Tout géant qu'il soit, Google sera désormais une filiale. Sergey Brin et Larry Page ont décidé de créer un nouveau groupe, Alphabet, pour héberger Google et toutes les idées qu'ils veulent développer dans des secteurs parfois très éloignés du moteur de recherche originel. Une restructuration qui doit leur garantir une possibilité d'innover, au moment où la bourse incite Google à se reconcentrer sur son métier de base.

Larry Page a annoncé lundi par surprise une profonde et spectaculaire restructuration de Google,  qui sera désormais intégré en tant que filiale à une nouvelle maison-mère baptisée Alphabet. L'entreprise qui édite le célèbre moteur de recherche est partiellement démembrée pour se re-concentrer sur son coeur de métier, tandis que des filiales parfois très éloignées des activités premières de Google seront désormais séparées et rattachées directement à Alphabet.

Ce sera notamment le cas de Life Sciences qui travaille sur des projets de santé connectée comme les lentilles de contact intelligentes pour diabétiques, de Calico qui se concentre sur la médecine personnalisée avec l'objectif de prolonger la vie jusqu'à trouver le Graal de l'immortalité, du laboratoire Google X qui gère des projets d'innovations comme les voitures autonomes ou les pilules d'identification, ou encore des filiales d'investissement Ventures et Capital. En revanche des filiales proches des activités principales de Google, comme YouTube ou Maps, resteront intégrées à Google.

SUNDAR PICHAI AUX COMMANDES DE GOOGLE

A cette occasion, Google ne sera plus dirigé par Larry Page mais par Sundar Pichai, l'homme de confiance qui avait déjà pris la responsabilité de gérer tous les produits internet de Google en octobre dernier, et qui devient désormais le patron de Google.

Alphabet sera quant à elle dirigée par Larry Page en tant que directeur général, et par Sergey Brin en tant que président. 

Cette réorganisation présente peu d'intérêts en matière d'optimisation fiscale ou juridique, Alphabet n'étant que la nouvelle entité parapluie d'un groupe qui reste consolidé fiscalement et qui sera toujours implémenté aux Etats-Unis. Au niveau boursier non plus rien ne change, puisque tous les actionnaires qui bénéficiaient d'actions Google auront désormais des actions Alphabet, même si le NASDAQ continuera de les référencer en tant que GOOG ou GOOGL.

SERGEY BRIN ET LARRY PAGE DIRIGENT ALPHABET

La nouvelle organisation permet surtout à Sergey Brin et Larry Page de gagner en autonomie pour lancer de nouveaux projets tout en bénéficiant de la puissance financière et humaine de Google, ou plutôt, désormais, d'Alphabet.

Le mois dernier, Google a établi un record impressionnant en bourse en gagnant 65 milliards de dollars de valorisation d'un coup. Mais les investisseurs avaient moins réagi à l'annonce de bons résultats financiers qu'à celle que désormais, Google ferait preuve d'une plus grande austérité et prendrait moins de risque à investir dans des projets innovants de long terme à la rentabilité très incertaine. C'était la marque imposée par la nouvelle directrice financière Ruth Porat, connue pour sa gestion à cordons serrés.

Or ce qui avait été ressenti comme une soumission de Page et Brin aux diktats de la bourse n'était en réalité qu'une étape préparatoire. Les deux complices qui ont fondé Google et sont fondus d'innovation et de rêves de changer le monde ont accepté que Google, en tant que tel, ne soit plus l'entreprise qui assume leurs envies d'autres choses. Mais ils ne renoncent pas à leurs rêves et à leurs visions. Chacune de leurs nouvelles idées éloignées du coeur de métier de Google sera une nouvelle lettre dans Alphabet, et Google en restera hermétiquement indépendant. 

"Nous pensons depuis longtemps qu'avec le temps les entreprises tendent à rechercher le confort à faire toujours la même chose, et à ne faire que des modifications incrémentales. Mais dans l'industrie de la technologie, où les idées révolutionnaires conduisent aux nouvelles ères de grande croissance, il faut être un peu inconfortable pour rester pertinent", écrit Page.

La restructuration ne changera pas grand chose sur le plan des risques et de la rentabilité globale du groupe pour les actionnaires, mais cette réorganisation permettra au moins à ces derniers d'y voir plus clair, et d'avoir un management plus concentré sur les activités mieux délimitées de chaque filiale. Par ailleurs les résultats financiers de Google seront désormais publiés à côté de ceux des autres entités, ce qui permettra de vérifier leur bonne santé.

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