Alors que le troisième parti pirate se positionne pour les élections régionales françaises de 2010, le Parti pirate.org, celui reconnu par le Parti pirate international, a annoncé aujourd'hui son intention d'envoyer un candidat à l'élection législative partielle de la 10e circonscription des Yvelines. Un baptême du feu politique pour un parti qui a vu le jour lors des débats sur la loi DADVSI.

Maxime Rouquet sera donc le premier candidat représentant le Parti pirate dans une élection française. En effet, cet étudiant ingénieur en informatique de 23 ans se porte candidat à l’élection législative partielle dans la 10e circonscription des Yvelines (78) dont le premier tour aura lieu le 20 septembre prochain. Dans sa tâche, il sera épaulé par Laurent Le Besnerais, game designer de 33 ans, qui officiera en tant que suppléant.

Coup du sort, cette opportunité politique arrive au moment où la loi Hadopi sera à nouveau examinée par l’Assemblée nationale, puisque le Parlement est convoqué en session extraordinaire à partir du 14 septembre. En effet, ces élections font suite à la démission de Christine Boutin de son poste de députée. Cette circonscription réunit quatre divisions administratives : Monfort-l’Amaury, Rambouillet, Saint-Arnoult-en-Yvelines et Maurepas.

L’actualité donnera donc au parti pirate une fenêtre de tir pour évoquer les projets de loi Hadopi et LOPPSI, qui seront débattus à la rentrée. Nul doute que ces questions s’inviteront dans la campagne, bien que d’autres problématiques propres à cette circonscription surgiront inévitablement. Rappelant que le web a été un formidable vecteur de propagation de la culture et du savoir, le Parti pirate se positionne très clairement contre les désirs financiers « d’une poignée d’industriels et de politiques » qui s’intéressent davantage à leurs intérêts qu’à ceux du peuple, explique le Parti pirate dans un communiqué de presse.

Comme les autres partis pirates à l’étranger, le Parti pirate français axe son projet autour de différents principes : « la protection des droits des citoyens et notamment le respect de la vie privée, la libération de la culture et en particulier son accès gratuit à tous, et enfin la réforme des systèmes basés sur les brevets qui favorisent les monopoles privés, nuisibles à notre société« . Objectif à terme du parti ? « Adapter les lois à l’émergence de la société de l’information, à sa diversité et à son ouverture« .

Doit-on s’attendre à un même parcours que le Piratpartiet suédois qui a obtenu un siège au parlement européen, avec 7,1 % ? Difficile d’anticiper l’élection, d’autant que ce ne sont absolument pas les mêmes. Dans le cas de la Suède, la question des libertés individuelles dans l’environnement numérique était véritablement un enjeu de société et transversal à tous les partis politiques. De plus, le Piratpartiet peut s’appuyer sur des hommes politiques d’expérience, à l’image de Rickard Falkvinge ou Christian Engström.

Néanmoins, ce sera l’occasion pour le Parti pirate de se frotter à la rigueur du combat politique, quand bien même le résultat final ne sera pas celui escompté. Désormais, le plus grand défi de Maxime Rouquet sera de gagner en visibilité et surtout d’être capable d’élargir son discours à d’autres thèmes abordés par les électeurs et les autres candidats. Rappelons également que le 11 et 12 septembre se tiendra à Nuremberg une conférence réunissant différents partis pirates européens.

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