À peine une journée. C'est le temps qu'il aura fallu pour qu'un crack vienne perturber les plans anti-piratage d'Ubisoft. Alors que la société française a mis en place un nouveau système pour contrôler à distance la légalité des jeux qu'elle commercialise, système qui obligé les joueurs à être systématiquement en ligne pour jouer, un crack contourne déjà ce système et permet de jouer hors-ligne.

Devant l’inefficacité chronique des mesures techniques de protection, Ubisoft avait adopté une nouvelle tactique pour lutter contre les copies pirates de ses jeux vidéo. Plutôt que d’investir lourdement dans des solutions à la fois trop chères et trop contraignantes pour les joueurs, la société française avait trouvé une astuce lui permettant de mettre en place un contrôle à moindre frais : imposer une connexion Internet active, afin de vérifier à distance si le jeu a bien été acquis légalement.

Rapidement, les joueurs se sont inquiétés des effets secondaires d’une mesure : que va-t-il se passer en cas de déconnexion soudaine ? Que va devenir ma partie ? Vais-je reprendre au même point, à la sauvegarde précédente ou vais-je carrément perdre toute ma partie ? Autant de questions qui ont poussé Ubisoft à réagir, afin de rassurer sa communauté. En cas de perte de signal, le jeu ‘cherchera continuellement à se reconnecter« .

« Dès que le jeu détecte à nouveau une connexion active, vous pourrez immédiatement retourner en jeu » avait expliqué l’entreprise. Si la connexion est perdue quelques secondes, le jeu devrait simplement se mettre sur pause. Même en cas de chute brutale de débit, cela devrait continuer à tourner. La société avait alors affirmé qu’il suffisait de 50 kbps de bande-passante pour maintenir une liaison (et donc, un contrôle) entre le jeu et les serveurs. « Le gameplay ne devrait pas être affecté » avait alors juré Ubisoft.

Et effectivement, le gameplay ne devrait pas être affecté… mais pas dans le sens qu’aurait souhaité Ubisoft. Et pour cause, un crack permettant de jouer hors-ligne est d’ores et déjà disponible sur Internet. C’est Silent Hunter 5, un jeu de simulation sous-marine sorti le 2 mars dernier, qui sera le premier jeu à bénéficier de cette solution. Il n’aura donc fallu que quelques heures pour que des internautes mettent au point un patch qui bloque le DRM à distance d’Ubisoft.

Selon Torrentfreak, ce piratage était largement prévisible. Un sondage effectué auprès des membres de la communauté Subsim (pour submarine simulation) avait montré que 85 % des amateurs du genre préféraient retarder ou annuler leur achat de Silent Hunter 5. Purement et simplement. Seuls 15 % d’entre eux étaient bien décidés à acquérir une version du jeu, même sous DRM.

Ubisoft, évidemment, n’a pas apprécié. Dans un communiqué, l’entreprise a cherché à minimiser l’impact de ce contournement : « vous avez probablement eu vent de ces rumeurs indiquant qu’Assassin’s Creed II et Silent Hunter 5 ont été crackés. Merci de considérer ces rumeurs comme fausses« .

Et quand bien même le crack actuel est encore perfectible (selon les premiers retours, quelques soucis peuvent survenir au lancement du jeu ou pendant une partie), les faits sont là : la version piratée est moins restrictive que la version légale. En d’autres termes, ce sont une fois encore les consommateurs légaux qui subissent les tentatives infructueuses des différentes industries du divertissement de freiner le piratage.

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