Puisque la vente de contenus payants n'a pas été facilitée par les majors du cinéma, BitTorrent revient à ses premières amours. La société qui édite le célèbre logiciel de P2P remet au goût du jour un moteur de recherche de fichiers ".torrent" qui devrait faciliter l'accès à des films pirates, sans en prendre la responsabilité. Ambiance.

Il y a trois ans, la société BitTorrent Inc. avait souhaité montrer patte blanche et avait noué un accord avec la MPAA pour filtrer le moteur de recherche de fichiers .torrent qu’il proposait alors sur son site officiel. Il ne devait plus permettre de trouver des films piratés. En échange, le lobby de l’industrie cinématographique devait faciliter l’accès aux catalogues des grands studios hollywoodieens pour permettre à la société d’ouvrir son service de location de vidéo en ligne basé sur BitTorrent. Mais ni l’un ni l’autre n’est arrivé.

Le filtrage des fichiers .torrent s’étant révélé impossible à réaliser, BitTorrent Inc. a décidé de mettre fin au service de recherche, dans l’espoir de séduire les studios. Mais les espoirs étaient vains. La société a dû fermer également ce mois-ci son service de VOD légal, fermé par manque de rentabilité. Malgré les promesses de la MPAA, BitTorrent n’a jamais eu accès au catalogue des majors du film, ou dans des conditions techniques telles que les consommateurs habitués à la simplicité du DivX n’en ont pas voulu. La politique tarifiaire et les DRM imposés par Hollywood ont rapidement détruit les ambitions de conversion légale du célèbre outil de P2P, qui a dû licencier en masse ces dernières semaines pour éviter la faillite.

Du coup, après le départ de son président Ashwin Navin, BitTorrent Inc. a décidé de remettre au goût du jour son moteur de recherche, dans une version des plus hypocrites. Le site officiel n’héberge plus lui-même un index des fichiers .torrent disponibles, mais utilise une version personalisée du moteur de recherche Ask, paramétrée pour faire remonter les sites de liens BitTorrent. Contrairement au défunt service de VOD tué par les DRM imposé par Hollywood, ces sites de liens BitTorrent n’offrent aucune rémunération aux studios de cinéma, et proposent aux utilisateurs des fichiers dépourvus de toute restriction technique.

Pour BitTorrent, la balle n’est plus dans leur camp. « Nous avions accepté de filtrer les résultats de recherche lorsque nous étions dans le business de la recherche de torrent, mais ça c’est aussi terminé. Maintenant c’est le moteur de recherche de Ask, pas le nôtre« , explique un cadre de BitTorrent Inc. « La décision de travailler avec Ask est simplement un moyen de fournir aux gens qui viennent télécharger le client (Bittorrent) un endroit où aller ensuite« , conclue-t-il, sans trop d’ambiguïté.

Si ça n’est pas une revanche, ça y ressemble quand même un peu.

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