de ce qu'un accès à internet est utilisé à des fins attentatoires aux droits d'auteurs et, d'autre part, l'engagement de la responsabilité pénale du titulaire du contrat d'abonnement (lien plus ou moins automatique selon la rédaction qui sera retenue par le projet de décret), que se concentre la question du respect ou de la méconnaissance de la présomption d'innocence", ajoutait le commentaire. "Ce n'est qu'au vu de l'ensemble des éléments constitutifs de l'infraction qu'il pourra être jugé si le dispositif institué porte atteinte au principe de légalité des délits et des peines, au principe de nécessité des peines et à la présomption d'innocence. Le Conseil constitutionnel n'était pas saisi de la définition de cette infraction et il n'est pas le juge de la légalité ou de la constitutionnalité de l'acte réglementaire qui procèdera à cette définition. Dès lors, il ne pouvait qu'écarter les griefs tirés de la violation des articles 8 et 9 de la Déclaration de 1789. Ce contrôle incombera en effet au juge du décret." Ainsi le décret devra préciser dans quelle mesure le fait de voir apparaître une adresse IP sur un réseau P2P dans le cadre du téléchargement d'une œuvre protégée est suffisant pour démontrer l'infraction. Plus le décret imposera à l'abonné d'apporter les preuves de l'installation et de la mise en œuvre de moyens de sécurisation, plus il risquera la censure du Conseil d'Etat pour violation de la présomption d'innocence. Inversement, plus il sera lâche sur les exigences imposées aux abonnés, plus il fera courir à l'Hadopi le risque d'être totalement inefficace. 2. L'autorisation de collecte des adresses IP par la CNIL Quatre organisations d'ayants droit ont déposé depuis fin avril leurs dossiers de demande de collecte d'adresses IP. Il s'agit de demandes complémentaires aux autorisations déjà délivrées par la CNIL en 2007 et 2008 : SACEM : Délibération n°2007-348 du 22 novembre 2007 autorisant la mise en œuvre par la Société des Auteurs Compositeurs et Editeurs de Musique (SACEM) d'un traitement de données à caractère personnel ayant pour finalité la recherche et la constatation des délits de contrefaçon commis via les réseaux d'échanges de fichiers dénommés " peer to peer " (autorisation n°1091623). En principe, il ne devrait s'agir que d'une formalité. Lors des délibérations de 2007 et 2008, les données collectées avaient pour finalité d'être transmises à un juge, et non à l'Hadopi qui n'était pas encore créée. Il faut donc mettre à jour les dossiers pour que la nouvelle finalité soit prise en compte. Mais ça ne sera pas qu'une formalité. Comme nous l'expliquions le mois dernier (puis avec plus de détails à propos de la collecte de l'INRIA), pour autoriser la collecte des adresses IP la CNIL doit vérifier la "proportionnalité" de la collecte par rapport à l'objectif poursuivi. Or dans son avis sur loi Hadopi, la CNIL avait considéré ne "pas être en mesure de s'assurer de la proportionnalité d'un tel dispositif dans la mesure où il laissera aux seuls SPRD (sociétés de gestion collective, ndlr) et organismes de défense professionnelle le choix de la politique répressive à appliquer sur la base d'un fondement juridique dont les contours sont mal définis". Elle reprochait le fait que les ayants droit, avec la même collecte d'adresses IP, puissent choisir soit de saisir l'Hadopi pour l'envoi d'un avertissement par mail ou l'éventuelle suspension de l'accès à Internet, soit de saisir la justice pénale pour une sanction allant jusqu'à trois ans d'emprisonnement. Or, si la CNIL n'est pas capable de s'assurer de la proportionnalité du dispositif, elle refusera d'homologuer la collecte. Donc, rien n'est fait. La CNIL dispose d'un maximum de quatre mois pour accorder son autorisation, mais elle pourrait aussi décider de les suspendre à la publication du décret sur la négligence caractérisée. Si la collecte des adresses IP a pour objet de sanctionner la négligence caractérisée de l'abonné, encore faut-il savoir ce qu'est cette négligence pour vérifier que le dispositif est proportionné. à lire aussi
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Commentaires à propos de «Quels obstacles restent attendus sur la route de l'Hadopi ?»
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Amaury
le 04/05/2010 à 11:51
Moi j'attends surtout depuis des mois ce fameux logiciel de sécurisation qui sera soit bidon, soit illégal, soit inefficace
Répondre
![]() Amaury, le 04/05/2010 - 11:51 Il paraît presque évident maintenant que tu ne le verras jamais, vu qu'ils veulent s'en passer. Mais ça nous coute combien cette plaisanterie ??
On ne peut pas plutôt mettre cet argent dans des investissements sérieux, dans le remboursement de notre dette (une goutte dans l'océan), ou dans des projets qui ne visent pas à maintenir sous perfusion un secteur vieillissant qui refuse d'évoluer avec son temps ?? Ah qu'il fait bon vivre en Sarkozie !! Kad, le 04/05/2010 - 11:53 +1 ils se sont rendu compte que c'etait impossible. ![]() Construction logique et imparable: j'espère seulement que les membres de la CNIL passent pas ici de temps en temps, même si ils n'ont certainement pas besoin des conseils de Numerama...
Ne sont-ils d'ailleurs jamais intervenu sur les forums de Numerama pour porter la contradiction? ![]() Quelle est la couleur politique du Conseil d'Etat ? Sait-on déjà s'il va être saisi, après la publication du fameux décret ?
![]() Bonjour,
Le petit clou sur la route devant le camion présente son nouveau logo: ![]() C'est l'heure du champagne à la Hadobi, nouveau logo, design renouvelé, un nouveau membre dans l'équipe,... Non rien à faire, nous étudions point par point la conférence d'hier de la Hadopi, et impossible de garder son sérieux XD Nous envisageons d'ailleurs de nous présenter comme "experts indépendants" pour les futurs "labs" de la Hadopi, ça serait la cerise sur le gâteau ! ![]() Je viens de capter un truc : 50 à 70 agents, à 2000€ de salaire chacun sur 12 mois ca fait 1,2 million à 1,68 million par an rien qu'en salaire. C'est moi ou ca fait encore un peu plus cher pour une voiture sans roue ni moteur???
Il reste quand même de fortes chances que tout cela ne soit qu'une parade nuptiale à l'attention du patron de vivendi, avec une efficacité brute au même niveau que la DADVSI (D'autant plus que ce sont les mêmes personnes qui sont à la tête du système). Ca m'a tout l'air d'être un petit arrangement entre amis, à la limite de l'emploi fictif.
C'est comme les frites Mc Cain, c'est ceux qui en parlent le plus qui en font le moins. Malgré tout, au pire il faudra serrer les dents jusqu'en 2012, *ou bien* trouver d'autres solution pour reconstruire "notre" internet. Car ils sont rigolo ces gens-là, mais ce qui me fait vraiment chier, moi, c'est ce qu'évoquait Numérama ici : http://www.numerama....d-internet.html : Les sociétés multinationales n'ont pas besoin des gouvernements pour imposer de fait un internet "à la Apple", ou le modèle n'est plus qu'un Applestore géant. D'ailleurs, ça date pas d'hier: Les 4 FAIs ont *tout* fait pour centraliser à Paris le traffic de tous leurs abonnés, créant ainsi un réseau 'en étoile' plutôt qu'un réseau maillé comme Internet avait été conçu au départ, et surtout en induisant un énorme SPOF dans ce réseau (Peut-être la nostalgie du X25...) Pour moi le vrai danger, c'est ça. Parce que bon, au pire, la Hadopi, ils sont 3... il vont couper à 10,100,1000 personnes (Que l'on peux considérer comme aléatoire, les news récentes l'on bien montré) ? On s'aidera, les gens reprendront un abonnement sous un autre nom (les FAI seront trop content de vendre 2x le même service... au début), on passera par des ponts wifi... Je veux dire, on est (dans une moindre mesure bien sur) devant la même situation que le peuple devant le gouvernement de vichy: Que je sache, la réaction des gens ça a été la résistance, pas la coopération active. Et pourtant, les risques étaient autrement plus grands. Là, au pire, quoi ? on perd le net pour 1 an ? Alors qu'il y a des points d'accès Numéricable à tous les coins de rue ? Dès que la 1ère personne sera coupé, on le saura dans la journée, et moi le 1er, je ferais ce que je peux pour l'aider à récupérer le net. Mais on ne pourra rien faire si le "Net" deviens un AppleStore.
Si je te verbalise pour non port de la ceinture de sécurité alors que cette même ceinture n'existe pas puisque personne n'a été en mesure de l'iventé comme tu fait pour respecter la loi? Je ramasse la copie dans 1 heure! LE parti socialiste ne s'était-il pas engagé a contester les décrets devant le conseil d'état ? Dans l'affirmative, cela devrait un obstacle de plus.
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+1 Mais ils vont dépenser encore un peu d'argent en études diverses et variées (et surtout non contradictoires) pour faire sérieux... Pour rappel le fameux soft de sécurisation c'est pour sécurisé LA CONNEXION INTERNET et non le PC autent le dire c'est de l'utopie.
La loi demende donc a monsieur tout le monde de sécurisé une connexion internet avec un soft de sécurisation labélise installé sur un PC (je pouffe) En 1995-98 OK il ni avait que des modem 56k et donc PC=modem=IP (le partage de modem 56k ne courait pas les rues le wifi encore moins) mais de nos jours je pouffe de rire. obcd, le 04/05/2010 - 12:40 Cela m'embete aussi la minitelisation ou la transformation en iStore du net... Cela va contre les principes fondamentaux de partage du net... Certains pays sont plus vigilants que nous apparament a ce genre de degradation du reseau (finlande en premier lieu, enfin c'est mon point de vue) Je ne veux pas que notre net a TOUS, se transforme en mega iStore ou megafacebook (ca aussi c'est a mon avis un probleme) ![]() absolument d'accord avec obcd et zanzibar. Un internet à la iStore et c'est la mort... Hadopi est quasi mort cliniquement, soyons vigilant sur l'ACTA et la neutralité du net...
![]() Moi je n'ai pas envie de sécuriser mon accès !!!
Où est-ce écrit que quand on prend internet on doit sécuriser ??? Moi je veux partager ma connexion à qui veut bien en profiter ! Et si je veux partager MES créations (musicales, graphiques, programmes) de mon disque dur à qui veut bien y accéder dans la rue en wifi ??? C'est quoi cette dictature ? ![]() Peu importe le droit, la loi, les arguments et les arguties ...
Avant que l'Hadopi ne meure de sa belle mort parce qu'elle ne pourra ni atteindre son but et ses objectifs, ni même être "légale", elle aura fait des victimes. Il faudrait pour vraiment efficace dans notre lutte, que l'on se "mutualise" ... sous l'égide de Numérama, La Q du Net ou autres ... Afin qu'un fonds puisse financer, "médiatiquement" les procès contre Hadopi et les sociétés de "piratage" des IP et assurer la défense des "victimes". On devrait pouvoir se payer quelques avocats pour se faire. Organisons nous. J'vous promet de venir vous dédicacer des CD pirates quand j'aurai reçu ma lettre, ha ha. C'est assez pertinent, ce qu'a écrit OBCD.
"Il s'agit de la clé de voute de tout le dispositif. Il faut bien comprendre que ça n'est pas le téléchargement illégal qui est officiellement sanctionné par l'Hadopi, mais le fait d'avoir fait preuve de "négligence caractérisée" à l'égard des ayants droit dont les oeuvres ont pu être piratées grâce à l'accès à Internet mal protégé de l'abonné. Mais encore faut-il savoir ce qu'est la négligence caractérisée pour la condamner."
la détermination des crimes et délits ainsi que les peines qui leur sont applicables ; la procédure pénale ; l'amnistie ; la création de nouveaux ordres de juridiction et le statut des magistrats ; Article 34 de la constitution donc si le délit de négligence caractérisé n'est pas défini la loi et hors la loi. ![]() si y'a pas de logiciel de sécurisation, il n'y a pas de loi HADOPI, qu'on se le dise.
un bon point pour tout le monde, surtout pour les avocats
Il ne vaut mieux pas compter sur eux. Ils ont autre chose en tête que nos petits problèmes d'accès à la culture. ![]() On sent bien le passage en force, on sent bien aussi que chacun tente de refourguer la patate chaude à l'autre.
Reste que des mails partiront, c'est sûr, le tout est de savoir s'ils seront valables. J'espère alors que Numérama nous pondra une lettre type bien tournée afin de pouvoir répondre efficacement à ces accusations gratuites que les ayants meurent d'envie de nous adresser... ![]() Comme le faisait remarquer "ocbd", l'Enjeu n'est certainement pas les quelques téléchargeurs qui se feront choper mais plutôt l'accès Libre à internet !
Cet Internet dont nous usons pour beaucoup sans arrière pensée, cet accès si facile à "Tout" nous rappelle journellement que la Liberté est un droit fondamental pour l'humanité ! La merveilleuse richesse d'internet, la facilité avec laquelle n'importe qui peut diffuser son art, ses créations sans contrôle ni bridage de la morale "bien pensante" sont inacceptables pour ces tyrans (le mot me parait juste...) La pensée unique que l'on cherche à nous imposer est malmenée, ridiculisée dans tous les forums et cela dans le monde entier, cela doit en énerver plus d'un...
J'adore. Ce point du cumul des peines a souvent été soulevé lors des débats d'hadopi. L'hadopi n'a jamais immunisé de DADVSI et on peut potentiellement se retrouver avec une triple peine. Les pro-hadopi n'ont jamais voulu répondre à ces intérrogations ("avis du gouvernement sur ce décret: défavorable, ... défavorable, ... défavorable, ...) Et voilà que ça leur retombe dans la poire!! Ah!! Au moins on se marre bien avec ces incompétents ![]() jbsorba, le 04/05/2010 - 13:10 Ici tu fais de la logique mais pour l'adopi ca ne marche pas comme ca. Globalement le monde ne fonctionne pas comme ca. Ici la démarche est : une volonté de contrôle => vote de lois pour établir ce contrôle. La logique n'intervient absolument pas dans le processus. Dit comme ca ca a l'air d'un troll, mais regarde l'histoire de l'humanité, des exemples tu en as plein. Il ne faut pas croire que le monde marche à l'endroit.
Je ne parle pas de la théorie du complot mais de savoir si du point de vu du droit ma petite citation a elle un impact? Il y a il des précédant? etc. etc. C'est écrit plus haut a l'impossible nul n'est tenu. Tous les champs doivent être remplis. Tous les champs doivent être remplis. Tous les champs doivent être remplis. |
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