Google : "Si nous devions réécrire le droit d'auteur, nous le ferions autrement"

Guillaume Champeau - publié le Samedi 22 Mai 2010 à 12h52 - posté dans Société 2.0

Larry Page, le co-fondateur et président en charge des produits de Google, a donné vendredi une interview au journal Le Monde, dans laquelle il est revenu notamment sur la question des droits d'auteur. Le moteur de recherche a été condamné l'an dernier en France pour avoir numérisé des livres français sans autorisation et en avoir publié des extraits, et plusieurs autres procès en contrefaçon sont toujours en instance.

"C'est l'une des raisons pour lesquelles je suis venu à Paris", indique Larry Page, qui avait rendez-vous hier avec Nicolas Sarkozy et le ministre de la culture Frédéric Mitterrand. "Dans le domaine de l'édition, mettre notre technologie au service de la culture nous motive beaucoup. Quand j'étais étudiant à Stanford, une inondation a détruit 50 000 ou 100 000 livres irremplaçables. Si seulement on les avait numérisés... Notre projet est simple : nous voulons passer des accords [avec des bibliothèques], sélectionner des ouvrages dans le domaine public et les numériser à nos frais. Mais à ce projet se sont mêlées des polémiques sur les droits d'auteur", regrette-t-il.

S'il assure que "le droit d'auteur est important", il estime cependant qu'il "pose des problèmes" pour l'innovation. "Prenons les magazines : pour les mettre en ligne, vous devez régler les droits sur des images dont vous ignorez les auteurs, les ayants droit, etc. Si nous devions réécrire la loi, nous le ferions autrement".

Le directeur des affaires juridiques de Google David Drummond avait déjà plaidé l'an dernier pour l'adoption en France d'une sorte de "fair use" à l'américaine, qui puisse débloquer l'innovation. Le fait qu'il n'y ait pas en France et globalement en Europe de zone grise entre ce qui est interdit (le plus souvent) et ce qui est autorisé (explicitement) est jugé par Google responsable du manque d'innovation des start-ups européennes, par rapport aux entreprises américaines à succès comme Yahoo, eBay, Google et YouTube.

Si Google devait réécrire le droit d'auteur, "nous voudrions trouver une façon acceptable d'identifier les ayants droit, de les rétribuer, d'ouvrir l'accès aux oeuvres", explique Page. "Trouver la solution parfaite prendra du temps. D'ici là, je voudrais trouver un compromis satisfaisant. Sinon, le risque, c'est que des contenus disparaissent définitivement".

Publié par Guillaume Champeau, le 22 Mai 2010 à 12h52
 
 
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Commentaires à propos de «Google : "Si nous devions réécrire le droit d'auteur, nous le ferions autrement"»
 
Ils ne voudraient pas réinventer le droit à la vie privée tant qu'ils y sont?
c'est clair que pour beaucoup d'auteur et de société, ils préfèrent voir leurs oeuvres disparaitre que d'être utiliser par d'autre. il n'y a qu'a voir le nombre d'auteur mort avant 1925 que nous connaissons....
Ceci dit, il n'a pas tout à fait tort...
Quand on voit toutes les contraintes qu'on les sociétés européennes, il ne faut pas se demander pourquoi elles n'innovent plus...
"Si nous devions réécrire le droit d'auteur, nous le ferions autrement"
... En même temps, si c'est pour réécrire quelque chose en faisant pareil... ^^
si je devais réécrire Hadopi, Loopsi, Dadvsi, je ferai aussi autrement... pfff
Le réécrire pour aller dans le sens de leurs intérêts commerciaux ? Universal aussi aimerait le faire.
bloufblouf, le 22/05/2010 - 18:20
Le réécrire pour aller dans le sens de leurs intérêts commerciaux ? Universal aussi aimerait le faire.

Google, Sociétés d'ayants droit, artistes, internautes ... Il n'empêche, que rechercher et essayer de trouver un juste milieu, serait souhaitable et profitable à tous et à chacun !

En 2010, n'en déplaise à certains "Talibans du Droit d'Auteur", la machine est en marche et c'est tant mieux !




:biggrinthumb:
Le droit d'auteur français n'a rien à voir avec le copyright américain. Si quelqu'un en France refuse la copie de son ?uvre, quelle que soit la rémunération proposée, il le peut. Sans doute aux States ce droit n'existe-t-il pas. N'en déplaise à Natasha qui traite ces partisans du droit d'auteur de talibans, l'argent n'est pas le maître, nous n'en sommes pas esclaves.
Le fair use serait une avancée significative.

Pour la presse ce serait bien d'avoir accès aux magazines qui ne sont plus publiées ou aux vieilles revues...
Le fair use serait une avancée significative.

Pour la presse ce serait bien d'avoir accès aux magazines qui ne sont plus publiées ou aux vieilles revues...
àa existe pour les magazines hi-tech
http://abandonware-magazines.org
"- David Drummond avait déjà plaidé l'an dernier pour l'adoption en France d'une sorte de "fair use" à l'américaine, qui puisse débloquer l'innovation. Le fait qu'il n'y ait pas en France et globalement en Europe de zone grise entre ce qui est interdit (le plus souvent) et ce qui est autorisé (explicitement) est jugé par Google responsable du manque d'innovation des start-ups européennes, par rapport aux entreprises américaines à succès comme Yahoo, eBay, Google et YouTube."
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- Question de volonté :C'est pas évident à mettre en place ..mais pas infaisable non plus !
1) l faut laisser un "droit d'usage" opposable à la propriété intellectuelle !
http://www.ettighoffer.fr/1739/biens-immateriels-pour-un-droit-d'usage-opposable-au-droit-de-propriete
Le libre-accès total à des livres, des articles ou des photos doit être spontané, indivisible et sans aucune entrave à négocier, vis à vis des éditeurs & auteur & ayant-droit !
Pour celà ; les licences libres comme le Copyleft, facilitent grandement les choses .
http://www.a-brest.n...rticle1027.html
en cas d'entraves & de répression ; c'est la porte ouverte à l'anarchie et à la situation que l'on connait dans la musique ...

2) il faut ramener les droits d'auteur à une durée raisonnable ( pas plus de 7, 14 , maximum 20 ans ) et supprimer les droits voisins .

3) il faut une nouvelle discipline : inventer un "tatouage numérique
des oeuvres" .avec le type de licence libre inscrit par l'auteur . Certains souhaitent pour vivre d'une rétribution, ... alors que d'autres font çà, à titre bénévole et désintéressé, pour le plaisir d'être publié ou pour faire passer leur message . Mais on ne doit en aucun cas, demander à un guichet de l'argent aux internautes . Le web n'est pas une galerie marchande virtuelle ...il existe d'autres sources de rémunération possibles.

"-Aujourd'hui les industries des médias contrôlent soigneusement les utilisations de ce qu'elles considèrent de leur droit de propriété exclusif. Il s'est ainsi constitué une pratique d'exigence de " permission " pour quiconque envisage de s'inspirer d'une ?uvre antérieure.... La révision du copyright régulant la propriété des ?uvres de l'esprit devient une ardente obligation pour un pays qui entend assurer sa croissance future dans l'industrie de la connaissance ... La propriété des droits ne doit pas donner tous les droits. Les éditeurs conduisent des stratégies qui contribuent à la rareté du bien immatériel pour en augmenter la valeur ou différemment pour se constituer une clientèle captive qui ne pourra exercer son droit à " consommer " un bien numérique que dans le cadre d'une communauté fermée. On passera, d'une exclusivité de la production à une exclusivité de la distribution, d'un marché ouvert à un marché fermé ! " ( Ettighoffer ).
J'approuve ce concept de fair Use, nous sommes complètement blindés de DRM, Copyright, et compagnie, au point qu'aujourd'hui, si tout le monde décidait de faire un procès pour l'une ou l'autre de ses oeuvres dont le copyright a été enfrient, je ne suis pas sur qu'il resterai une seule personne ayant eu accès a l'informatique sans procédure sur le dos. L'informatique devait être un moteur de modification de la société en profondeur et on a pris le chemin inverse. Les gens finirons bien par comprendre
Non mais c'est délirant.

D'un côté, des ayant-droits qui se crispent sur un droit d'auteur qu'ils déforment dans le sens de leurs intérêts, et qu'ils transforment en arme punitive.

De l'autre, des sociétés mastodontes qui s'expriment comme si elles pouvaient avoir la moindre légitimité à "réécrire" le droit.

Il faudrait leur rappeler, tous autant qu'ils sont, que le droit est secrété par le peuple (pour autant qu'il ait encore des représentants conscients de leur rôle). Ni par les vieux ponopoles établis, ni par les nouvelles multinationales.
"Monopoles".

Si encore Google voulait étendre la notion de "fair use" pour le bénéfice des individus. Mais on comprend bien que ça n'est pas exactement ce qui aiguillonne Larry Page.
@Ulf Harkogansk-Malatesta, oui, en France, le droit est voté par des représentants du peuple, depuis pas si longtemps que ça (1789, création de l'Assemblée Nationale). Avant, le droit est sans constitution, déclaré par l'exécutif (le Roi). Il existe encore dans le monde beaucoup de pays ou le droit est écrit par des particuliers,

Google est très conscient de l'absence de légitimité qu'ils ont à réécrire le droit, mais déplorent juste par cette périphrase le fait que le droit d'auteur est mal fait.

C'est interdit de se projeter dans un autre rôle dans la société ?
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