Chaque été, les réseaux sociaux et les JT s’emparent des mêmes images : des stations de recharge sur autoroute où les voitures électriques doivent attendre de longues minutes avant de pouvoir se brancher. Il n’est bien sûr pas question de nier cette réalité. Il faut néanmoins la pondérer, déjà parce que du côté des pompes à essence, il y a aussi souvent de l’attente.
Ensuite, ces goulots d’étranglement peuvent s’expliquer par plusieurs facteurs : des bornes parfois en panne, des pics de trafic concentrés sur quelques jours (et quelques heures), le réflexe de ne s’arrêter que sur des aires de service ou encore l’incivilité de certains conducteurs. Tout cela ne reflète pas forcément la réalité du réseau de recharge.
Selon le dernier rapport de l’ONG Transport & Environment (T&E) publié le 20 juillet 2026, l’infrastructure européenne est plutôt en avance sur ses objectifs fixés pour 2030. La France fait partie des bons élèves, et même les pays du Sud commencent à combler leur retard.

La France déjà au-dessus des exigences européennes pour son réseau
L’enquête T&E montre que la France est largement au rendez-vous fixé par le règlement européen sur les infrastructures de recharge (AFIR). Ce texte impose deux types de contraintes aux États membres : un objectif de puissance globale proportionnel à la flotte de véhicules électriques en circulation et un objectif sur le maillage géographique.


Concernant la puissance disponible par rapport au nombre de véhicules électriques, la France est à 140 % des exigences minimales fixées par l’AFIR.

Les résultats concernant le maillage du territoire sont aussi particulièrement solides. La France est à 99 % de l’objectif fixé pour 2025, qui implique d’avoir au moins 400 kW tous les 60 km : un seul tronçon dans le sud de la France n’atteignait pas cette étape. Le réseau secondaire n’est pas en reste : la France a atteint 100 % de l’objectif fixé pour 2027, et a déjà couvert 89 % de celui à atteindre d’ici à 2030.
Si des tensions apparaissent ponctuellement, notamment lors des grands chassés-croisés avec de nombreux étrangers sur les routes françaises, les difficultés tiennent davantage à des problèmes d’exploitation, de maintenance ou de choix des automobilistes, plus qu’à un manque d’infrastructures à l’échelle du pays.
Dans le reste de l’Europe : un réseau toujours à deux vitesses
À l’échelle des 27 pays membres, les résultats ont dans l’ensemble progressé rapidement. L’Union européenne a atteint 1,1 million de points de recharge publics fin 2025. C’est 5 fois plus de bornes qu’en 2020. En termes de puissance, l’UE est déjà à 180 % de ses objectifs.
C’est au niveau du maillage du réseau que les écarts sont les plus visibles. 79 % des axes principaux respectent déjà les contraintes minimales. Un résultat décevant pour les pays de l’Europe de l’Ouest (France, Allemagne, Pays-Bas, Danemark…) qui ont déjà atteint 99 % de couverture. Selon T&E, il manque 70 stations stratégiquement réparties : 22 en Espagne, 11 en Pologne et 7 en Roumanie pour atteindre plus de 90 % de la couverture attendue.
L’Europe du Sud et les pays de l’Est restent parmi les plus en retard, même si de gros efforts ont été observés. L’Italie affiche d’ailleurs un excédent de puissance (+240 %) par rapport à sa flotte, et une couverture de 89 % de son réseau principal contre seulement 63 % pour l’Espagne. La Pologne n’affiche quant à elle que 59 %. Pourtant, la dynamique a changé et le pays a triplé sa couverture en deux ans.

Dans l’ensemble, tous les pays européens, à l’exception de Malte, sont en avance sur la puissance demandée pour couvrir le parc automobile électrique. Là où cela pèche encore, c’est sur la répartition géographique de ces bornes rapides sur les axes principaux et secondaires, avec des zones denses et des tronçons encore oubliés.
Une couverture qui n’angoisse plus les voyageurs en électrique
Ces difficultés ponctuelles ne découragent pas les touristes du nord de l’Europe à parcourir de très grandes distances en voiture électrique. J’observais les plaques d’immatriculation sur les stations de recharge, et il y a sur certaines stations françaises plus de véhicules étrangers que français.
Par curiosité, j’engage parfois la conversation avec ces voyageurs aux bornes. Parmi eux, un couple de Suédois en Volkswagen ID.4 avait quitté la Suède pour se rendre dans le sud de la France, avant d’aller dans un second temps en Italie, et ne s’était même pas vraiment inquiété des bornes de recharge. Un autre couple de Danois en Volkswagen ID.7, croisé ce dimanche à une borne alsacienne, me disait aller jusqu’à Malaga. Plus surprenant, j’avais également croisé un Néerlandais en Renault 5 qui rentrait du sud de la France vers les Pays-Bas et qui, en dehors de quelques bornes récalcitrantes, n’avait jamais eu de problème pour atteindre l’étape de recharge suivante sans « peur de la panne ».
+ rapide, + pratique, + exclusif
Zéro publicité, fonctions avancées de lecture, articles résumés par l'I.A, contenus exclusifs et plus encore.
Découvrez les nombreux avantages de Numerama+.
Vous avez lu 0 articles sur Numerama ce mois-ci
Tout le monde n'a pas les moyens de payer pour l'information.
C'est pourquoi nous maintenons notre journalisme ouvert à tous.
Mais si vous le pouvez,
voici trois bonnes raisons de soutenir notre travail :
- 1 Numerama+ contribue à offrir une expérience gratuite à tous les lecteurs de Numerama.
- 2 Vous profiterez d'une lecture sans publicité, de nombreuses fonctions avancées de lecture et des contenus exclusifs.
- 3 Aider Numerama dans sa mission : comprendre le présent pour anticiper l'avenir.
Si vous croyez en un web gratuit et à une information de qualité accessible au plus grand nombre, rejoignez Numerama+.
Toute l'actu tech en un clin d'œil
Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur !
Pour ne rien manquer de l’actualité, suivez Numerama sur Google !











