Les modèles hybrides rechargeables chinois ont fait une entrée remarquée sur le marché européen. Au premier semestre 2026, ils ont capturé 27,3 % des ventes de cette motorisation. De quoi inquiéter les constructeurs européens qui observent une nouvelle fois les marques chinoises rafler une bonne partie des parts de marché qu’ils pensaient acquises.
C’est Oliver Blume (PDG du groupe Volkswagen) qui est le premier à réagir publiquement à ce sujet, comme le rapporte Autonews Europe. Lors de la conférence des résultats du premier semestre de l’entreprise qui s’est tenue le 24 juillet 2026, il exige que l’Union européenne réagisse rapidement pour surtaxer les hybrides rechargeables chinois.
Plus d’un hybride rechargeable (PHEV) sur quatre est désormais chinois
Les données statistiques fournies par Dataforce pour l’Europe font état de 208 368 hybrides rechargeables immatriculés en Europe lors des six premiers mois de l’année 2026 pour un marché de plus de 740 000 véhicules PHEV. Rappelons malgré tout que les hybrides rechargeables ne représentent que 10,3 % du marché européen, contre 22,2 % pour les véhicules électriques sur la même période. C’est tout de même une part plus importante que celle des véhicules diesel, qui ont chuté à 6,5 %.
De quoi faire réagir davantage le patron du groupe Volkswagen. Il faut dire que le Volkswagen Tiguan, historique leader de la catégorie en Europe en 2025, s’est fait éjecter du podium pour glisser à la quatrième place. Devant le modèle allemand, sont apparus sur le podium trois modèles chinois : BYD Seal U, BYD Atto 2 et Jaecoo 7. « Nous n’avons pas de temps à perdre », a-t-il déclaré lors de la conférence de résultats.

Pour Oliver Blume, la cause de ce déferlement est simple : « Les concurrents chinois subissent la pression de leur marché intérieur et l’exportation est leur seule chance de succès. » C’est oublier que les constructeurs chinois en question n’ont lancé leurs gammes hybrides rechargeables qu’après les sanctions douanières sur les véhicules 100 % électriques. C’est avant tout un changement stratégique opportuniste pour compenser la baisse des marges enregistrée sur les électriques. Les marques chinoises ont, dans leur grande majorité, absorbé elles-mêmes le coût des surtaxes plutôt que de relever leurs prix.
Surtaxer les PHEV en plus des électriques pourrait pousser les constructeurs chinois à introduire d’autres motorisations hybrides (à l’image de la MG 3 qui marche assez bien) : une fuite en avant sans fin.
Un alignement sur les taxes des voitures électriques ?
Aujourd’hui, alors que les voitures 100 % électriques (BEV) fabriquées en Chine subissent des droits de douane pouvant grimper jusqu’à 35 % (en plus des 10 % habituels), les hybrides rechargeables bénéficient toujours du tarif douanier standard de 10 %. Un trou dans la raquette réglementaire que les Chinois exploitent pour vendre des véhicules dotés d’autonomies électriques, souvent supérieures à 80 km, à des tarifs imbattables.
Oliver Blume réclame donc un alignement pur et simple des règles afin « d’instaurer des règles du jeu équitables sur le marché automobile européen ». Une demande qui rejoint les indiscrétions révélées par la presse allemande sur de futures réflexions de la Commission européenne et dont nous vous parlions en juin 2026 sur Numerama.
Il précise : « La réglementation relative aux voitures électriques fonctionne. Nous sommes compétitifs en termes de prix sur ce segment. En revanche, elle ne fonctionne pas pour les hybrides rechargeables. » Oliver Blume souhaite que les droits de douane pour les PHEV soient similaires à ceux appliqués pour l’électrique, alors que les premières indiscrétions sur le sujet parlaient de taux différents, puisque la batterie représente une part bien moindre du véhicule.
Les contradictions du groupe Volkswagen
Cet appel au secours protectionniste met aussi en lumière les contradictions d’un groupe en pleine crise existentielle. Rappelons malgré tout que le groupe a négocié avec l’UE pour exempter son Cupra Tavascan, produit en Chine, de ces surtaxes douanières.

En revanche, contrairement à Stellantis (avec Leapmotor et Dongfeng) ou Ford (avec Geely), Volkswagen refuse catégoriquement d’ouvrir ses chaînes d’assemblage européennes aux marques chinoises, pas même son partenaire Xpeng. Le groupe privilégie d’autres pistes, comme l’idée de produire en Europe des modèles initialement prévus pour le marché chinois pour faire tourner ses usines.
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