James Climent sera entendu par la cour de cassation le 1er juin prochain. Photographe, cet artiste avait été arrêté en 2005 pour avoir téléchargé et partagé 13.788 fichiers MP3 sur le réseau P2P Soulseek, dédié à la musique. Depuis, faute de pouvoir s’offrir les services d’un avocat, il a toujours défendu sa cause seul devant les tribunaux. Sans succès. Il a été condamné en appel à verser environ 20.000 euros de dommages et intérêts aux Sacem et SDRM (société des droits de reproduction mécanique), et entend aller jusque devant la cour européenne des droits de l’Homme s’il le faut.

En attendant, l’homme ironise longuement sur son blog à propos des salaires et autres notes de frais que s’octroient les dirigeants des sociétés de gestion collective. Un rapport publié par la cour des comptes a récemment mis en lumière les rémunérations jugées disproportionnées des patrons des sociétés d’ayants droit, ce qui a incité le député UMP Yannick Favennec à demander au Parlement l’ouverture d’une commission d’enquête sur la Sacem.

« Bon ben j’ai l’air malin avec mes pauvres 20 000 euros d’amende (10 000 pour la SACEM et 10 000 pour la SDRM), ça couvre même pas les notes de frais 2008 du président de la SACEM Bernard Miyet, 29212 euros« , constate amèrement James Climent. « Par contre, avec les 10 000 que je dois à la SACEM ça couvre presque, entre autres, les vacances à la Guyane prise en 2007 par ce dirigeant de la SACEM entre le 27 décembre 2006 et le 06 janvier 2007, 10512 euros. De vraies vacances de bagnard…. aux frais de Lady SACEM« .

« La cour des comptes a fait une moyenne des 10 plus grosses rémunérations, ils palpent en moyenne 257 000 euros (…) Il aurait donc fallu donc que je partage à peu près 500 000 MP3 pour être condamné à 250 000 euros. Ce qui aurait pu rémunérer au moins l’un d’entre eux. Je ne suis pas fort en calcul et je vous laisse estimer à combien on aurait du me condamner si on avait voulu que je dédommage aussi les artistes lésés par mes actes de partage et de téléchargement éhontés :)« 

« Ça laisse sans voix, mais, à présent, je comprends mieux l’acharnement judiciaire de la SACEM et de la SDRM à mon égard : vu tous les avions qu’ils prennent pour leurs vacances et les parachutes qu’ils s’offrent pour leurs retraites, il y a intérêt que ce soit l’internaute moyen qui subventionne leur train-de-vie-à-réaction.« 

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