Selon une étude du cabinet Outsell citée par Techcrunch, 44 % des utilisateurs de Google News se contenteraient de parcourir les titres des sites de journaux, sans cliquer pour en découvrir le contenu sur les sites d’information. L’étude réalisée auprès de 2 787 Américains montre par ailleurs que 57 % des sondés préfèrent aller sur Internet pour rechercher des informations, et que 31 % vont sur des agrégateurs d’actualités comme Google News ou Yahoo News.

Ainsi seul un internaute sur deux utilisateur de Google News profiterait aux sites de journaux indexés par le service. Selon Gilles Klein, qui écrit dans Arrêt sur Images, « si ce pourcentage correspond à la réalité (ce dont doute TechCrunch) Rupert Murdoch avait raison quand il accusait Google News de faire de l’argent avec la publicité en exploitant le contenu des journaux, sans leur en reverser une partie ». Le journaliste fait référence au conflit assez ridicule qui a émergé entre le patron de News Corp et Google, le magnat des médias allant jusqu’à menacer de désindexer ses journaux de Google. Une menace assez surréaliste, mais sur laquelle Microsoft a bien l’intention de surfer pour arracher des parts de marché.

Cependant, c’est aller bien vite en besogne que de tirer des conclusions de l’étude que Rupert Murdoch a raison. Admettons qu’un internaute sur deux se contente de parcourir les titres dans Google News pour y lire l’actualité. Et alors ? Ou est le préjudice ? Est-ce que les bureaux de tabac doivent reverser une redevance aux journaux lorsqu’un client parcourt le journal et les magazines avant d’acheter uniquement un paquet de Malboro et deux timbres ? Dans le circuit traditionnel de la presse, énormément de consommateurs se contentent aussi de parcourir les titres sans dépenser le moindre centime.

De plus, si la lecture des titres suffit, les journaux doivent probablement se poser des questions sur la qualité de leur ligne éditoriale. C’est ce que nous disions avec fausse vanité lorsqu’en France le GESTE avait eu cette même idée curieuse d’exiger de Google qu’il reverse une partie de ses bénéfices issus de Google News.

Pour le moment, personne n’a mis ses menaces de désindexation à exécution. C’est bien qu’ils pensent que Google leur rapporte plus qu’il ne leur coûte.

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