Lorsqu’une marque automobile fait faillite, les clients se retrouvent face à un véritable parcours du combattant pour les pièces et l’entretien. C’est d’autant plus vrai avec l’émergence des voitures connectées dont les mises à jour et le fonctionnement reposent sur des services hébergés dans le cloud. Les galères des propriétaires de Fisker en sont une parfaite illustration.
Dans le cas de Polestar, la situation est néanmoins différente. La marque ne peut plus commercialiser ses futurs modèles sur le territoire américain à partir de 2027 à la suite d’une décision fédérale — elle continue cependant d’exister ailleurs dans le monde. Polestar a précisé continuer à assurer les réparations et entretiens, mais qu’en sera-t-il après quelques années ? Les possesseurs s’inquiètent sur les réseaux sociaux.
Valeur de revente et entretien : la grande inconnue
Un client interrogé par Reuters le 29 juin 2026 indiquait à l’agence « essayer de rester optimiste ». Il précise néanmoins qu’il aurait certainement envisagé l’achat d’un autre véhicule s’il avait été au courant de l’interdiction à venir. Lui doit justement recevoir son nouveau véhicule cette semaine. Il s’inquiète désormais de l’avenir : « Dans cinq ans, quel sera le plan ? »

À ce stade, personne n’a de réponse à cette question. Si Polestar a confirmé que l’entretien et les réparations continueront dans les 32 centres américains, il est légitime de se demander combien de temps l’entreprise maintiendra ce service. Les concessionnaires sont tout aussi inquiets, car l’atelier seul ne suffit pas à faire vivre durablement une concession.
Sur Reddit, beaucoup d’acheteurs s’inquiètent de la valeur de revente de leur modèle : « Cela me pousse à envisager l’achat d’un nouveau véhicule plus tôt que prévu, car la valeur de reprise/d’occasion va probablement chuter », et un autre de réagir aussi : « Pareil pour moi. Je peux revendre ma Polestar à peu près à l’équilibre, et ça me donne envie de le faire. »
Une chose est sûre, cette annonce sème le doute : « J’ai deux Polestar 2. L’une arrive à échéance en location en septembre, et je comptais en acheter une d’occasion. Mais maintenant, je m’inquiète beaucoup de savoir si Volvo continuera à assurer le support technique du modèle. Du coup, je me demande si je ne devrais pas plutôt envisager des marques comme BMW, Hyundai, Kia ou équivalentes. »

D’autres, au contraire, voient en cette annonce une opportunité d’acquérir un véhicule Polestar d’occasion à un prix plus intéressant. Il faut dire que les modèles Polestar ne sont pas vraiment les plus abordables du marché. Si la valeur chute, tout en conservant la possibilité de l’entretenir, cela pourrait intéresser certains acheteurs en quête de bonnes affaires.
L’annonce exacerbe la colère contre le gouvernement américain
Derrière l’anonymat de Reddit, les propos sont particulièrement amers concernant le gouvernement américain : « C’est du protectionnisme à l’état pur. L’idée qu’interdire la vente de Polestar ici incitera comme par magie les constructeurs américains à fabriquer de bonnes voitures est un raisonnement fallacieux (et risible). »
Quand bien même la chasse aux véhicules chinois a été initiée par le précédent gouvernement (sous Joe Biden), certains clients de Polestar sont quand même particulièrement remontés, jugeant la décision particulièrement incohérente : « « J’emm**** cette administration ! » : c’est un euphémisme pour décrire ma frustration. La Polestar 2 est ma première voiture électrique et j’adore sincèrement la marque malgré ses défauts… Si je devais émettre une hypothèse, ce serait probablement aussi simple que : ‘Oh, Volvo est suédois = c’est bien ; Polestar, c’est qui ? Refusé’. Ils n’en ont tout simplement aucune idée… Avec le peu de cellules cérébrales qui leur restent, c’est probablement aussi simple que ça. Comme si la Série 3 était fabriquée aux États-Unis et la Série 4 en Corée… Elles sont toutes les deux équipées d’Android Auto, qui est développé par Google… »
L’incompréhension vis-à-vis de Volvo
Un élément renforce cette impression de décision « injuste » aux yeux de nombreux clients. Volvo a obtenu une autorisation de l’administration pour ses futurs modèles, là où la marque sœur a obtenu un refus.

Les automobilistes ne comprennent pas la situation, et leur questionnement est légitime, car la différence de traitement entre Volvo et Polestar ne se justifie pas forcément. Les deux dépendent du capital du groupe chinois Geely, les deux sont des marques suédoises dont les services R&D ne sont séparés que par un mur. La partie logicielle ne semble pas être gérée de manière radicalement différente entre Polestar et Volvo ; les deux reposent sur Android Automotive. Polestar produit même la Polestar 3 aux États-Unis.
Comme le marché américain ne représente que 6 % des ventes du premier trimestre 2026, il est possible que Polestar ait choisi de baisser les bras plutôt que de promettre aux autorités américaines une mise en conformité des modèles concernés. Faute d’explications plus détaillées, cette différence de traitement avec Volvo continue d’intriguer. Espérons que nous aurons plus d’éléments à partager à ce sujet dans les mois à venir.
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