Moins d'un Suédois sur trois considère le téléchargement illicite comme du vol. C'est ce qui ressort d'une étude menée par MMS qui a sondé des internautes âgés de 16 à 65 ans. C'est un échec pour le gouvernement suédois qui a essayé de muscler sa politique en transposant la directive IPRED et pour les ayants droit qui s'en sont pris à The Pirate Bay.

C’est un signe des temps. Malgré une politique plus agressive contre le piratage sur Internet, de plus en plus de Suédois considèrent le téléchargement comme une activité tout à fait normale, même lorsqu’il s’agit de contenus protégés par le droit d’auteur. Un véritable décalage s’opère entre la population et la classe politique, qui avait fait voter avec pertes et fracas la très contestée IPRED, transposition de la directive européenne sur le renforcement des droits de propriété intellectuelle.

Selon une étude menée par MMS et relayée par Freabits, seuls 30 % des internautes suédois âgés de 16 à 65 ans ont supputé que le téléchargement illégal revenait à du vol. Moins d’un Suédois sur trois. L’année dernière, ce chiffre s’élevait pourtant encore à 38 %. Les raisons de cette chute ne sont pas à chercher bien loin. Le vote de l’IPRED au parlement suédois, le feuilleton judiciaire de The Pirate Bay ou encore l’ascension du Parti pirate sont autant d’explications qui justifient cette évolution des mentalités.

La classe politique, qui s’était alignée sur le principal argument des industries du divertissement, à savoir que le téléchargement illégal est du vol à l’étalage, est-elle en instance de divorce avec l’opinion publique ? En tout cas, les tentatives politiques pour diaboliser le partage de fichiers sur Internet ne fonctionnent pas. L’IPRED n’a eu aucun effet durable sur le téléchargement en Suède, tandis que le Parti pirate local a investi cette année le parlement européen, dépassant certaines formations politiques plus traditionnelles. Quand à The Pirate Bay, le site a quitté l’Europe occidentale depuis quelques jours pour trouver refuge… dans un abri anti-nucléaire.

Tobias Lidholm, responsable de projets chez MMS, va dans ce sens, en considérant que l’actualité a fortement contribué à révolutionner la vision du téléchargement en Suède. « I l est à noter que de plus en plus de personnes semblent accepter le téléchargement qu’auparavant« . Quand aux offres légales, il ne faudra sans doute pas trop y compter. 57 % des 16 – 65 ans ont déclaré qu’aucune alternative ne pourra renverser le téléchargement illégal sur Internet.

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