Pour enrayer la chute des ventes de disques qui continue inéxorablement, Universal Music va essayer à partir du deuxième trimestre 2010 de vendre ses CD moins cher, avec une opération « Velocity » qui prévoit d’étiqueter les disques à des prix de 6 $ à 10 $. Des versions dites « deluxe », qui devraient en fait être la norme pour continuer à séduire les consommateurs, seront vendues parallèlement à des prix plus importants. L’information rapportée par Billboard ne précise pas si l’opération Velocity concerne exclusivement les Etats-Unis, ou si la France sera également impactée.

Universal Music espère avec cette opération que par la loi de l’offre et de la demande, le prix de vente abaissé augmentera suffisamment le volume des ventes pour compenser la baisse de chiffre d’affaires unitaire, voire mieux si affinité. Mais elle continue en réalité sa marche en avant qui la conduit doucement vers sûrement vers l’abandon de la commercialisation du CD. Déjà en 2006, Universal avait révisé ses grilles tarifaires à la baisse pour proposer des versions « Basic » de ses albums à 9,99 euros.

Les nouveaux tarifs ont sans doute aidé à ralentir la chute du marché du disque, mais pas à l’arrêter complètement. Le même scénario se produira nécessairement avec l’opération Velocity. Car il ne s’agit pas que d’un problème de prix. Pourquoi un consommateur irait acheter dans une grande surface ce qu’il peut trouver par ailleurs gratuitement ? Tant qu’Universal ne redonnera pas toute sa valeur à l’objet, le CD cloné industriellement vendu entre pommes de terre et boîtes de conserve ne séduira plus.

De plus, plus le prix au détail baisse, plus la marge bénéficiaire du distributeur se réduit. Les grandes surfaces qui rechignent déjà à consacrer du linéaire à des CD qui ne se vendent plus rechigneront encore davantage si leur marge s’écroule. C’est un cercle vicieux.

Universal devrait plutôt tenter de baisser le prix de vente de la musique en ligne, qui devient beaucoup plus chère que les CD alors qu’il n’y a ni essence à payer pour le transport des disques, ni boîte en plastique à produire pour les protéger, ni stockage à rentabiliser dans les grandes surfaces, ni pochettes d’album à imprimer,… la liste des économies est longue.

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