Accusés de faciliter la propagation de photos et de vidéos pédophiles, les éditeurs de logiciels de P2P ont réagi avec force et conviction pour être les premiers à se battre contre ce fléau. La DCIA, une association de professionnels du P2P, a décidé de mettre en place des mesures fortes au sein même des logiciels, pour dissuader les utilisateurs de télécharger et de distribuer des contenus de pédopornographie.

La DCIA (Distributed Computing Industry Association) est une association composée d’une vingtaine de membres et créée sous l’impulsion de Sharman Networks, l’éditeur de Kazaa. Au milieu d’obscures sociétés, on y retrouve ainsi Altnet, une filiale chargée de distribuer des contenus légaux payants sur Kazaa, et Grokster, dont le logiciel se base sur le réseau FastTrack, le même que celui utilisé par Kazaa.

L’association a annoncé en début de semaine le lancement du programme « P2P PATROL » (Peer-To-Peer Parents And Teens React On Line), déployé en trois phases. Dans sa première étape, il s’agira de délivrer des messages intimidants aux utilisateurs de logiciels de P2P qui effectuent des recherches avec comme mots clés des termes bien connus des amateurs de pornographie infantile. La liste de ces mots clés sera fournie par des agences internationales spécialisées, et pourra également être complétée par les utilisateurs des réseaux eux-mêmes, qui seront mis à contribution. Cette première étape débutera sur le logiciel Grokster, mais devrait vite être étendue à d’autres clients, Kazaa en tête.

Dans un deuxième temps, le programme P2P PATROL sera étendu pour signaler les suspects auprès de leur fournisseur d’accès à Internet, et auprès d’agences gouvernementales et internationales chargées d’enquêter sur ces actes présumés de pédopornographie.

Faire de l’utilisateur un purificateur

La dernière phase, présentée aux pouvoirs publics américains en septembre et prévue pour novembre 2004, fera enfin directement appel aux utilisateurs qui pourront reconnaître et signaler de tels contenus illégaux, et même les effacer ! La DCIA travaille sur ce point avec le Centre National pour les Enfants Exploités et Disparus (NCMEC), en développant des filtres collaboratifs.

« Aucune quantité de pornographie infantile n’est acceptable, et nous sommes engagés à faire tout ce que nous pouvons pour éliminer ce contenu illégal des environnements de partage de fichiers Peer-to-Peer« , explique le DCIA dans son communiqué. L’association travaille même avec la cellule de lutte contre la cyber-pornographie infantile de la police américaine pour les aider à mieux surveiller les réseaux et à lutter efficacement dans leur secteur contre les pédophiles.

Tout ceci contribue t-il à sauver les enfants ou plutôt à inciter les pédophiles à mieux s’organiser pour agir dans l’ombre totale ? Chacun se fera une idée, il n’y a sans doute pas de bonne réponse à cette question, tant la problématique est complexe et douloureuse.

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