Surprise dans le monde de la mode et de son économie : après avoir jeté l'éponge sur sa stratégie web, LVMH revient avec son propre Amazon. Véritable Le Bon Marché dématérialisé, 24sevres.com espère devenir une référence du e-commerce du luxe.

8 % du e-commerce mondial concerne le luxe et cette part ne fait que s’accroître au rythme des transitions numériques des maisons et de l’apparition de marketplace dédiées à la couture comme Yoox (Kering) ou encore Net-à-porter (Kering également).

Dior, propriété de la famille Arnault

Toutefois, historiquement, le leader français du luxe LVMH était absent de la toile. La société de la famille Arnault s’est retirée du web en 2009 lorsque la firme fermait son eLuxury.com après 9 années.

Le retour au web de Bernard Arnault

LVMH expliquait alors que les maisons auraient chacune leur propre stratégie web, quitte à ce que celles-ci soient inégalement performantes. Depuis, l’eau a coulé sous les ponts de l’écrasant groupe français et Bernard Arnault serait moins hostile au web : son entourage aurait aidé le patron à se mettre à la page selon certains. L’arrivée de ses enfants, dont l’ingénieur Alexandre Arnault, dans le giron de l’entreprise familiale aurait également un lien avec ce goût retrouvé pour le web.

Quoi qu’il en soit, en 2017, l’illustre groupe se considère prêt à retenter l’expérience e-shopping grâce à son futur 24Sevres.com qui sera dévoilé le 6 juin prochain. Le nom du site est évidemment une référence au légendaire Bon Marché justement situé au 24 de la rue Sèvres.

Le B.M., Rive Gauche

Le grand magasin parisien, propriété de LVMH depuis 1984, est la source d’inspiration de cette future plateforme. Carrefour des tendances et des créateurs, le 24Sevres.com proposera 16 marques du groupe parmi la centaine possédée ainsi qu’une centaine d’autres marques, à la fois des concurrents directs comme Gucci (Kering) ou APC (indépendant).

Un vision premium du web

Pour le lancement, huppé, de cette nouvelle adresse luxe, le groupe réserve une collection limitée aux premiers acheteurs : 70 pièces issues de 70 marques différentes. L’ensemble des collections et des produits seront très rattachés à la culture française, les petites maisons francophones y trouveront leur place, même si elles n’appartiennent pas au groupe, promet LVMH.

Le service qui débutera donc le 6 juin proposera, à l’instar d’Amazon, la livraison dans 70 pays en 24 heures grâce à un lien avec DHL. Mais ce n’est pas la seule promesse de LVMH : le groupe est en effet très fier d’avoir débauché Ian Rogers, un ancien d’Apple, qui a rejoint il y a plus d’un an le poste, nouvellement créé, de directeur général chargé du numérique.

LVMH et ses créateurs

L’homme confie au Monde que le lancement de 24Sevres a donné l’occasion à son équipe de travailler comme une startup, un comble pour un des groupes les plus capitalisés de la bourse française. Mais l’ambition était noble : ne pas se reposer sur les acquis du groupe et proposer une expérience de shopping en ligne aussi luxueuse que possible. Celui qui fut à l’école Apple veut privilégier les petits détails qui rendent singulier et intime l’achat en ligne d’un produit de luxe.

Parmi ces petits détails, nous savons déjà que les colis LVMH n’auront rien de commun avec ceux d’Amazon. La firme prévoit en effet de ne livrer que des délicates boîtes signées des initiales de l’acheteur et ornées d’un pliage en forme de tour Eiffel… une certaine idée de la logistique.

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