Avec la création de la holding Alphabet, Google donne de la lisibilité à ses activités, très différentes les unes des autres. Une décision qui a permis de constater la rentabilité de Google sur le web.

Ils étaient très attendus et ils n’ont pratiquement pas déçus. « Ils », ce sont les résultats de la jeune maison-mère de Google, Alphabet, qui a présenté ses premiers chiffres en prenant bien soin de distinguer ses branches d’activité, afin de donner de la lisibilité au marché entre son cœur de métier et ses filiales, qui, pour certaines, ont des projets prospectifs, au débouché incertain.

Les chiffres

Google…

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette réorganisation structurelle profite à la firme de Mountain View. Elle lui permet de présenter d’excellentes performances dans le web, son métier de base, avec une hausse du chiffre d’affaires de 13,5 % en 2015, pour s’établir à 74,5 milliards de dollars. Le bénéfice opérationnel, lui, progresse de 23 % pour se fixer à 23,4 milliards de dollars.

Rien de bien étonnant, en somme : autour de Google gravitent des services extrêmement populaires et donc très rentables : la recherche, la vidéo (YouTube), le mobile (Android & Play), la messagerie (Gmail), la publicité (AdSense), la cartographie (Maps), le stockage (Drive), la navigation (Chrome) et l’audience (Analytics). Car bien sûr, Google ne se prive pas pour monétiser tout ça avec de la publicité.

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Les résultats d’Alphabet.

…et les autres paris

Mais si Google affiche une santé de fer, les autres divisions de la holding affichent un bilan plus contrasté. Regroupées dans la catégorie « Autres paris », elles voient leur chiffre d’affaires progresser de 327 millions de dollars à 448 millions entre 2014 et 2015, soit une hausse de 37 %. Mais les pertes s’accumulent : elles étaient de 1,9 milliard en 2014, elles sont de 3,6 milliards en 2015.

Or ces « paris » recouvrent des réalités très différentes : on trouve pêle-mêle des sociétés du secteur de la santé (Calico, Verily), de la domotique (Nest), du capital-risque (Capital, Ventures), de la fibre optique (Fiber) et, bien sûr, de la recherche de pointe avec le fameux laboratoire X : voiture autonome, lunettes de réalité augmentée, robotique et intelligence artificielle, pour ne citer que les travaux les plus connus.

Alphabet pour donner de la clarté

En séparant ses multiples activités, Google offre une vision plus claire de ce qu’il fait et de ce que ça lui rapporte. C’était une demande des investisseurs, qui peinaient à appréhender la force réelle de l’entreprise américaine dans les différents secteurs dans lesquels elle a une présence. D’où l’idée de créer une holding, Alphabet, qui chapeauterait l’ensemble des projets opérés par le groupe californien.

Car il faut bien le dire, les initiatives de Google sont parfois très éloignées les unes et des autres et n’ont plus grand chose à voir avec son cœur de métier, la recherche sur le web. En effet, on a vu Google s’investir dans la construction d’un réseau en fibre optique, créer des lentilles de contact pour diabétiques, plancher sur une voiture pouvant rouler sans l’aide d’un conducteur ou bien se lancer dans la robotique.

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Google et le reste.

Cette réorganisation a aussi donné lieu à une redistribution des rôles. C’est désormais Sundar Pichai qui dirige Google et ses activités en ligne. Larry Page, lui est le directeur général d’Alphabet, tandis que Sergey Brin est à la fois président d’Alphabet et en charge du laboratoire X. Quant à Ruth Porat, elle s’occupe du poste hautement stratégique de directrice financière.

Difficile de s’y retrouver, aussi avons-nous produit une infographie qui montre de façon simple les grands pôles d’activité d’Alphabet : le web avec Google, la recherche avec X, la santé avec Verily et Calico, le business avec Capital et Ventures, la domotique avec Nest et le réseau avec Fiber. Une infographie qui sera sûrement amenée à évoluer, tant Google est connu pour multiplier les investissements.

Capitalisation boursière

Dans cette profusion de chiffres, une information aurait presque pu passer inaperçue : la trajectoire boursière d’Alphabet. Avec la présentation de résultats très satisfaisants pour Google, l’action de la firme de Mountain View a en effet bondi, lui permettant de doubler Apple en terme de capitalisation boursière, qui était jusqu’à présent la première entreprise du classement.

Mais plus intéressant encore est le mouvement de fond qui est en train de s’opérer. Sur une période de deux ans, l’on peut voir que les courbes d’Apple et d’Alphabet sont en passe de se croiser durablement : la capitalisation d’Apple montre des signes d’essoufflement, la faute à l’iPhone dont les ventes se tassent, alors que celle d’Alphabet (et anciennement Google) est sur une piste favorable.

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