Merci Donald Trump ! Ces trois mots n’étaient pas vraiment dans mon bingo 2026, mais après tout, pourquoi pas ? Bien malgré lui, le plus anti-VE des présidents américains a apporté une contribution inespérée au développement de la voiture électrique partout dans le monde. N’est-ce pas le plus succulent des paradoxes ?
Les risques de pénuries et le coût des carburants ces derniers mois ont accéléré le passage à la voiture électrique dans de nombreux pays, à l’image de ce que l’on observe sur le marché français. Jamais je n’aurais pu pronostiquer un tel bilan à la fin du premier semestre 2026. L’occasion de prendre un moment pour se pencher sur ce succès inattendu.

Un marché en plein boom
Rien qu’en France, le chemin parcouru en un an est spectaculaire. La voiture électrique est passée d’une part de marché de 17 % en juin 2025 à 30 % un an plus tard. Juin signe un nouveau record avec plus de 55 800 véhicules électriques neufs sur un mois, et sans recours massif aux subterfuges des immatriculations tactiques. C’est tout simplement le double de l’an dernier (+ 94 %), après un mois de mai déjà exceptionnel (+ 93 %).

Les particuliers ont largement porté cette dynamique : ils représentent désormais 52 % des acheteurs de voitures électriques, contre 31 % pour les sociétés. Cela change les perspectives du marché.
La guerre en Iran n’est pas le seul facteur qui explique cette croissance rapide. La revalorisation des aides à l’achat en début d’année a joué un rôle décisif, tout comme les contraintes imposées aux flottes d’entreprise et les livraisons du leasing social au premier trimestre. L’ensemble permet à la voiture électrique d’atteindre 28,2 % de part de marché sur le semestre. On devrait même finir l’année à plus de 30 %, si le marché ne se retourne pas comme une crêpe.
Il y a en tout cas de quoi se réjouir : la voiture électrique est dorénavant la première motorisation des immatriculations neuves en France, devant l’essence, l’hybride (HEV) et les micro-hybrides (MHEV).
Une locomotive de tête qui distance tout le monde
Malgré l’embellie des ventes, c’est toujours la soupe à la grimace pour certains constructeurs. Toutes les marques ne se sont pas donné les mêmes moyens de séduire les clients. Au fil des mois, on se réjouit des résultats toujours plus élevés des meilleurs qui dominent largement le marché français : Tesla et Renault.
Derrière eux, quelques grands groupes européens limitent la casse. BMW et Volkswagen progressent, à l’instar de Peugeot et Citroën chez Stellantis. Pour le reste du groupe, en revanche, le constat est beaucoup moins reluisant : Abarth, DS, Opel, Fiat ou Lancia peinent à vendre leurs modèles électriques. Les ristournes, leurs offres et leur positionnement tarifaire ne convainquent pas suffisamment. Abarth, par exemple, ne totalise que 154 immatriculations en six mois, dont 30 % en immatriculations garage.
Les constructeurs coréens ont aussi perdu de leur aura. Kia redresse progressivement la barre, tandis que Hyundai poursuit son recul. Les Japonais n’ont toujours pas trouvé la bonne recette et pour les autres, les ventes restent souvent insignifiantes, comme en témoignent les 525 Smart, 45 Subaru, 19 Lotus, 15 Vinfast ou 9 Cadillac…
La vaguelette chinoise
Et si vous vous demandez où en est la redoutée domination chinoise sur la voiture électrique, elle a été douchée. En France, le cocktail de surtaxe douanière européenne et de suppression du bonus a joué son rôle d’épouvantail. En revanche, les hybrides chinoises continuent de progresser rapidement, notamment chez MG, BYD ou Jaecoo…

Certains modèles électriques chinois s’offrent quand même des performances honorables. Un modèle premium comme le Xpeng G6 ne s’en sort pas si mal : 27ᵉ place du cumul annuel et 2 714 unités, juste devant le Peugeot E-5008. La Leapmotor T03, grâce au partenariat avec Stellantis, se hisse jusqu’à la 35ᵉ position avec 2 087 unités, devant la Fiat Grande Panda et la 500e. La première BYD électrique (Sealion 7) se trouve en 42ᵉ place avec 1 464 exemplaires.
Le rouleau compresseur annoncé est donc loin d’avoir déferlé. Les constructeurs chinois grappillent des parts de marché, mais surtout auprès des marques les plus fragiles. Concrètement, si l’on n’est ni Renault ni Tesla, la France n’est probablement pas l’eldorado espéré. Sur les 180 modèles ayant enregistré au moins une immatriculation cette année, les échecs commerciaux sont bien plus nombreux que les véritables succès.
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