Votre startup est bien lancée en France et maintenant il faut attaquer le marché mondial. Il y a pléthore de possibilités et choisir l'option adaptée ne sera pas simple.

La première idée qui passe par la tête est de faire un voyage d’étude, comme le font les grandes entreprises. Un peu de tourisme n’est jamais une mauvaise chose mais voyager pour se préparer n’est pas le moyen le plus efficace. À moins d’avoir un réseau professionnel important, cette option est risquée. Mieux vaut être accompagné pour générer votre futur réseau, car il vous faudra avoir les bons documents et la bonne manière d’agir. En prenant la Silicon Valley comme territoire de conquête, voici quelques informations qui pourraient vous être utiles.

Obligation d’être présent de manière soutenue

Internet permet de vendre à travers toute la planète sans avoir à se déplacer. Certes. Mais si vous ne voulez pas parier sur la chance, mieux vaut construire une présence et une visibilité durable auprès de vos clients. Nombreux sont ceux qui ont tenté d’y aller en solo et qui s’y sont cassés les dents. Grâce aux réseaux sociaux, il est maintenant plus facile de prendre contact avant ses déplacements, mais cela reste toujours incertain.

Ubifrance_ubi_io

Utiliser des structures comme UbiFrance et son programme Ubi I/O, entrer dans un programme d’incubation de startup chez 500 Startups ou Techstars, ou encore passer 6 mois dans un espace de coworking type WeWork ou Rocket Space. Il y a aussi la possibilité d’aller taper à la porte des structures French-friendly comme L’Atelier BNP Paribas, FaberNovel, ou plus original GeekTrip. Ou vous pouvez tenter via les programmes américains d’intégration des entreprises, comme US Mac ou VentureOut.

30K€/ 40K€ à minima pour établir l’avant-poste de votre startup

Chacune de ses options à un prix différent mais cela va généralement tourner aux alentours de 30 à 40K€ pour installer en 6 mois un avant-poste efficace à San Francisco. Pour avoir vécu cette expérience, le budget de fonctionnement peut rapidement grimper. Les entreprises spécialisées dans l’accompagnement des startups étrangères pour leur « soft landing » (entrée dans le marché) sont légion et habituées à votre profil d’entreprise. Elles ont bien intégré qu’il était rare qu’une startup arrive à rester de manière pérenne. Cela les incite à vous ponctionner le plus possible et le plus rapidement possible avant que vous ne tourniez les talons.

Les incubateurs et les espaces de coworking sont une alternative low-cost si vous n’avez pas les finances nécessaires. Si vous faites parti des élus, vous pourrez même céder des parts de votre société contre l’accompagnement d’un incubateur. Cela peut aller jusqu’à 9 % de votre société, attention à faire le bon choix. Et si vous faites parti de l’élite des élus, vous intégrerez Y Combinator, la voie royale pour se lancer outre Atlantique car vous serez soutenu par le réseau le plus influent des Etats-Unis. Peu de startups françaises ont pu en profiter, la dernière en date étant Afrostream.

Lancer sa startup aux États-Unis, une affaire de temps qui coûte cher

Malgré tout, la construction des relations se fera difficilement. Elle nécessite du temps pour établir la confiance qui est liée au fait de vous voir participer aux mêmes événements. Fréquemment. Pas question de faire des voyages de 2 semaines tous les 6 mois. Et vous devrez savoir passer les barrages qui vont se trouver face à vous. Vous aurez d’abord accès aux personnes qui font office de « videurs/ physio » à l’entrée d’un écosystème très spécifique.

Tout le monde sera ravi de vous recevoir pour une entrevue de 30 minutes, sachez-le. Mais ce n’est pas cette entrevue qui vous donnera l’occasion de parler business, c’est un moment de « screening » (validation) avant de vous diriger vers les bonnes personnes à l’intérieur de l’entreprise que vous contactez. Bien que nous ayons la même consommation de produits et média, il va vous manquer la compréhension du « small talk » (la discussion qui a lieu pendant que vous vous déplacez de l’entrée de l’immeuble jusqu’au lieu de votre réunion). Et de manière générale la façon de penser des Américains.

C’est la somme de petits détails de la vie quotidienne qui va construire la confiance, base fondamentale du business dans la Silicon Valley. Une mécanique qui est la même ailleurs mais bien plus visible si vous allez tenter votre aventure en Asie. Et si vous arrivez à installer votre avant-poste avec succès, vous n’aurez pas trop de l’argent de votre prochaine levée de fonds pour établir un bureau fixe.

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