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Les FAI critiquent enfin le projet loi Hadopi
Guillaume Champeau -
publié le Mercredi 25 Juin 2008 à 17h09 -
posté dans Société 2.0
![]() Ca n'est pas tout à fait un hasard de calendrier. Le jour-même où Jean-François Copé remet au Président de la République un rapport préconisant la taxation des opérateurs de télécoms à hauteur de 0,5 % de leur chiffre d'affaires, les FAI publient un communiqué pour critiquer des dispositions clés du projet de loi "Création et Internet" qu'ils avaient acceptée et demander un retour à l'équilibre. Jean-François Copé a remis mercredi les propositions de la Commission "Pour la nouvelle télévision publique", qui préconise de taxer le chiffre d'affaires des télécoms pour financer le manque à gagner de la disparition de la publicité sur les chaînes de télévision du service public. Alors que la Commission préconise un taux de prélèvement de 0,5 %, La Tribune assurait ce matin que le Président de la République Nicolas Sarkozy pourrait exiger une taxe plus importante, de l'ordre de 0,8 ou 0,9 %. Ce qui est loin d'être insensible, et pourrait représenter une manne de 336 à 378 millions d'euros. Les FAI et les opérateurs mobiles ne sont pas contents du tout de cette hausse surprise, et du principe de la taxation qu'ils avaient accepté au bout d'une négociation improvisée avec le Président de la République. Puisqu'il n'est pas question d'augmenter la redevance en période de crise du pouvoir d'achat, Nicolas Sarkozy a dû trouver une nouvelle piste. Celle qu'il avait avancé de taxer la publicité des chaînes privées a été rapidement abandonnée ("entre amis, ça ne se fait pas", a dû lui dire en substance Martin Bouygues). En bon politique, le Président sait que pour pouvoir prendre, il faut donner. Il a donc donné sa parole aux opérateurs télécoms s'ils acceptaient le principe d'une taxe. Celle que Free n'aurait pas accès facilement à la licence 3G qui lui était promise, et qui risque de déstabiliser le marché bien tranquille que se partagent le trois opérateurs en place. Chose promise, chose due. Le dossier est repoussé à 2009, et les fréquences seront divisées par lots pour limiter la casse. Dociles et conscients que lutter contre le piratage les aideraient à vendre des abonnements à leurs propres services de contenus premium, les fournisseurs d'accès à Internet avaient aussi accepté de signer les Accords de l'Elysée concoctés par Denis Olivennes, qui fixaient le principe de la riposte graduée. Dans les mois qui ont suivi, les FAI ont pris un soin tout particulier à ne pas s'exposer sur le dossier, en laissant le gouvernement et les industries culturelles se mettre en première ligne. Dire à ses clients abonnés qu'on joue contre eux ne fait pas bon genre. Ils ont donc laissé faire le projet de loi Hadopi en intervenant le moins possible. Mais mercredi, l'Association des fournisseurs d'accès (AFA) et Free qui n'en est pas membre, ont publié un communiqué commun par lequel ils "regrettent que le projet de loi 'favorisant la diffusion et la protection de la création sur internet' contienne des dispositions qui pourraient remettre en cause l'équilibre trouvé par les Accords de l'Elysée". Les opérateurs ont attendu que Christine Albanel présente son projet de loi pour le descendre en bonne et due forme. "Force est de reconnaître, sept mois après la signature que le volet sur les offres légales est au point mort et que le dispositif aujourd’hui proposé pour lutter contre le téléchargement illégal va au delà des engagements des parties sur plusieurs points, en pénalisant à l’excès les internautes et leurs fournisseurs", indiquent les FAI. Les reproches des FAI au projet de loi Hadopi En cause, tout d'abord, la création par le projet de loi d'une procédure de référé judiciaire pour imposer aux FAI la mise en oeuvre de mesures de filtrage de l'accès à des contenus portant atteinte aux droits d'auteur. Dans l'accord signé par les FAI, il n'était question que d'une expérimentation d'ici fin 2009, et d'une extension possible que sous des conditions qui, concrètement, ne pourront jamais être réunies (succès de l'expérimentation, faisabilité technique de la généralisation, et faisabilité financière). Sur la riposte graduée, les FAI demandent à ce que la gradation des sanctions (avertissement par e-mail, puis lettre recommandée, puis sanction) soit inscrite noir sur blanc comme étant la règle, et non pas une simple faculté de la Haute autorité administrative chargée de mettre en oeuvre la loi. De plus, ils demandent au regard du respect des droits de la défense à ce qu'un recours soit possible pour les abonnés, dès le premier avertissement par voie électronique - actuellement le projet de loi ne prévoit de recours qu'au stade de la suspension de l'accès à Internet. Ils rappellent à ce sujet que le recours judiciaire en cas de suspension n'est pas lui-même suspensif, ce qui est ridicule étant donné le temps judiciaire. L'accès aura été rétabli avant que l'abonné ait été entendu à sa demande par un juge. Enfin, aucun dispositif d'accueil des internautes avertis n'est prévu pour répondre à leurs questions, demandes ou contestations. Tout comme le régulateur des télécoms et le Conseil d'Etat, les fournisseurs d'accès demandent un délai avant que la loi n'entre en vigueur, le temps de préparer leurs infrastructures aux cas de suspension de l'abonnement. A ce sujet, ils réclament "une certaine souplesse quant à son contour précis", la loi ne disant pas explicitement ce qui se passe si la coupure d'accès à Internet entraîne la coupure des services de téléphonie ou de télévision, ou s'il est possible de garder l'accès à des communications de plus en plus essentielles pour les citoyens, comme les mails ou l'accès aux services publics en ligne. Le projet de loi ne dit pas non plus qui doit prendre en charge les frais supportés par les opérateurs. Enfin, comme Numerama le répète sans relâche depuis la signature des Accords de l'Elysée, les FAI découvrent que "la signature des accords de l’Elysée par les fournisseurs d’accès supposait en échange que les internautes aient accès à des offres légales compétitives, les dissuadant de pirater". "Or, les négociations avec les ayants droits, tant sur la chronologie des médias que sur l’ouverture des catalogues, restent suspendues à l’adoption de la loi et le temps passe sans que rien n’évolue". Les FAI, en somme, ont peur de devenir les dindons de la farce, obligés de financer la vieille télévision publique, de participer à la répression de leurs clients pour soutenir une industrie culturelle moribonde, sans avoir de réel bénéfice en retour. C'est le premier grand couac public depuis la signature des accords en novembre 2007. Si les critiques se concentrent sur la marge, les pouvoirs publics et les industries culturelles sont prévenues. Il faudra faire des efforts s'ils veulent avoir le soutien des FAI lorsque la loi sera étudiée au Parlement à l'automne. Sur le même sujet
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Commentaires à propos de Les FAI critiquent enfin le projet loi Hadopi
highfeeling
Le 25 Juin 2008 à 17h29
Il me trotte une question depuis des mois sur cette fameuse loi ... : que se passera t-il, d'un point de vue contractuel, le jour ou le FAI suspend le compte d'un de ses abonnés ... ?
L'abonné en question devra t-il quand même continuer de payer pour un service dont il ne bénéficie plus ? Cette question est importante selon moi ... non ... ??? ![]() jean_bruder
Le 25 Juin 2008 à 17h44
Sinon, il existe des solutions pour éviter tout bonnement de se faire couper sa ligne : http://www.torproject.org/ ...
![]() ![]() Kamui1979
Le 25 Juin 2008 à 17h53
@ highfee...
Si tu te fait couper l'abonnement dans le cadre de la loi "Création et Internet", pendant 3 ou 6 mois par exemple, tu devras continuer à payer ton abonnement. C'est ce que j'en ai compris et si j'ai tort, je veux bien qu'on m'explique! ![]() ![]() SIDI
Le 25 Juin 2008 à 18h02
Il était quant même temps qu'ils se réveillent, même si c'est certainement trop tard maintenant, à jouer avec le feu, on finit par se bruler...
![]() Waylandes
Le 25 Juin 2008 à 18h03
Y a un truc tout simple pour pas les payer en cas de suspension de ligne, je l ai fais sans faire exprès. Quand votre carte bleu arrive a expiration, bin les kiki peuvent plus pomper dessus pour prélever l a bonnement, du coup je paye tjs au mois le mois avec ma carte bleu sur le site mais eux peuvent plus pomper le pognon. Donc en cas de coupure abusive ds le cul le fai
![]() ![]() La bourrique
Le 25 Juin 2008 à 18h04
Non, tu as bien compris, que tu allait te faire entuber.
C'est bien pour ça que les FAI ont acceptés de signer, un client suspendu continuant à payer son abonnement, ça ne fait pas de perte de chiffre d'affaire. Les FAI ont crus qu'ils allaient pouvoir se moquer en partie de leurs clients , sauf que là, ils font partie du lot de ceux qui se font avoir ... et en beauté ! ![]() totoisthere
Le 25 Juin 2008 à 19h02
en bref...
explosion des connections cryptées de tout type.... Merci Sarkosy pour le developpement du nouveau P2P ![]() Edzilla
Le 25 Juin 2008 à 19h19
Sinon, il existe des solutions pour éviter tout bonnement de se faire couper sa ligne : http://www.torproject.org/ ... Oui, mais non. Comme les devs de Tor l'ont deja dit, le reseau tor n'est absolument pas assez developpe pour supporter la charge du telechargement par le p2p. Donc NON, il ne faut surtout pas utiliser tor comme proxy pour les torrent ou emule... ![]() ![]() Le Zozo du 22
Le 25 Juin 2008 à 19h52
Finalement c'est une sorte de licence globale payée par les internautes pour la télé publique, alors pourquoi pas une licence globale tout court.
Ce que je retiens surtout c'est que les FAI ont peur de se voir accuser de "non assistance à personne en danger" au cas où la coupure d'Internet couperait aussi le téléphone. Si ça m'arrive je porte plainte le lendemain pour ne pas avoir pu contacter mon médecin ou le vétérinaire pour mon chat, mon chien et mes poulets. Je me dis aussi qu'il risque d'y avoir des problème avec des sociétés étrangères car dans mon cas je téléphone à l'aide d'un adaptateur pour téléphonie SIP et c'est le service d'une société de Betamax GmbH & Co.Kg qui est une entreprise originaire d'Allemagne qui débite mon compte et me fournit son service. Devront t'ils me rembourser si je ne peux plus utiliser un service d'une société allemande pour lequel je paye si on me coupe l'accès à Internet? D'autant que la législation européenne est en train de considérer que la fourniture du téléphone ou de l'internet fait partie des droits fondamentaux. Faudrait que toutes ces questions soient réglées avant que nos députés votent cette loi et s'ils la votent c'est qu'ils en connaissent tous les tenants et aboutissants; sinon c'est eux et Catherine que j'accuse de non assistance à personne en danger si on me coupe Internet. Je pousserai même au vice en faisant télécharger une ½uvre protégée par un ordinateur d'un copain en wifi juste histoire de me faire couper la ligne à sa place parce qu'il y en à mare qu'on nous surveille et qu'on nous espionne en permanence. ![]() kennux
Le 25 Juin 2008 à 21h20
@highfee
Alors, dixit le PDG d'Alice,: "Nous appliquerons bien évidemment la loi Hadopi si elle est adoptée mais nous continuerons à facturer la connexion à nos clients s'ils venaient à être frappés par l'interruption de ligne." L'interview complète: http://www.marianne2.fr/Telechargement-ill...s-!_a88426.html Et pour revenir un peu sur les propos de Le Zozo... , je ne pense pas que la "non assistance..." puisse être possible. Le téléphone, au meme titre que l'électricité, est considéré comme un "service universel" (entendre obligation de service), et donc doit être mis a disposition des citoyens (moyennant cout, facturation and co, mais c'est pas le soucis). Le problème technique qui va se poser pour les opérateurs va être de suspendre l'abonnement internet, tout en laissant disponibles les services TV par ADSL, téléphone, etc etc. Je souhaite quand meme un bon courage aux admins (j'en suis un) qui vont gérer le filtrage, ca va etre un beau bordel.. Et pas obligé d'utiliser tor. Bon, ca permet le coté anonymat. Mais déjà démocratiser l'utilisation de SSL serait une bonne chose (pour les mails aussi, mais de rêvons pas =) Je m'exile professionnellement sous peu à l'étranger, ca fait toujours un peu bizarre, mais la, ca me conforte à me dire que c'est pas une mauvaise chose ^^ @Le zozo: je viens de remarquer.. c'est Christine je pense non? pas Catherine? ![]() ![]() TotoRhino
Le 25 Juin 2008 à 21h29
@ highfee... Si tu te fait couper l'abonnement dans le cadre de la loi "Création et Internet", pendant 3 ou 6 mois par exemple, tu devras continuer à payer ton abonnement. C'est ce que j'en ai compris et si j'ai tort, je veux bien qu'on m'explique! Non, tu as bien compris, que tu allait te faire entuber. C'est bien pour ça que les FAI ont acceptés de signer, un client suspendu continuant à payer son abonnement, ça ne fait pas de perte de chiffre d'affaire. Les FAI ont crus qu'ils allaient pouvoir se moquer en partie de leurs clients , sauf que là, ils font partie du lot de ceux qui se font avoir ... et en beauté ! Il reste cependant une autre solution il me semble : la résiliation ! Pour ma part, ce sera mon choix, quelque soient les frais à payer ; ![]() ![]() Le Zozo du 22
Le 25 Juin 2008 à 22h02
@kennux
Oui c'est Christine bien sur. C'est une erreur de frappe. L'autre reflexion qui me viens c'est que si la télé publique compte sur des redevances tirées des FAI, c'est contradictoire avec la volonté de suspendre les connexions au net, parce que ça fera moins de rentrées d'argent ![]() ![]() Neuro
Le 25 Juin 2008 à 22h27
Les FAI, en somme, ont peur de devenir les dindons de la farce, obligés de financer la vieille télévision publique, de participer à la répression de leurs clients pour soutenir une industrie culturelle moribonde, sans avoir de réel bénéfice en retour. C'est le premier grand couac public depuis la signature des accords en novembre 2007. Si les critiques se concentrent sur la marge, les pouvoirs publics et les industries culturelles sont prévenues. Il faudra faire des efforts s'ils veulent avoir le soutien des FAI lorsque la loi sera étudiée au Parlement à l'automne. Préféreront ils des sanctions financières plutôt que d' avoir a chasser les clients de leurs boutiques ? ![]() kennux
Le 25 Juin 2008 à 22h49
"L'autre reflexion qui me viens c'est que si la télé publique compte sur des redevances tirées des FAI, c'est contradictoire avec la volonté de suspendre les connexions au net, parce que ça fera moins de rentrées d'argent"
bah pas dans la mesure ou tu continues de payer ton abonnement. Les FAI feront qd mm leurs chiffres d'affaires. Pour la TV, ils comptent taxer les revenus des FAI. Et comme ceux ci ne vont pas trop changer.. leurs revenus publicitaires augmentant également (vu qu'il n'y aura plus de pub sur l'audiovisuel public, des acteurs de la pub vont forcément se tourner vers le net, et on va faire plus de pub ici pour financer moins de pub la bas.. logique -_-) ![]() djjeffouille
Le 25 Juin 2008 à 22h49
à�a pour une nouvelle, c'est une bonne nouvelle... bof........ les FAI ne sont pas nos amis, ils ne pensent qu'au fric, comme les autres et quelqu'un qui ne pense qu'au fric ça s'achète facilement Ils font juste monter leurs enchères mais ne comptez pas sur eux pour défendre les libertés individuelles et la diversité culturelle ça leur en touche une sans faire bouger l'autre...... comptez uniquement sur vous même ![]() Clorokine
Le 25 Juin 2008 à 22h53
bonsoir,
sauf erreur de ma part une fois que l'on a passé la durée obligatoire d'abonnement on peut résilier quand on veut non ? A moins que la loi interdise la résiliation pendant la suspension. ![]() Clorokine
Le 25 Juin 2008 à 23h01
juste une pensée quand meme pour nos pôvres FAI qui vont, avec sourire, voir la BP utilisée pour le P2P diminuer, alors croyez vous qu'ils ne soient pas content de cette loi.
![]() bourgpat
Le 25 Juin 2008 à 23h03
Tout le monde sait que les fai et autres personnes taxées vont reporter ces sommes sur leur clients, alors pourquoi ne pas pas augmenter simplement la redevance et ne faire financer les chaines publique que par la redevance.
Si les chaines publiques étaient intégralement financées par le redevance, cela ferait du téléspectateur le producteur sur de nombreux programme et le coproducteur sur de nombreux autre. Or il se fait une chose c'est que l'on souhaite que le spectateur paye pour pouvoir visionner ces programmes qu'il a en partie financés. Or pourquoi un producteur devrait il payé pour avoir accès à ces programmes. Pour cela il est plus simple de dire que ces programmes sont financé par un tier; France télévision et que les spectateur est seulement un spectateur qui va être heureux de payer à nouveau des programmes qu'il a deja payé au moment de la production. Il y a le cas de l'INA qui aujourd'hui fait payer pour l'accès à des journaux télévisés de l'ortf alors qu'ils étaient produit par la puissance publique et que leur conservation s'est faite grâce à la puissance publique. ![]()
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